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L'EXERCICE DIFFERE DE LA PHILOSOPHIE. A l'occasion de Deleuze
Lardreau Guy
VERDIER
11,66 €
Épuisé
EAN :9782864323105
Ce n'est pas livre sur Deleuze mais, à son occasion, quelques réflexions simplement. Et puisqu'il fut " historien de la philosophie ", on s'intéresse d'abord à la drôle de façon dont il usa de cette discipline - elle-même, au reste, assez drôle -, qui longtemps lui fit masque, derrière quoi il put retarder l'offre de ses propres pensées. Qu'il y fallût, comme on montre, la manière et l'art exquis du faussaire importe moins, somme toute, que la question que soulève la possibilité même de ce retard qu'est-ce, en effet, que la philosophie en personne, pour tolérer que son exercice soit différé ? Comme les histoires de Deleuze, ensuite, s'inventent grâce à plusieurs catégories dont il est douteux que la métaphysique ne les rencontre pas nécessairement (immanence, multiplicité, vie, etc.), il était certainement opportun d'évaluer celles-ci, jusqu'aux conséquences vulgaires qu'elles emportent, et de peser, à rebours, les effets qui engendrent les catégories directement hostiles (transcendance, unité, dialectique, etc.). Si bien que, parti pourtant d'un pas prudent, on a dû arriver à quelques décisions un peu brutales - dont heureusement un nom simple, après tout, résume et paraphe le choix : matérialisme.
Résumé : Nom : Albert Einstine (aucun lien de parenté avec le grand savant, excepté la calvitie). Profil : tendance à l'embonpoint, hypocondriaque, mère possessive. Profession : physicien (et accessoirement imposteur). Signe particulier : a inventé la machine à voyager dans le temps. Ambition : devenir le plus grand écrivain du XXe siècle. Programme : s'installer à Dublin en 1904, pour publier Ulysse avant Joyce et Voyage au bout de la nuit avant Céline. Pronostic : mariage avec Eileen, Prix Nobel 1928, mais devrait se méfier d'un jeune blanc-bec, un certain Samuel Beckett. Cinquième roman de Fabrice Lardreau, Contretemps est une variation littéraire sur La machine à explorer le temps de H.G. Wells ; c'est aussi une odyssée drolatique qui place Lardreau dans la course pour le Nobel 2028.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.