Honni par les uns, invoqué par d'autres, "mai 68" a déjà fait l'objet d'une abondante littérature. Mais cet ouvrage, dû à deux spécialistes des récits de vie, est le premier à s'intéresser au phénomène du point de vue de la dimension intergénérationnelle de l'événement - de l'avènement, plutôt, car entre "l'avènement, à savoir ce qui survient indépendamment de soi comme du contexte, et l'événement, ce que ce fait produira tant pour les personnes que les sociétés, il existe [donc] bien une marge, au départ indécidable." Sollicitant des textes d'acteurs (Gaby Cohn-Bendit), de témoins (Edgar Morin, André de Peretti), ou les récits de ceux qu'une, voire deux générations, séparent des fameux "événements", ce livre montre comment se construit la mémoire, individuelle ou collective. Et le lecteur aura plaisir à confronter ses souvenirs - ou ce qui lui aura été transmis - avec les relations ici faites. Biographie de l'auteur Martine Lani-Bayle et Marie-Anne Mallet enseignent les Sciences de l'éducation à l'université de Nantes. Elles ont publié de nombreux articles et livres sur la question de la transmission intergénérationnelle; le dernier livre de Martine Lani-Bayle, Les secrets de famille. La transmission de génération en génération (Odile Jacob, 2007) a connu un vif succès.
Qu'a-t-on besoin de savoir du passé, comment le reconstruit-on? Longtemps la société, pour se préserver de délits gravissimes non résiliés, a implicitement institué des "interdits de savoir": on efface ce qui n'a pas été assumé, on ne le dit pas et cela fera comme si cela n'avait pas eu lieu... Force est de constater que la mémoire bafouée, voire, pire, détournée, revient de toute façon s'imposer. Alors on a cru et tenté l'inverse: vivre sur le passé pour éviter qu'il ne survienne à nouveau. Mais force est de constater que le savoir, parfois même transformé e "interdits d'oublier", n'évite rien, non plus. Comment donc faire vivre le souvenir sans qu'il condamne la vie? C'est à un tel dilemme que sont confrontées les équipes rencontrées par l'auteur à Lodz en Pologne et sur Okinawa au Japon, sur des sites meurtris par la seconde Guerre mondiale. Mais si chacun semble admettre que le récit de vie serait libérateur de l'oppression du passé et porteur de sens, n'a-t-il pas ses propres limites? Qu'est-il au-delà du dicible, de l'audible, du "convenable"? Et que faire du récit qui, lorsqu'il survient rend le monde, la vie, irreprésentables, impensables? Derrière ces interrogations se pose la question du relais, de la transmission entre le générations. L'ouvrage montre comment se génère et se construit une recherche en situation et quelle fonction y tient le récit qui met à jour l'imprégnation locale et l'expérience. Il est un ouvrage de méthodologie et il sera précieux pour tout chercheur de terrain
Depuis tous temps, les murs ont été le support privilégié de projections gravées ou colorées de la part des hommes. Mais vers la fin des années soixante, des jeunes les ont investis ouvertement, en y affirmant une revendication qu'ils ne pouvaient ni savaient dire autrement. Martine Lani-Bayle se propose d'éclairer et d'analyser ce phénomène de société, en écoutant ces tagueurs dont l'expression dérange ou en tout cas interpelle. Un livre cadeau pour les adolescents et leurs parents, mais aussi pour tout lecteur - professeur, psychologue, travailleur social, magistrat - gravitant autour du monde adolescent.
Grande oubliée des enseignements évalués par un mémoire ou une thèse, l'écriture fait l'objet de traités spéciaux, décrivant comment rédiger. Mais, construits pour la plupart sous forme de recueils de consignes, ils n'arrivent qu'à décourager ceux qui ne font pas de cette pratique leur passion.Or écrire, même pour des adultes, ne va pas de soi, il s'agit d'une pratique qui s'apprend et se travaille toujours. Et si chacun se doit avant tout de découvrir sa propre voie d'écriture, il n'est pas inutile d'être accompagné et de s'informer de certaines généralités de procédures, des règles élémentaires d'écriture et des critères de lisibilité - en lien avec les travaux de recherche.Cet ouvrage s'adresse aux étudiants ayant à écrire un travail de recherche ou de réflexion et aux enseignants les encadrant, il évite d'avoir à tout réinventer et explorer par soi-même. Il peut alors faire gagner un temps appréciable et permet de développer conjointement les potentialités de l'écriture et de la recherche, selon les caractéristiques qui leur sont propres et se renforcent mutuellement en termes de formation.Martine Lani-Bayle est auteur de plusieurs ouvrages. Docteur d'Etat ès Lettres et Sciences Humaines, elle est actuellement Maître de conférences en Sciences de l'Education à l'Université de Nantes. Elle y a mis en place, avec des étudiants de maîtrise ayant à réaliser un mémoire, un cours où l'écriture se travaille en lien avec son aspect formatif. C'est à partir de cette pratique qu'elle a élaboré cet ouvrage.
La prédication par Muhammad d'une nouvelle religion, les conquêtes arabes et la formation d'un puissant Empire islamique sont des faits bien connus et exposés dans de nombreux ouvrages. Mais cette histoire, qui paraît solidement établie, reflète la vision idéalisée d'auteurs musulmans écrivant deux siècles plus tard, soucieux avant tout de légitimer les califes abbassides et l'islam sunnite. Est-il possible d'écrire une histoire scientifique des débuts de l'Islam ? Et selon quelles voies ?
Lutter contre les inégalités, les discriminations, l'exclusion par le droit. Défendre la santé, l'éducation, le travail, le logement par le droit. Créer les conditions d'une citoyenneté ouverte par le droit. Comment la défense d'un "droit à avoir des droits", comment les luttes menées avec les "armes du droit" peuvent-elles faire avancer la démocratie vers plus de justice et d'égalité et contribuer au pouvoir d'agir des plus vulnérables ?
La pensée scientifique et l'essor du capitalisme ont favorisé le déclin des valeurs patriarcales et de la religion. L'approfondissement de la démocratie nous a fait sortir de l'obscurantisme et de l'intolérance, mais ces progrès ont des contreparties : l'hypermodernité estompe les différences entre les sexes et les générations, entre le maître et l'élève. Les grandes personnes s'infantilisent en s'affranchissant de leurs responsabilités et répugnent à frustrer leur progéniture. Le jeune devient, pour la première fois dans l'histoire, notre modèle et notre horizon. L'adulte tend à perdre la raison dans sa folle passion - pédofolie - pour un enfant devenu à la fois fétiche et tabou. Cet affolement face à l'enfant évoque en négatif la représentation du pédophile ; l'adulte obsédé par sa "bien-traitance" et sa protection se défendrait-il inconsciemment contre ses propres tendances incestueuses ? Etouffés par l'amour anxieux de leurs parents ou perdus au sein de familles sans cesse recomposées, les jeunes alimentent les consultations de psys qui évoquent le terme fourre-tout de "trouble du comportement". Les situations évoquées dans cet ouvrage amènent alors à poser la question : Faut-il soigner l'enfant, ses parents... ou la société ?
Guelfi Julien ; Mathé Georges ; Debré Bernard ; Mi
Le débat sur l'euthanasie comporte une forte charge irrationnelle parce qu'il nous renvoie, chacun et chacune, à notre propre mort, parce qu'il suscite des images où chacun projette ses peurs et ses fantasmes, parce qu'il fait appel pour un certain nombre d'entre nous à des observations ou des expériences vécues, parfois douloureuses. Cela pose deux questions fondamentales : A partir de quels critères peut-on juger qu'une vie vaut ou ne vaut pas d'être vécue ? Qui peut se donner le droit d'en décider ? A ceux qui pensent que le droit à l'euthanasie serait un progrès de la société, ce livre apporte des éléments d'appréciation sur les implications médicales, psychologiques et sociales. Il révèle des réalités méconnues ou passées sous silence.