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Cassirer du transcendental au semiotique
Lassegue
VRIN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782711626908
Ernst Cassirer (1874-1945) fut l'un des principaux acteurs des débats philosophiques et épistémologiques de l'entredeux- guerres en Allemagne. Héritier de la tradition épistémologique kantienne et néo-kantienne, Cassirer fut confronté à une situation épistémologique sans précédent : la pluralisation des géométries montrait que l'idée de connaissance était susceptible de variation dans ses propres modes d'objectivation. Tirant philosophiquement toutes les conséquences de cette situation inédite, Cassirer reconnut l'égale valeur de modes d'objectivation jusqu'alors considérés comme seulement propédeutiques à la connaissance scientifique, tels le langage, le mythe, la technique ou le droit. Il a forgé, avec la notion de " forme symbolique " un outil conceptuel original qui articule sciences de la nature et sciences de la culture en plaçant, au coeur des modes de l'objectivation, la capacité de transformation propre au sens. Il a, ce faisant, déplacé le centre de gravité de la philosophie kantienne du transcendantal au sémiotique.
Ce livre tisse un fil qui traverse les sciences exactes et les sciences de la nature du point de vue de l'histoire de leurs concepts, mais aussi des visions du monde qu'elles rendent possibles, des mathématiques de la Gre?ce classique jusqu'a? leurs applications a? l'intelligence artificielle et à la biologie contemporaines. Ces deux dernie?res disciplines ont e?te? profonde?ment marque?es par des notions d'origine mathe?matique, en particulier celles de calcul, d'information et de programme. Ce qui permet de comprendre leur genèse est le " tournant linguistique " qui a marque? les fondements des mathe?matiques au XXe sie?cle : tout serait finalement une affaire de signes, à la fois alphabe?tiques et nume?riques, combinés selon des re?gles elles-mêmes conçues comme suites de signes formant des programmes. Pourtant, les limites de cette approche computationnelle sont aujourd'hui patentes du fait de l'avancement des sciences elles-mêmes : le livre propose des alternatives en reconstruisant les gestes fondateurs du savoir qui sont à l'origine de notre culture scientifique.
Où il est soutenu, notamment, que la mondialisation du rituel a largement précédé celle de l'économie; que le mariage et les funérailles ont été d'abord un privilège royal qui a fini par s'étendre à toutes les couches de la société; que la souveraineté a été originellement dévolue à des rois morts; que c'est l'usage rituel de l'huile et des excréments qui a ouvert la voie à leur utilisation technique comme lubrifiant et comme engrais; etc. Se pourrait-il donc - et telle est l'hypothèse provocante soutenue par l'auteur - que tout ce que nous appelons la civilisation, et toutes les institutions caractéristiques des sociétés humaines proviennent du développement et de la transformation d'activités rituelles qui se sont peu à peu répandues dans le monde entier? Dans cet ouvrage posthume ici publié pour la première fois en français (titre original: Social Origins), A. M. Hocart, l'un des plus grands anthropologues du XXe siècle - dont les idées, après une période d'oubli relatif, reviennent en force -, présente toute une série d'arguments frappants en faveur de cette thèse qui remet en cause nombre de nos certitudes et ouvre un champ de réflexion immense.
Il n'y a rien d'original à prétendre que l'histoire se fait partiellement à l'insu de ses acteurs. Mais, aujourd'hui, notre incapacité à analyser des investissements symboliques nouveaux est manifeste. Une chose est sûre cependant : notre crise n'est pas celle de la rareté des signes mais bien celle de leur incroyable foisonnement, lequel nous fait douter de leurs valeurs. Une fois posé ce diagnostic, quels remèdes ? Retrouvons la capacité d'interpréter avant d'agir. Confrontés à une désorganisation symbolique qui affecte notre imaginaire et nos modes d'expression, le plus urgent est de s'accorder de la patience pour retrouver une capacité d'analyse des modes contemporains de l'interaction sociale. En faisant alterner approches littéraires et spéculatives, ce livre tente de nouer des fils, apparemment hétérogènes, entre des formes spécifiques de médiation et d'expression, et de rendre plus lisible un monde surchargé de signes.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.