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L'abandon du mâle en milieu hostile
Larher Erwan
PLON
19,00 €
Épuisé
EAN :9782259220224
Je te haïssais.Avec tes cheveux verts, sales, tu représentais tout ce que j'exécrais alors: le désordre, le mauvais goût, l'improductive et vaine révolte juvénile. Tu malmenais ta féminité dans des hardes trouées, des guenilles comme jetées au hasard sur ton corps de ce fait insoupçonnable, sauf lorsque de trop larges mailles laissaient impudiquement entrevoir tes seins affriandeurs, ou quand tu portais ce pantalon écossais trop petit, moulant en diable, déchiré en de multiples endroits et garni d'épingles de nourrice - un mystère pour moi que la vogue de l'épingle de nourrice en 1977, une preuve en tout cas de ton infantilisme. Si tu avais été ma soeur, papa t'aurait reniée.Je t'aurais volontiers évitée mais tu avais atterri, deux mois après la rentrée, dans ma classe de terminale - certainement après avoir été renvoyée de nombreux lycées. Ton entrée au milieu d'un cours d'histoire-géo consacré au fascisme mussolinien fit sensation: Dijon est une tranquille ville bourgeoise, qui abhorre le scandale, requiert un conformisme sobre. Tu lâchas un bonjour dédaigneux à notre enseignant, lui tendis un papier - preuve de ton intégration administrative - et allas t'asseoir en fond de salle, mâchoires serrées.- Vous viendrez me trouver à la pause, mademoiselle, que nous voyions comment vous pourrez rattraper les cours.Tu acquiesças. Je doutai que tu puisses rattraper, ni même attraper, quelque cours que ce fût. Tu n'étais pas comme nous, ta place n'était pas parmi nous, ton éruption infectieuse sur le tissu sain de notre terminale me démangeait déjà.Je fis part le soir même à papa de la grande nouvelle de la journée. Cela relança le débat entre maman et lui sur les avantages de l'école privée. Papa avait refusé de m'y inscrire, tenant à vérifier une fois encore sa théorie sur la sélection naturelle: les plus forts gagnent toujours, et plus le milieu est hostile, plus ils en sortent puissants.Quand tu arrivais le matin, les jours où tu daignais venir, une cigarette émergeait de ton profil, et tu en aspirais une entre chaque cours, quitte à manquer le début de celui-ci pour profiter de la fin de celle-là. J'admirais le flegme (la résignation?) des professeurs face à ta dégaine. Pasteurs consciencieux, ils se devaient, supposais-je, d'accepter au sein de leurs troupeaux même les plus galeuses des brebis, au nom de l'égalité républicaine des chances - le genre de principe qui me semblait alors ferment de médiocrité.En cours, tu n'écrivais jamais rien. Jamais. Tu répondais aux questions d'un air aider, toujours avec pertinence cependant; aussi les enseignants excusaient-ils ta distance ironique et ta cynique désinvolture. Les quelques remarques que certains t'adressaient, à l'occasion, sur ton accoutrement ne te touchaient apparemment pas, et tu paraissais tout aussi lointaine quand ils complimentaient ton travail ou t'exhortaient à participer davantage en classe. J'aurais voulu te voir tramée par les cheveux hors des salles, sous les injures, et rejetée au loin, loin de mon monde; j'aurais souhaité te voir lavée à grande eau dans la cour, tes nippes brûlées dans un grand autodafé; j'aurais aimé... Mais rien. Rien que tolérance démocratique et muette réprobation. J'enrageais. Excellente élève, peu encline au chahut, le corps enseignant n'avait aucune prise sur toi.
Jane a 21 ans. Hyperconnectée, elle vit au présent entre jobs d'hôtesse et menus larcins, boîtes et soirées branchées, ses amants d'une nuit et ses deux colocataires. Rien n'existe que par sa volonté ; ses actes tracent les contours du monde. Un soir, le hasard la jette malgré elle sur les traces de son père, qu'elle n'a jamais connu. Est-il cette pop star dont on a perdu la trace ? Ce guitariste punk passé à côté de sa vie ? Ou ce solitaire retiré de la compagnie des hommes ? Jane se prend au jeu des vérités parfois contradictoires tandis que son environnement se détraque. La violence du réel, son humanité aussi, s'engouffrent dans les brèches à mesure qu'elle perd le contrôle. Après le succès du Livre que je ne voulais pas écrire, Erwan Larher revient, avec ce septième roman, à la pure fiction. Un texte up tempo, énergique et moderne, entre intime et sociétal.
Série "Garde royale" - Tome 3/3 La reine Mina peut toujours compter sur Helene et Jenna, sa garde d'élite... Membre de la garde royale de Cyrano, Jenna ne vit que pour protéger sa reine et servir son pays. Or, pour la première fois de son existence, elle est détournée de son devoir par un homme. Sebastian, duc de Redcliff, l'attire tant et si bien qu'elle succombe à la passion entre ses bras. Mais très vite Jenna comprend qu'elle a commis une erreur en cédant à la tentation. Non seulement elle est persuadée que Sebastian n'est pas celui qu'il prétend être, mais surtout elle attend désormais un enfant de lui...
Les temps sont durs. Les gens sont mous. Un homme se lève. Il n'a aucun souvenir personnel. Il est seul, dans une maison isolée en pleine nature. Il ne le sait pas encore mais il a un nom de code: Icare. Il se jette dans le monde, à la recherche de son passé et de son identité. C est un destin qu'il trouvera, agrémenté d'une mystérieuse protectrice à la gâchette facile, d'un journaliste aux tendances schizophrènes, d'un bienfaiteur sans scrupules. Dans son turbulent sillage, les choses et les êtres changent pas toujours en douceur. D'exclu amnésique, jouet du hasard, Icare devient Arsène, apôtre du bon sens, bien décidé à répandre la bonne parole. Mais certains n'ont pas l'intention de le laisser faire...Roman picaresque, Autogenèse désaxe progressivement le regard du lecteur pour lui faire voir la réalité à travers les yeux d'un Candide moderne délesté de tout a priori, de tout préjugé. Lâchetés, petits arrangements avec soi-même, injustices apparaissent alors nûment, mais aussi héroïsme ordinaire, générosité, droiture, ces qualités qui permettent envers et contre tout de ne pas désespérer de l'humain.Une énigme demeure pourtant: mais qui est ce diable d'Icare?
Je suis romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, j'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain. Il m'est arrivé une mésaventure, devenue une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi.
Dans un monde politiquement bouleversé, des milliers d'enfants, abandonnés à eux-mêmes, ont trouvé refuge dans les égouts. Regroupés en hordes où règnent la violence et la loi du plus fort, leur quotidien se réduit à voler dans la ville pour survivre, et à échapper à la police ainsi qu'aux autres hordes. Irielle a dix-sept ans. Arrivée dans les égouts à l'âge de dix ans, elle a refusé la loi sauvage des enfants-rats. Elle vit seule avec _Iode, un petit garçon de cinq ans qu'elle a trouvé bébé dans une poubelle et à qui elle a appris à lire et à écrire... En ce début de printemps, deux rencontres vont bouleverser leur vie... Françoise Jay traite son sujet avec beaucoup de finesse et propose ici un roman vibrant de tendresse et d'humanité. Une grande réussite! À mettre entre beaucoup de mains, d'adolescents, mais aussi d'adultes.
Si je suis amoureux de Paris ? Et comment ! Amoureux partial, amoureux nostalgique, amoureux terroriste. Mais amoureux sincère, amoureux gourmand, amoureux frénétique. Choisir c'est renoncer : j'ai donc tranché dans le vif, au gré de mes passions, de ma curiosité et de mes souvenirs. C'est pourquoi ce dictionnaire n'est ni un guide touristique, ni un précis d'histoire parisienne, ni un recueil de bonnes adresses. D'Accordéon à Zucca, des Catacombes à André Hardellet, de la Bièvre au Palais-Royal, il est l'herbier subjectif d'une ville qui n'appartient qu'à moi et que je ne troquerais pour rien au monde. Bienvenue dans mon Paris" !
Pour chaque « entrée », les auteurs ont également pris le parti de ne pas revenir sur les aspects classiques du proustisme (il existe de nombreux dictionnaires qui s acquittent déjà, et admirablement, de cette mission), mais de pointer des bizarreries, des « angles », des « curiosa » inédites: de « A » comme Agonie, à « Z » comme « Zinedine de Guermantes », de « Datura » à « Rhinogoménol », de « Kabbale » à « Asperge », de « Plotin » à « Schopenhauer » ou « Walter Benjamin », ils se sont ainsi amusés à parler du Proust qu'ils vénèrent depuis toujours, de sa biographie autant que de son génie d'écrivain, veillant chaque fois à apporter de la « valeur ajoutée » à leur texte. Les proustiens de c ur y trouveront leur compte, ainsi que les proustologues de tête. De nombreux extraits de correspondance et de l"uvre elle-même sont reproduits dans ce « D.A » volontairement facétieux, érudit et, espérons-le, aussi savant que divertissant."
Présentation de l'éditeur Conflits, affrontements polémiques... Notre quotidien se noie sous les informations de ce qui nous divise, sous les constats de nos désunions. Au point de faire parfois oublier l'autre versant, tout aussi immense, celui de nos attachements, de nos retrouvailles, de nos solidarités. De quelle nature est donc ce lien humain, qui se tient à l'arrière-plan des déchirures ? Est-il inné ? Pluriel ? Spontané ? Sans cesse à construire ? Pour répondre à ces questions, Roger-Pol Droit explore ces " nous " auxquels nous participons et qui nous constituent : le " nous " de la famille, celui des amis et des amants, de ceux qui parlent une même langue, le " nous " des citoyens, le " nous " de l'humanité – sans oublier le " nous " des vivants, toutes espèces rassemblées. Dis-moi de quel " nous " tu parles, je te dirai ce qui le tisse et nous relie aux autres – telle est la maxime de cet essai incisif, qui éclaire cette question urgente d'une lumière inattendue.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
L'Amazonie.Perdue sous la canopée, une tribu d'Indiens isolés, fragilisés, menacés par les outrages faits à la forêt. Au-dessus de leurs têtes, un homme d'affaires seul et pressé, aux commandes de son avion, survole l'immense cercle formé par la boucle du fleuve délimitant leur territoire.Une rencontre impossible, entre deux mondes que tout sépare. Et pourtant, le destin va l'organiser.À la découverte de la " Chose ", tombée du ciel, un débat agite la tribu des Yacou : homme ou animal ? C'est en essayant de leur prouver qu'il est humain que l'industriel finira par le devenir.Le Cercle des Hommes n'est pas seulement un puissant roman d'aventures, d'une richesse foisonnante, c'est aussi un livre grave sur le monde d'aujourd'hui et notre rapport à la nature.Photographe, journaliste, réalisateur, Pascal Manoukian a couvert un grand nombre de conflits. Ancien directeur de l'agence CAPA, il se consacre désormais à l'écriture. Il a publié notamment, au Seuil, Le Paradoxe d'Anderson.
Résumé : Et vous, quel geste vous trahit ? Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; un verre qu'on tient à la main sans le boire...