
L’Être sans l’ombre. Caricature de Gyps
Une fois achevée la lecture de ces poèmes ciselés, on a envie d'adjoindre au titre deux mots : d'un doute. On a vraiment envie d'appeler ce florilège de poèmes cursifs, et qui se détendent comme des coups de poing, L'Etre sans l'ombre d'un doute. La présence de l'Etre, ses tourments, la vieille incertitude qu'il traine depuis la première caverne, l'espoir qui le fait sortir du tunnel, est si fulgurante dans la pugnace quiétude de ces mots que l'on ne peut que constater que la poésie de Hamid Larbi est un parchemin légué par les premières pulsations de l'humanité primale... ... Dans cette disparition de la poésie engloutie dans la béance du renoncement utilitaire, il surnage heureusement quelques maquisards du verbe, et de leur âpre musicalité, comme Hamid Larbi, qui tiennent le front d'un combat qui n'est jamais ni tout à fait gagné ni tout à fait perdu, car c'est le front de la parole profonde et féconde par laquelle tout a commencé. Hamid Larbi, dans son héroïque solitude de poète orphelin de cercle, toujours fasciné par des muses désormais perverties par la vitesse et l'utilitarisme, est posté comme un Veilleur, dans l'adversité, adossé à un copieux arbre généalogique de poètes, qui, de Si Mohand à Tahar Djaout, ont conjuré le malheur et ont arraché à la nuit des morceaux de lumière qui nous ont permis de tracer notre chemin vers la vérité des hommes, la vérité des peuples, la vérité de nous-même.
| Nombre de pages | 72 |
|---|---|
| Date de parution | 10/04/2018 |
| Poids | 800g |
| Largeur | 140mm |
| SKU: | 9789931468431 |
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| EAN | 9789931468431 |
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| Titre | L’Être sans l’ombre |
| Auteur | Larbi Hamid |
| Editeur | APIC EDITIONS |
| Largeur | 140 |
| Poids | 800 |
| Date de parution | 20180410 |
| Nombre de pages | 72,00 € |
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Le sens culturel change à travers le monde, de même que le sens de la poésie. La culture est globalement perçue comme une marchandise dont la valeur est réduite à sa rentabilité matérielle. Cette direction impose de plus en plus ses lois sur les littératures, les arts, les connaissances et les critères esthétiques. Ceci a pour conséquence de rendre ceux qui détiennent le monopole de la culture et/ou de la littérature plus importants que les intellectuels et les écrivains. On parle beaucoup ces dernières années de la mort de la poésie. Peut-on cependant évoquer la mort de la poésie sans regarder les changements qu'a subi le monde depuis la seconde moitié du XXème siècle ? Ce qui a atteint d'autres champs de la création encore vivants aujourd'hui - avec des divergences bien sûr - ne diffère pas tellement de ce que vit la poésie. Peut-on par ailleurs ignorer le défi qu'impose le développement scientifique ? Peut-on faire fi des inventions technologiques qui incarnent certaines visions et donnent forme à l'intuition, devançant ainsi bien souvent les romans de science-fiction, allant même jusqu'à ouvrir devant le rêve de nouveaux horizons ? Le développement technologique et son impact ne devraient-ils donc pas être pris en considération dans le profond changement des sociétés et des relations humaines et environnementales ? Dans l'actuel tableau culturel, en Orient comme en Occident, la poésie n'est pas seule à bouger. Elle fait partie d'une mesure culturelle aux aspects changeants comme change la manière d'interagir avec elle, la façon de la considérer au sein même de la vie en tant qu'elle est un tout. En Occident, la poésie est réduite au minimum. Certaines sociétés comme la société française par exemple posent sur la poésie le même regard qu'elles posent sur la langue latine aujourd'hui révolue. 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Certains sites spécialisés dans la poésie peuvent à l'évidence jouer un rôle important pour les chercheurs arabes et occidentaux, mais ces sites s'apparent plus à un entrepôt poétique où toutes sortes de poésie cohabitent, la bonne comme la médiocre. Or ceci entrave parfois la recherche du poème. Dans l'accumulation quantitative et l'absence de critique, on peut craindre de voir se perdre les Bachiques d'Abou Nawwâs, L'épitre du pardon de Maarrî et La Divine Comédie de Dante... Jamais le poème n'a été aussi étranger qu'il ne l'est aujourd'hui. Pas seulement étranger à l'autre, mais aussi à lui-même. S'il sort de sa cachette, nul ne le reconnaît et il ne reconnaît personne. Cela ne concerne pas seulement le poème, mais toute la littérature de valeur, toute la création de valeur qui parce qu'elles sont en dehors du cercle économique, se retrouvent en dehors du petit écran, en dehors de l'espace social. Le recul de la valeur sociale de la littérature se répercute ainsi négativement sur les talents créatifs et sur l'écriture elle-même. "La voix de la poésie" est recouverte par cette autre voix que chante Sophocle depuis des âges profondément enfuis : "Ô enfant de l'espoir doré, parle... Ô voix de l'éternel ! " . 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Le poème est libre et n'obéit à aucun ordonnancement. Il est par essence contre toute entrave, toute capture. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. La traduction de la poésie, si difficile soit-elle, a réussi à faire connaître un grand nombre d'expériences poétiques de par le monde et de contribuer à l'interaction entre les poètes, leur ouvrant bien des perspectives.ÉPUISÉVOIR PRODUIT12,00 € -
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