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La Campagne de France
Lalumière Jean-Claude
LE DILETTANTE
17,50 €
Épuisé
EAN :9782842637446
«Le voyage avait pourtant bien commencé. Nous avions récupéré les membres de la fédération départementale des agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques devant la mairie de Jurançon. Ils étaient joyeux à l'idée de ce voyage, blagueurs même. Dès le début, à peine installés dans le bus, ils m'avaient surnommé "le bonsaï", prétendant que j'avais dû grandir avec du fil de fer autour des bras pour qu'ils soient si maigres. Je tiens à préciser que mes bras ne sont pas maigres. J'ai des membres délicats, et je dirais plutôt qu'ils sont graciles. Le terme, me semble-t-il, est plus approprié. A la rigueur, j'accepterais qu'ils soient qualifiés de menus. Bref, en tout cas, comme eux, nous nous réjouissions des jours qui s'annonçaient car, il faut vous l'avouer, c'était la première fois que des clients nous demandaient cette excursion. Nous l'avons mise en place il y a trois ans, quand nous avons créé notre agence de voyages, mais jamais personne ne s'y était intéressé jusque-là. C'était une grande première. Alors, bien sûr, quand après deux kilomètres, les agriculteurs ont sorti les tire-bouchons, j'y ai vu comme une manière de célébration. Tout cela prenait un tour festif et, un peu naïvement je le concède, j'ai pensé que nous allions aborder dans un esprit bon enfant les poètes du XVIe siècle. Certes, que les membres de la fédération des agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques s'intéressassent à la littérature... Oui, monsieur Dunoyer, parfaitement, s'intéressassent, à la poésie qui plus est, aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. La présence de cages contenant des poules parmi leurs bagages aurait dû nous alerter tout autant. Sans parler du mouton, pour lequel il nous a fallu parlementer longuement. Ils ont fini par reconnaître qu'il n'était pas possible de faire voyager cette pauvre bête dans un autocar déjà complet et ils ont accepté de le laisser dans le Béarn. Ils ont été très surpris lorsque nous nous sommes arrêtés à Nérac, à peine deux heures après notre départ alors que notre bus était équipé de toilettes et leurs musettes généreusement garnies. Rien ne justifiait cette halte à leurs yeux. Et leur surprise fut encore plus grande quand nous leur avons annoncé qu'ils allaient visiter le château de Marguerite de Navarre, première femme de lettres française. Je ne sais plus si c'est au mot femme ou lettres qu'ils se sont rassemblés pour faire front... Alignés tel un pack de rugbymen s'apprêtant à la mêlée, les agriculteurs nous toisaient, évaluant sans doute le nombre de bouchées qu'il leur faudrait pour nous avaler. Il fallait les voir ainsi alignés. D'aucuns auraient pu interpréter ce regroupement bestial comme la manifestation d'un élan collectiviste spontané, peut-être même du Grand Soir des paysans. Mais moi, je savais bien qu'il n'y avait rien de réfléchi dans ce geste, seulement l'expression d'un caprice. Je dois cependant reconnaître qu'il se dégageait de leur silhouette une parfaite harmonie qui ne fut pas sans émouvoir, un bref instant, mon sens esthétique: des têtes massives plantées directement dans des épaules robustes, des avant-bras comme des cuisses, des doigts taillés comme des andouillettes. (...)
A l?issue de leurs études à la fac de Tours, Alexandre et Otto ont l?idée de créer une agence de voyages culturels. Le voyage culturel, c?est mort, pour survivre, il faut du « grand public », recommande leur comptable. Une notion quelque peu absconse pour nos deux aventuriers, férus d?art et de littérature, qui imaginent un circuit dont la destination serait Bergues, rendue célèbre par Dany Boon et Bienvenue chez les Ch?tis, en passant par la demeure de François Mauriac et Oradour-sur-Glane?. Une douzaine de retraités de Saint-Jean-de-Luz renoncent à leur voyage en Egypte pour monter dans le Cultibus.Hilarante satire d?un pays transformé en parc à thème pour grands-parents dynamiques. Benoît Duteurtre, Marianne.Subtil portraitiste, satiriste féroce, marionnettiste habile et juge impitoyable de son époque, Lalumière marche à l?éclat de rire comme d?autres marchent au canon. Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire.
Benjamin Lechevalier rêve d'ailleurs. Lorsque se présente l'occasion de quitter sa mère et son île natale d'Oléron, il n'hésite pas une seconde et monte à Paris exercer en qualité de "chargé de l'accroissement du rayonnement extérieur de la Cité de l'Air du temps". Hélas, de séminaires en congrès internationaux, le jeune homme enchaîne les bévues à un rythme effréné et ne découvre des voyages que le charme très discret des sous-préfectures. Doux champion de la gaffe, Lechevalier traîne ses ambitions déçues et ses amours bancales en se cognant, non sans humour, à l'exotisme ensorceleur de voyages très inattendus.Notes Biographiques : Jean-Claude Lalumière est un romancier français (Paris XIe). Il est l'auteur de Comme un karatéka belge qui fait du cinéma (Le Dilettante, 2014), La Campagne de France (Le Dilettante, 2013), Le Front russe (Le Dilettante, 2010), Ce Mexicain qui venait du Japon et me parlait de l'Auvergne (Arthaud, 2016) et Miss (Arthaud, 2018).
Les funambules vous le diront: la vie ne tient qu?à un fil. Parfois, elle dépend d?une simple lettre qui vient bouleverser votre existence, balayer vos certitudes. De quoi semer le trouble, perdre l?équilibre? Et puis, il y a les rencontres, inattendues, improbables. Pour le narrateur, ce sera Jean-Claude Van Damme, un soir, au bar du célèbre hôtel Lutetia. Le karatéka belge qui fait du cinéma parviendra-t-il, grâce à l?une de ses fameuses démonstrations "philosophiques", à remettre notre héros d?aplomb? L?aidera-t-il à trouver enfin sa place au bout de cette nuit?
Les chevronnés adeptes du Pari Mutuel sont Urbains à un point que l'on n'imagine guère, d'une urbanité qui confine à l'intrusion voire touche à l'invasion. C'est ce qu'endure à la journée Anatole Bétancourt, héros de Fièvre de cheval, ancien consultant (en quoi ? Il a oublié) tourné maniaque du tapis vert pré, parieur compulsif et trinqueur frénétique. A peine a-t-il pénétré dans un café-turf, salué bas la tenancière et s'être mis, Bic en main, un oeil à l'écran, l'autre au carnet, en position de défricher la journée hippique que s'en viennent rôder puis le harceler pléthore de fâcheux en veine de confessions, de petites combines, de bons tuyaux ou de martingales infaillibles. Car notre homme raisonne, compute, déduit, pesant les chances au trébuchet des possibles. Un art de mettre le canasson en équation qui n'est pas toujours payant et l'oblige à quelques entorses avec la légalité. Et quand la patronne de l'hôtel pour une monte s'invitera dans son paddock et l'initiera à fouler le gazon et humer l'air des champs de courses, Anatole n'échappera pas à la sortie de piste. Monologue drolatique d'un turfiste stratège, Fièvre de cheval nous restitue avec brio le monde des bistrots attelés, le galop mental et les errances d'une vie sur terrain lourd. Rien ne me souciait plus dans une journée que ces quelques secondes, disséminées tous les quarts d'heure, à raison de quarante courses au quotidien cela représentait au final pas mal de minutes, ces quelques secondes donc, ces quelques secondes où le coeur palpitait, où un frisson me traversait quand le cheval sur lequel j'avais misé montait aux avant-postes et qu'il figurait dans les trois premiers aux abords de l'arrivée. Oui, un frisson. Un frisson enfin. En attendant celui qu'on appelle le dernier et que je ne redoutais même plus tant la vie avait cessé de me concerner.
Le pseudonyme Valet : je l'ai choisi pour ce qu'il signifie, je ne suis pas libre d'écrire ce que j'écris : la pensée va au-delà de la parole et, pour exprimer ma pensée, il faut que je la soumette aux lois de la parole. Je suis donc le valet de la parole, la valet de la poésie." Paul Valet, entretien avec Madeleine Chapsal, L'Express, 15 août 1963.
- Mais regardez-moi qui voilà!? Ce ne serait pas ce grand dépendeur d'andouilles de Rodolphe? Où étais-tu, arsouille, ça fait plus d'une semaine que je te cherche?Il devait être 15 heures chez Maumo, le meilleur italien de Paris, dans le Marais, station Hôtel-de-Ville, juste derrière le Bazar, lorsque j'y suis arrivé. Auguste était à sa caisse, sous l'escalier au bout du bar.J'aime beaucoup Gus. On est devenus amis il y a sept ou huit ans après mon premier dîner chez lui. Je lui avais expliqué que son restaurant, si l'on s'efforçait de prendre de la hauteur, ressemblait à un point d'interrogation. La petite terrasse sur le trottoir était le point; l'entrée, un long couloir bordé sur sa gauche par le comptoir, la jambe; et la salle en arc de cercle, juste à la fin du comptoir après un escalier en virgule à gauche, la cursive étonnée. Et d'ailleurs, avais-je ajouté, tout est étonnement dans ce restaurant. Jusqu'à son nom: Maumo, qui n'est pas le diminutif d'Auguste.Il avait écouté en hochant la tête.- Maumo... Les juifs pensent que c'est le diminutif de Moïse, les Arabes celui de Mohamed et les mecs comme toi de Maurice. Tout le monde se sent chez lui et moi je sers tout le monde.Je passe le voir presque tous les jours pour discuter de nos avanies: moi accoudé au zinc et lui derrière sa caisse, juste sous le tablier de son escalier en virgule. Je ne sais pas comment nous en sommes arrivés à devenir confidents l'un de l'autre. Il me nourrit lors de mes vaches maigres et je lui rédige des suppliques pour les impôts, l'Urssaf, les affaires sanitaires, l'inspection du travail... Enfin, nous sommes amis.- Tu te souviens de Caroline?- La blonde? Celle qui a retourné une de mes tables parce que la sauce piquante était trop épicée?- Celle-là même.- C'est une plaie cette fille.- On s'est séparés.- Bonne nouvelle. Et ça t'a pris la semaine?- Laisse-moi te raconter. Tu connais Adam? L'autre soir, il m'a proposé une partie de poker.- Il organise des parties, Adam? Pourquoi est-ce qu'il ne m'invite pas?- Je ne sais pas... Et puis je m'en fous, ce n'est pas le propos. Tu veux que je te raconte ou pas?De la main et de la tête il m'invita à poursuivre.- J'en parle à Caroline qui saute de joie. J'ai toujours rêvé déjouer, qu'elle piaille! Parole, je n'arrivais pas à la tenir, elle voulait qu'on y aille de bonne heure. Avant le dîner même. A peine arrivée chez Adam, elle file vers la table sans même un bonjour ou un regard pour les autres. Rien. Une possédée du jeu. Don Carbino et François, déjà installés, la regardaient comme une extraterrestre. Je leur ai expliqué nos relations et qu'ils m'obligeraient en voulant bien la laisser jouer avec nous. Pendant ce temps, Caroline s'impatientait en tripotant les cartes...
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Résumé : Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d'avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l'avenir. C'est sans compter qu'en 2010, la crise dont les médias s'inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l'entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d'optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu'elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves. A travers le portrait d'une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.
Résumé : Et vous, quel geste vous trahit ? Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; un verre qu'on tient à la main sans le boire...