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Mes merveilles
Lasker-Schüler Else ; Deswarte Guillaume
HEROS LIMITE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782889550975
C'est en 1911 que parut, au Dreililien Verlag à Karlsruhe et Leipzig, le cycle intitulé Mes merveilles. Ce recueil reprend trente-trois poèmes qui avaient déjà été publiés dans un livre antérieur, Le septième jour, auxquels viennent s'ajouter vingt-cinq autres - dont la plupart avaient déjà paru dans des journaux et revues. Deux styles venus de deux époques différentes s'y mêlent : d'un côté se retrouve l'influence prégnante de la Bible, des textes écrits dans une langue où le néo-romantisme de la fin du XIXe siècle se montre encore très présent. De l'autre, on découvre des poèmes plus brefs, à la langue précise et limpide, bien que non dénuée de lyrisme. Des "poèmes-visages" (Gesichte) écrits à la gloire de quelques hommes et femmes de son époque, dont Lasker-Schüler nous a livré les portraits par dizaines. Stylistiquement, Lasker-Schüler pousse un peu plus dans ce recueil ses expérimentations poétiques : le verbe se resserre, les adjectifs se font plus rares, comme si de la pureté même d'une syntaxe la plus souvent réduite à sa portion congrue devait naître l'intensité poétique de la langue. Rares sont les vers qui ne peuvent se lire de plusieurs manières ; rares sont les verbes dont les particules ne peuvent se rattacher à plusieurs verbes en même temps, faisant naître ainsi des polyphonies au sein du texte. Ce ne sont pas des poèmes, mais des chants, voire des cantiques, adressés à ce "tu" mystérieux qui nous hante de sa présence étoilée, et dont on ne sait jamais chez elle s'il s'agit de Dieu ou du bien-aimé. Nous avons entendu restituer dans ce livre la langue schülerienne dans toute sa dimension, à la fois noble et surannée.
Dans ce journal pot pourri Else Lasker-Schüler raconte sa vie de réfugiée à Zürich entre 1933 et 1938. Il s'agit de l'un des rares textes en prose où la poétesse, habituellement connue pour la fantaisie de son imagination et de son style, rend compte avec réalisme de sa vie quotidienne. Cela dit, cette part de réalité parfois très crue, ne l'empêche pas de livrer au lecteur - ami et confident auquel elle s'adresse - une prose en forme de chant. Par moments, d'ailleurs, surgissent du texte de véritables poèmes dont certains semblent improvisés sur le vif et où fuse un humour tantôt très tendre, tantôt très noir. A travers cet autoportrait nous arrivons à saisir l'originalité de la poétesse chère aux auteurs et aux peintres expressionnistes, ainsi que l'extrême liberté de son style poétique.
Quand j'étais élève, j'ai aimé un personnage haut en couleur, exotique, extravagant : Else Lasker-Schüler. Je voulais écrire des poèmes comme les siens, et lorsque j'écrivais encore des poèmes, je l'ai certainement beaucoup imitée. Je voulais m'habiller de façon originale et écrire des choses magnifiques." (Elfriede Jelinek). Else Lasker-Schüler fut certes la "muse de Berlin" (Michel Rachline), mais aussi la mal-aimée, la malquerida (Luisa Futoransky), et "la plus grande poétesse que l'Allemagne ait connue" (Gottfried Benn, qu'elle aima passionnément). Figure légendaire de la bohême berlinoise, née en 1869 dans une famille de la bourgeoisie juive de province, morte en 1945 en exil à Jérusalem, vivant la plupart du temps dans des conditions extrêmement précaires, elle se voua avec la même intensité aux amours de passage, aux amitiés passionnelles, et surtout à la littérature, qui pour elle fut toujours un absolu. Ses poèmes et ses pièces de théâtre, dont l'amour reste le thème principal et qui comptent parmi les oeuvres marquantes de l'expressionnisme, reflètent cette passion : Les cieux nous ont créés ; D'un souffle d'or ; Oh, comme nous nous aimons...
Bioy Casares Adolfo ; Azaretto Julia ; Lequesne Pa
Memoria sur la pampa et les gauchosa été écrit en 1970 au retour d'un séjour en France. Cesares y entreprend une enquête fondée sur son vécu, notamment lorsqu'il se rendait à Rincón viejo, la propriété familiale sise à Pardo, dans la province de Buenos Aires. Adolfo Bioy Casares a en effet été fortement imprégné des scènes de la vie des gauchos argentins durant son enfance dans l'estancia familiale. Avec ce livre, fidèle à son souci d'érudition et à sa manière propre d'user de l'interprétation, l'auteur de L'invention de Morel se met à rêver à la vie du gaucho que ni lui ni Jorge Luis Borges, n'auront réellement vécue. Bioy Casares réfléchit ici à la figure du Martín Fierro (nous avons publié l'essai de Jorge Luis Borges en 2012) et ce qu'elle représente dans la littérature mais aussi dans la société argentine du XXe siècle. La construction du récit est parfaite. Le gaucho y acquiert un statut mythique : sorte de chevalier moderne, archétype de Don Quichotte. Chansons d'une autre époque, personnages de films, photographies, poèmes de l'une des traditions littéraires nationales ; l'ensemble devient une petite une somme de documents, de sources et de pièces à conviction qui contribuent à la légende argentine de la pampa. L'érudit et faiseur d'histoires Casares joue avec élégance sur l'imagerie, entre mémoire et imaginaire. Des photographies en noir et blanc, petites pépites classées par ordre chronologique, jalonnent le texte. Les histoires et chansons de payador qui s'y succèdent sont brèves, enchantées. C'est en réalité une vision moderne des chanteurs illettrés du Moyen Age qui s'en dégage de manière spontanée et improvisée.
Résumé : Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.
L'écriture de Michel Falempin pourrait se caractériser comme une "? introversion ? " littéraire, à savoir une écriture toujours consciente de sa forme, autant que de sa lecture et de ses effets. Une écriture qui se situerait donc toujours déjà par rapport à du texte, et à la clôture propre de son univers littéral. Dans cet univers clôt, la syntaxe et la grammaire concourent à produire un mécanisme de langage d'une précision inouïe, jusqu'à sa nécessaire prise de conscience par le lecteur.