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L'invention du corps
Laneyrie-Dagen Nadeije ; Diebold Jacques
FLAMMARION
9,90 €
Épuisé
EAN :9782080114921
Le corps humain? Chacun aujourd'hui en connaît, ne serait-ce que de manière approximative, la structure, les organes et leurs fonctions. Or ce savoir, si commun semble-t-il désormais, est d'invention récente. Très longtemps, le corps, ses mouvements, ses humeurs et ses maux sont demeurés énigmatiques et inexplicables. De ce qui se passe sous la peau, la compréhension a été lente. Elle fait l'objet de ce livre, qui étudie ensemble progrès des connaissances médicales et évolution des représentations corporelles. Elles ne peuvent en effet être dissociées, tant il apparat que le regard est le premier moment de la compréhension. Léonard dessine des charpentes osseuses, des muscles en extension, des abdomens en coupe et des crânes décalottés. Dürer scrute son reflet d'homme au miroir comme il examine plantes rares et animaux communs. L'art de la Renaissance - peinture, sculpture, gravure - est un relevé méthodique des apparences, observation attentive des formes, tentative d'intelligence de l'humain. Avant qu'il en soit ainsi, il a fallu, tout au long du Moyen Age, apprendre à représenter les volumes, leur donner galbe et ombre et, lentement, s'affranchir des conventions traditionnelles et des règles religieuses. Pour qu'il en soit ainsi, il faut encore tenir à distance les habitudes d'idéalisation qui dictent à l'artiste canons classiques et proportions parfaites, au mépris de la vérité physique. Au risque d'être tenu pour hérétique, il faut pénétrer dans les territoires du difforme et du monstrueux et se hasarder jusqu'au morbide et à l'insupportable. Ces lents progrès du regard ne peuvent se décrire en s'en tenant aux seules données de l'histoire de l'art. Codes sociaux et usages hygiéniques, théories cosmologiques et rêveries poétiques, réflexions politiques et lecture des Anciens: autant d'éléments nécessaires à l'analyse. Ils sont ici réunis afin de montrer combien la révélation du corps est aussi invention dune nouvelle civilisation, la nôtre.
Extrait CE LIVRE N'EST PAS DÉDIÉ À GASTON BACHELARD. Il n'entend pas mener une psychanalyse des éléments. Consacré à une époque - les XIVe-XVIe siècles - qui voit basculer le système de la représentation du signe vers la description, il veut examiner comment les peintres ont donné corps à des concepts constitutifs d'une vision du monde, les éléments, pour les traiter comme des réalités concrètes. Comment l'eau est devenue ruisseau, pluie ou vague. Comment l'air, domaine du circuit éternel des planètes et de Dieu accompagné de ses anges, s'est fait lieu météorologique parcouru de nuages (cumulus, nimbus...). Comment le feu s'est métamorphosé en flamme et la terre en rocher où le pied se blesse ou en boue où il s'enlise. L'ouvrage a donc pour sujet le paysage. Pour que celui-ci commençât à exister, pour qu'il s'épanouît et s'imposât comme genre, il fallait que les cadres de la nature fussent mis en place. Se donner pour sujet un paysage «avec le vent et l'eau, au lever et au coucher du soleil» (comme le veut Léonard) ou encore un orage (Giorgione) supposait que les artistes eussent renoncé aux fonds d'or, uniformes ou scandés de motifs décoratifs propres à l'art du Moyen Âge, et qu'ils leur eussent substitué un ciel. Représenter la campagne, c'est-à-dire des prés, des arbres et des «fabriques» - ou maisons - exigeait que se fût affirmé picturalement un terrain, autrement dit que fussent résolus des problèmes de perspective, mais aussi identifiées des formes, la morphologie de montagnes, de vallées ou de plaines, le cours d'un fleuve ou un rivage marin. Étudiant les herbiers et les calendriers médiévaux, l'historien Otto Pächt a montré que c'est en reproduisant les motifs minuscules de la nature - les plantes puis les animaux - que les artistes ont commencé à peindre le monde de façon réaliste'. Le propos, ici, sera inverse : ce sont les structures générales du paysage - l'architecture de la nature - qui retiendront notre attention. Ce livre traite d'histoire des formes. Au XIVe siècle et au début du XVe siècle, s'invente une manière de peindre qui vise à représenter le monde tel qu'il est, à donner l'illusion de la réalité : un style naît, fondé sur l'imitation de la nature (mimèsis). Son principe rompt avec les préoccupations des maîtres antérieurs. Ceux-ci se satisfaisaient de figurer des signes : un ruban festonné pour les nuées, une bande rectiligne horizontale pour le sol. À partir de la fin du Moyen Âge, les peintres ont à inventer ou plutôt à réinventer - sans modèle car la peinture antique est alors oubliée - un langage approprié. La différenciation d'une eau courante et d'une eau stagnante, l'évocation d'un feu qui ait l'air d'éclairer et de brûler, avec de la cendre sur le sol et de la fumée dans l'air, témoignent du passage d'un lexique symbolique à un vocabulaire réaliste, passage lent et progressif, fait de conquêtes et de repentirs.
Au faîte de sa gloire, Léonard de Vinci est invité par François Ier à Amboise. Bien qu'âgé et malade, il traverse les Alpes à l'automne 1516. Or, durant ce voyage, la caisse contenant la Sainte Anne (aujourd'hui au Louvre) disparaît. De qui peut être alors le tableau, reproduit sur la couverture de ce livre et qui ressemble si fort à l'oeuvre perdue ? Pourquoi, dans ces mêmes années, voit-on surgir une version de la Joconde nue ? Autant de mystères, autant d'hypothèses. En romancière et en historienne, l'auteure ressuscite le quotidien de Léonard, pénètre les secrets de son atelier et observe les rapports complexes que le vieil artiste noue avec le jeune François Ier.
De ville en ville, des beffrois aux trésors des musées, l'histoire de l'art se raconte à travers le Nord-Pas-de-Calais. Des couleurs de la peinture flamande aux dessins de Matisse, des bronzes romains aux sculptures d'aujourd'hui, de l'architecture des grand-places aux secrets d'atelier de Rubens, un livre pour découvrir l'art de regarder.
Dans la Cantabrie du XV? siècle, un massacre antijuif s'annonce. Pour sauver ses deux fils, un couple les envoie sur les routes. Leurs chemins les conduisent à travers l'Europe de la Renaissance, en Afrique du Nord et jusqu'en Amérique. Ils croisent une esclave canarienne devenue la maîtresse puis l'épouse de son maître, un marchand siennois voyageant entre Blois, Séville et Londres, une demoiselle d'honneur aux moeurs assez libres, des ecclésiastiques peu recommandables, et une foule d'individus aussi singuliers qu'émouvants.L'un devient marin et cartographe, intime d'Amerigo Vespucci - le navigateur dont le nom fut donné au Nouveau Monde -, l'autre médecin de Luther - le réformateur et initiateur du protestantisme - en Allemagne.Au terme de cette fresque historique captivante, riche en péripéties et en passions, parviendront-ils à se rejoindre ?
L'ABCdaire de Matisse nous transporte dans l'univers d'un des peintres majeurs du XXe siècle. Il nous plonge dans l?oeuvre d'un artiste, pour qui la peinture est avant tout un plaisir visuel et mental. A travers trois grandes thématiques, on découvre sa famille (Émile, Amélie, Anna Matisse) et ses amis (Pierre Bonnard, Picasso, Moreau) on explore le contexte socio-culturel qui permit son épanouissement (fauvisme, impressionnisme, les salons, ses voyages); enfin, on ouvre les portes du langage plastique et des grandes thématiques qui parcourent son oeuvre Enfin, on nous apprend à regarder la beauté des couleurs de ses oeuvres, la pureté du trait et l'élégance de la ligne à travers les techniques et les thèmes récurrents du peintre (la musique, l'atelier rouge, la danse). Inventeur d?un langage pictural, Matisse se sert des couleurs pour traduire, non la matière des choses, mais l'émotion qu'elles suscitent C'est pourquoi ses oeuvres nous parlent et restent toujours aussi vivantes.