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Jean Baudrillard ou la subversion par l'ironie
Latouche Serge
CLANDESTIN
8,00 €
Épuisé
EAN :9782369350422
On ne peut pas dénoncer " la société de consommation " sans se référer aux analyses de Jean Baudrillard (1929-2007). Le démontage de la publicité et la mise en lumière de son omniprésence manipulatrice sont au coeur de son premier grand livre. La décroissance, qui implique de s'extraire de la religion de la croissance et de l'économie, trouve aussi, dans un autre de ses livres majeurs, L'économie politique du signe, les arguments pour déconstruire la prétention de l'économie à dire le réel. Baudrillard résiste pourtant à l'appropriation pure et simple dans une perspective de transformation sociale. Car si sa critique du système touche juste, les conclusions qu'il en tire sont si radicales qu'elles tendent à neutraliser l'action. L'entretien totalement inédit que nous publions à la suite de l'analyse détaillée de Serge Latouche éclaire ainsi la singularité et la dualité de cette figure, dont l'oeuvre toute entière tourne finalement autour du désenchantement mélancolique de la modernité, entre révolte rentrée et subversion ironique.
L'ouvrage dénonce les mythes de l'industrialisation et du développement pour s'attaquer aux véritables raisons : la destruction des sources de créativité et le surréalisme suicidaire.
La mondialisation, ou " globalisation ", comme disent les Anglo-Saxons, est un concept à la mode. Les évolutions récentes l'imposent ; il fait partie de l'esprit du temps. En quelques années, sinon en quelques mois, tous les problèmes sont devenus " globaux " : la finance et les échanges économiques, bien sûr, mais aussi l'environnement, la technique, la communication, la publicité, la culture et même la politique. La mondialisation, sous l'apparence d'un constat de fait, est aussi un slogan qui incite à agir dans le sens d'une transformation inévitable, celle d'une totale marchandisation de la vie. Repris d'instinct par les " nouveaux maîtres du monde ", ce vocable est loin d'être innocent : il laisse entendre qu'on serait en face d'un processus anonyme et universel bénéfique pour l'humanité et non pas que l'on est entraîné dans une entreprise souhaitée par certains, et à leur profit, présentant des risques énormes et des dangers considérables pour tous. Ce qu'on a pu appeler, en effet, une " nouvelle mondialisation " recouvre quatre phénomènes liés qui sont la transnationalisation des firmes, l'affaissement des régulations étatiques à l'Ouest, la mainmise de la finance sur l'économie et l'effondrement de la planification à l'Est. Le spectre qui hante désormais le monde n'est plus celui du communisme de 1848, mais bien celui du vieux libéralisme du XVIIIe siècle. Cette " marchandisation " du monde détruit l'Etat-nation et vide la politique de sa substance, elle fait peser des menaces énormes sur l'environnement, corrompt l'éthique et détruit les cultures. Les espoirs de recomposition du tissu social ne peuvent dès lors provenir que de la réinsertion de l'économique dans le social.
Biographie de l'auteur Serge Latouche, professeur émérite à l'université Paris-Sud (Orsay), est spécialiste des rapports culturels Nord/Sud et de l'épistémologie des sciences sociales. Il a notamment publié l'Autre Afrique (Albin Michel, 1998), et la Déraison de la raison économique (Albin Michel, 2001).
Résumé : Le terme " décroissance " est récent dans le débat économique actuel, même si l'idée a une histoire plus ancienne. Mais que désigne-t-il au juste ? Une inversion de la courbe de croissance du produit intérieur brut (PIB), indice statistique censé mesurer la richesse ? Ou la fin de l'idéologie de la croissance, c'est-à-dire du productivisme ? Si la croissance est une croyance en un progrès infini ? pourtant chaque jour démenti par les ressources nécessairement limitées de la planète ?, alors la décroissance est un gros mot, voire un blasphème. C'est pourtant cette idée qui permettrait de réenchanter le monde, non pas en substituant à la religion de la croissance une religion inverse, mais en retrouvant la dimension spirituelle, quoique laïque, de l'homme, lequel n'est pas qu'un homo oeconomicus . David Henry Thoreau, le précurseur de la décroissance, disait que " serait un poète celui qui pourrait enrôler vents et rivières à son service, afin qu'ils parlent pour lui ". La décroissance, c'est cet art de vivre, un art de vivre bien, en accord avec le monde, un art de vivre avec art.
La France compte plus de cartes SIM en circulation que d'habitant·es, et demain, avec l'arrivée de la 5G, ce seront tous les objets du quotidien qui seront connectés. Les voitures seront autonomes. Les foyers communicants. Les villes " intelligentes ". Mais est-on vraiment sûr que l'utilisation tous azimuts d'ondes électromagnétiques ne présente aucun risque ? Absolument pas, répond Nicolas Bérard au terme d'une enquête sur l'envers de cette " révolution technologique ". Comment et par qui les normes, censées nous protéger, ont-elles été mises en place ? Quels liens entre opérateurs téléphoniques, médias et gouvernements ? Quels sont les effets de cette technologie sur la santé humaine et le vivant ? A l'aube du développement d'une nouvelle pollution de masse, ces questions ne sont jamais posées dans le débat public."
En 1955, Isaac Asimov imagine le nec plus ultra de la démocratie sondagière. En 2008, les Etats-Unis s'apprêtent à voter pour leur prochain président. Dans l'Etat de l'Indiana, dans le comté de Monroe, dans la petite ville de Bloomington, la rumeur enfle et semble se confirmer peu à peu... Et si c'était ici qu'allait se décider le résultat du scrutin ? Depuis que le pays s'est converti à la "démocratie électronique" , le puissant ordinateur Multivac sélectionne LE citoyen qui décidera du nom du prochain leader du monde libre. L'omnisciente machine est en effet capable d'analyser ses réponses à un questionnaire qu'elle a elle-même savamment établi pour déterminer le résultat de l'élection... qui, désormais, n'a plus de raison d'être. A l'heure où les systèmes démocratiques de la planète vacillent sur leur base, il est intéressant de se rappeler le point de vue d'Isaac Asimov sur les dérives d'une société politique ivre de technologie, d'efficacité et de rendement.