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Le thésaurus de l'immensité. Le syndicat des immenses
Lamarche Caroline ; Ursel Laurent d'
LETTRE VOLEE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782873176389
Très actif depuis mars 2019, le Syndicat des immenses, à l'initiative du projet, réunit toutes les semaines des immenses (acronyme d'Individu dans une Merde Matérielle Enorme mais Non Sans Exigences), à savoir des personnes en non-logement ou en mal-logement. Et comme mal nommer les choses ajoute au malheur du monde, comme disait Camus, le Syndicat des immenses a conçu un lexique de pas moins de 200 néosanlogismes destinés à mieux penser la condition qui est celle des mal-logés, accompagné de nombreux "jeux linguistiques (et néanmoins drolatiques)" ainsi que d'" exercices littéraires (et néanmoins politiques)" . Cet outil de première nécessité, dans son enrobage ludique et attractif, a notamment pour ambition d'inviter tout·e un·e chacun·e à prendre conscience des "quatre piliers du sans-chez-soirisme persistant" que sont le hiérarchisme, l'allomorphisme, le nécropolitique et le désuniversalisme, afin de les éradiquer en réfléchissant à nouveaux frais à leurs enjeux politiques et à leurs perspectives sociétales. En effet, la Finlande est le seul pays européen où le sans-chez-soirisme (mot correct pour "sans-abrisme") diminue, au point d'arriver à zéro sans-chez-soi d'ici 2027. L'immense festival veut permettre au grand public bruxellois de se saisir, en connaissance de cause, de la question suivante : décidons-nous, collectivement, d'en finir également avec le sans-chez-soirisme qui brise des milliers de vie, puisque, la Finlande le prouve, c'est possible et, en plus, économiquement rentable ?
Je n'en reviens pas, Renarde, que tu ne sois pas morte, et si aujourd'hui aucun mot d'amour ne te vient, cherche, trouve autre chose, je ne te laisserai pas un seul jour de silence, pas un seul jour sans réclamer, pour mon usage, les mots que tu me dois, trouve, trouve, et si ta terre est vide, désertée de gibier, marche, cours, va-t'en tuer ailleurs, ramène-moi mon dû, car tu es à moi jusqu'à user ton être, jusqu'à toucher la trame, pour autant que tu en aies, car c'est ce que je veux, vérifier la trame, le dessin qui te guide malgré toi quand tes sens et ton intelligence seront morts. "Un homme et une femme vivent une passion singulière, aussi ritualisée qu'extrême. Le récit d'une emprise et de sa subversion.
Résumé : "Un livre autour de la mort du père. Mais aussi de l'amour porté à certains hommes et du refuge que ces aventures poursuivent. Autant de variations sur le thème d'une chasse éternelle. Cerf, cerf, ouvre-moi, ou le chasseur me tuera... Comment les disparus orientent-ils nos vies, comment leur répondons-nous ? Sujet intime autant qu'universel, qui aborde la place du père, de la mort dans nos sociétés et la puissance de l'art", Caroline Lamarche.
C'est l'histoire d'un frère et d'une s?ur dans une ville dont l'industrie se meurt. Un fleuve, une fabrique, la canicule, deux pommes pourries, deux miroirs... "Ils marchent sans savoir ce qui les fait marcher, pourquoi ils marchent ensemble ni quel projet les guide sinon l'instinct d'être ce qu'ils sont, c'est-à-dire rien, rien d'utile, rien qui guérisse ou soulage, rien que ce rien dont plus personne ne veut, l'état du monde aidant et filant vers le rien."
Résumé : " Enfant, je croyais que je me marierais de la sorte : j'arriverais en robe blanche, très belle, sur le parvis d'une église où se tiendraient, en rang, une trentaine de candidats en costume, soigneusement peignés, rasés de frais, entre lesquels il me faudrait choisir l'homme de ma vie. Le tout se déciderait en un clin d'?il, sans hésitation ni regret. Et c'est bien ainsi, je m'en souviens, que j'ai choisi Paul. Je lui ai proposé : "Et si on se mariait ?", comme j'ai dit à Johan, quelques années plus tard : "Si on faisait l'amour ?" Et ainsi, par la rapidité, de ma décision, je me suis attaché les meilleurs. Maintenant je me promène avec un prêtre et je lui demande : - Comment devient-on chaste ? C'est la première fois que nous marchons ensemble. À gauche, la forêt. À droite, un grand pré où paissent des vaches blanches. " Pour écrire, une femme veut devenir chaste. Armée de ce projet étrange, elle rencontre un prêtre. Lecteur passionné, ami jaloux et caustique, il l'entraîne au travail d'écriture. Inconscient du trouble qu'il provoque, il réveille en elle le souvenir d'un amour d'enfance : celui qu'elle a éprouvé pour Blas, le guide de montagne, averti avant tous de l'invisible présence de l'ours.
Rares sont ceux qui ont mis autant de soin qu'Henri Michaux à s'effacer de la vie publique, à disparaître du quotidien. Lui qui n'était que mouvement refusait qu'on puisse le voir réduit à une silhouette figée ; lui qui disait "Je peins et j'écris pour me trouver" s'insurgeait qu'on essaie de traquer son image, de la lui dérober, de l'exhiber ensuite. Très tôt, il s'est mis à l'écart et, refusant la preuve et la trace, il s'est estompé : "Quand vous me verrez, allez, ce n'est pas moi." Il s'est pourtant attaché à la reconquête de lui-même par les mots et par les traits, de sorte que, comme l'a dit Asger Jorn : "Autant il s'efface dans son entourage, autant il se déploie souverainement dans ses oeuvres." Cet ouvrage qui accompagne et prolonge l'exposition "Henri Michaux. Face à face", présentée à la Biblioteca Wittockiana à Bruxelles puis au centre Wallonie-Bruxelles de Paris, fait apparaître ce que disent les textes d'Henri Michaux sur la peinture, la sienne et celle des autres (de Klee à Zao Wou-Ki, de Matta à Magritte), et ce qu'ils disent face à la peinture (dans des livres illustrés qui sont de vrais livres de dialogues). Il montre aussi une série de portraits tracés rageusement ou tendrement, dans la saisie rapide ou la contemplation et qui sont peut-être un immense et fascinant autoportrait...
L'interprétation à l'oeuvre Il y a des mots qui portent, et d'autres pas. C'est un fait clinique. Il n'est pas sûr cependant que les effets réels de la parole dans une psychanalyse dépendent du sens. A quelle réson faut-il alors recourir pour aborder le réel ?, se demande Jacques Lacan. L'appui que Francis Ponge prend sur la matérialité des mots dans son écriture poétique apporte quelque réponse. C'est particulièrement sensible dans ses écrits sur l'art. Ponge fait résonner dans la langue les natures mortes de Chardin, les hautes pâtes Fautrier, les collages de Braque, le trait de Giacometti et le nom de Picasso. La notion d'interprétation est au coeur du dispositif analytique, avant même que l'on sache qui interprète, voire même ce qui interprète. La prise en compte du réel dans l'expérience analytique impose une révision de cette notion. Faire résonner autre chose que le sens devient déterminant. Le corps-à-corps de Ponge avec les mots se présente à cet égard pour la psychanalyse comme une opportunité à saisir.