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Architectures urbaines : formes et temps. Mélanges offerts à Pierre Pinon
Lambert-Bresson Michèle ; Térade Annie
PICARD
59,00 €
Épuisé
EAN :9782708409705
La ville n'est pas création. Elle est processus temporel. La ville n'est pas seulement de l'espace, c'est du temps, la ville se fait avec le temps et le temps est aussi important que l'espace. Il est très difficile d'inventer de nouveaux tissus urbains. Parce que les tissus urbains renvoient à des modes de vie. Ces modes de vie produisent des manières de faire la ville, et les changements de mode de vie ne se décrètent pas." Ces convictions de Pierre Pinon sont fondées sur plus de quarante ans de travaux, durant lesquels il s'est attaché à explorer et comprendre le territoire à ses différentes échelles, ainsi qu'à combattre "la confusion entre le temps court de l'architecture et le temps long de la ville". Pour cet ouvrage se sont regroupés quelques-uns de ceux avec qui il a partagé terrains ou objets de recherche : architectes et urbanistes, mais aussi archéologues, historiens de la ville, de l'architecture ou de l'art... C'est à des itinéraires multiples qu'ensemble ils nous convient. Voyages à travers les arts, à travers l'évocation des peintres de la ville et de ses activités, des thèmes et techniques de décoration... Voyages à travers l'espace et les cultures, de l'Europe à l'Extrême-Orient en passant par l'Italie, la Grèce, la Turquie et le Monde ottoman... Voyages à travers le temps, de la Préhistoire ou de l'Orient ancien au Moyen Age, à l'époque classique et aux modernités des XIXe et XXe siècles... Autant de chemins pour interroger les formes de la ville, de l'architecture, de l'habitat et de l'habitation, ainsi que les idées et échanges culturels qui ont concouru à "fabriquer" les formes urbaines au fil des siècles.
Le siècle carolingien a été court. L'ordre politique et social se disloqua et sombra après 880. Ce naufrage ne peut abolir le projet de société que les clercs avaient élaboré. Dans ce schéma, la religion cimentait toute la construction sociale. Par le baptême reçu dans les premiers mois de la vie, l'enfant devient simultanément fils de l'Église et sujet de l'Empire. Tous apprennent le Notre Père et le Credo, symboles d'adhésion à la foi officielle. Les uns ont reçu la tonsure monastique ou cléricale et renoncé au mariage et au monde. Les laïcs se marient, mais désormais ils doivent choisir leur femme en dehors de leur parenté et la garder quoi qu'il arrive. Les nobles, qui ont reçu une éducation militaire et religieuse plus soignée, comme l'a décrite la princesse Dhuoda, conduisent les affaires du monde et font la guerre. Ces grands échappent à l'autorité de leur curé, qui s'exerce sans partage sur les paysans de sa paroisse. Pour eux, la dîme; messe et repos obligatoires, le dimanche; communion aux grandes fêtes après des jours de jeûne et de pénitence. L'évêque, le comte et les missi surveillent la pratique. Les récalcitrants sont soumis à la pénitence publique ou excommuniés. Cet aspect totalitaire et coercitif s'avère le plus déplaisant de la chrétienté carolingienne. Mais les germes d'évolution apparaissent. Le développement du culte des saints et des reliques, des pèlerinages, les premières étapes de la piété mariale, constituent autant d'amorces qui s'épanouiront plus tard. Encore fragiles, mais riches de promesses, les balbutiements d'une spiritualité du mariage, les progrès de la confession, la pratique de la communion plus fréquente, autant de germes d'une piété laïque plus personnelle et plus autonome. La chrétienté carolingienne est bien la mère encore rude de la chrétienté médiévale, qui deviendra plus humaine et plus raffinée. Charlemagne apparaît dans la mémoire des hommes l'idéal du prince catholique et son empire, le modèle de la société chrétienne. Il faut attendre saint Louis, pour que les hommes conçoivent un roi plus chrétien et une société plus évangélique.
Enseignants et chercheurs en histoire médiévale ont en France une activité considérable et reconnue au plan international. En dehors des livres et des manuels qu'ils produisent, ils donnent une part importante des fruits de leurs recherches à des ouvrages collectifs, des périodiques et des encyclopédies. Il est donc nécessaire de procéder à un regroupement de leurs articles dispersés pour permettre à un large public de prendre connaissance de leurs résultats, de leurs hypothèses, et de leurs projets. La collection consacrée aux médiévistes français répond à cette préoccupation. Ici la personnalité du médiéviste dorme au livre toute sa cohérence. La Bible a été dans le haut Moyen Age le noyau de la création artistique, littéraire, intellectuelle. Or les historiens la négligeaient, la reléguant dans le champ de l'histoire ecclésiastique. Ce livre brasse les acquis récents et illustre deux thèses : la Bible il contribué aux fondations d'une communauté de culture en Europe ; aux mains des laïcs bien avant la Réforme du XVIe siècle, elle a été pour eux l'outil d'une conquête éthique et spirituelle. La Bible ainsi retrouve la place qui lui a trop longtemps été refusée.
Cette somme analyse les cérémonies familiales religieuses ou profanes, celles qui ponctuent la vie agricole, les traditions populaires sous toutes leurs formes (jeux, costumes, littérature, magie, etc.)