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Thierry Bouchard
Lallier François ; Hubin Christian
TEMPS IL FAIT
30,00 €
Épuisé
EAN :9782868535719
Né en 1954, disparu en 2008, Thierry Bouchard fut un des derniers grands imprimeurs-éditeurs-typographes. Sur ses presses, installées à Losne, en Bourgogne, il a réalisé un des plus beaux ensembles de livres dont on puisse rêver, joignant la science des polices et des fontes, des impressions, des papiers, des formats à un engagement éclairé dans la littérature contemporaine, et principalement la poésie, qu'il pratiquera lui-même, discrètement, comme auteur. Il réalisa 115 livres au titre de ses éditions et près de 200 sous forme de coéditions ou d'impressions pour ses amis éditeurs - qui portent les noms de Butor, Bonnefoy, Puel, Juliet, Du Bouchet, Nelli, Hubin, Novalis ou Segalen, entre autres, et ceux d'artistes aussi prestigieux que Zao Wou-Ki, Pierre Alechinsky, Bram Van Velde, Antoni Tapies, Olivier Debré, André Marfaing... Grands illustrés ou petits livres d'une facture extrêment élégante et soignée sortirent des mains de cet artisan exceptionnel dont l'oeuvre, à n'en pas douter, marquera durablement la bibliophilie contemporaine.
A travers ces deux essais, François Lallier nous propose non seulement un retour aux sources de la poésie occidentale, mais aussi une lecture précise, et pourrait-on dire, renouvelé d'auteurs latins tels que Catulle, Virgile et Horace. Mais plus qu'une lecture, il s'agit aussi d'une traduction faite de certains textes de ceux-ci qui induisent le commentaire. Lallier est à la fois poète et critique. Et il convient de rappeler que ces deux activités se nourrissent à tel point qu'on ne saturait les dissocier. C'est ce que montre très bien la réflexion qui précède les traductions proposées dans ce livre. Il convient de laisser parler l'auteur qui dès l'ouverture de son texte donne une idée précise à la fois de son intention et de la langue qui porte à merveille ce texte, une langue précise et rigoureuse, mais tout en souplesse. Lallier écrit : " Plonger à travers le temps, cherchant une origine. Remonter le courant à partir d'un point de départ qui ne peut être que le moment - le paysage - présent. Ainsi l'origine est-elle double, celle vers laquelle je reviens, et celle, dans ce mouvement de retour, d'où je suis parti : ce présent, qui est aussi un territoire ou une terre. Parce que la terre possède les fantômes qui habitent virants le poème, mais possède aussi, près de tel ruisseau, non de sources néolithiques, le feuillage loquace des peupliers qu'agite un souffle invisible : parole perpétuellement présente comme elle l'est ici, dans l'instant, avant même que le murmure des mots, en leur "mutisme ", n'engendre les figures de la grâce, de la beauté, du plaisir, de la douleur qui les accompagne.". Tout dans ce livre est à découvrir, qui parle non seulement de poètes d'antan, mais de la poésie présente.
Ce second volume d'une exploration de la poésie au titre de la "voix antérieure" - notion dégagée, dans un précédent livre, d'une lecture nouvelle de certains textes de Baudelaire - s'intéresse à des écrivains plus proches de notre temps (et dont l'auteur a été, pour presque tous, le contemporain et l'ami). Dans une époque marquée, à la suite de Mallarmé et de Rimbaud, par une radicalisation autant de la liberté du poète que des enjeux de la poésie, il cherche ce qu'elle est devenue. Reliée à une "expérience" par un "dire" qui se réalise comme modalité de la présence, cette voix, une seconde fois invoquée, est-elle bien la même?
La démocratie n'est plus une évidence. Ses dysfonctionnements remettent en cause son principe (le pouvoir du peuple) ou l'idée dérivée de représentation. Or, il est possible d'améliorer la démocratie représentative sur au moins un point : la technique électorale. Il existe des manières différentes de voter, qui portent des symboliques différentes et ont des conséquences différentes. Demande-t-on à l'électeur derrière quel candidat il se range, ou bien lui demande-t-on son avis sur chacun ? Encourage-t-on le regroupement ou l'émiettement des partis ? Ce livre offre une synthèse des connaissances à propos des votes "par évaluation", quand chaque électeur s'exprime sur chaque candidat. Il repose sur la réflexion théorique et sur de nombreuses expériences réalisées en collaboration avec le public, dans les bureaux de vote, en ligne ou en laboratoire. Certaines méthodes envisagées sont plus satisfaisantes que les systèmes actuels, et tendraient sans doute à favoriser les candidats consensuels. En s'interrogeant sur l'art difficile de la décision collective et sur ce que pourrait être notre démocratie, l'ouvrage porte un éclairage original sur ce qu'elle est actuellement, sur ses petits défauts comme sur ses failles plus profondes.
La Voix antérieure Il s'agit dans ces pages d'interroger à nouveau la poésie en ses intentions fondamentales, selon un triple point de vue, qui se dégage à mesure d'une exploration attentive, minutieuse, mais libre, ayant pris les risques de cette liberté. Celui d'une certaine force, égarante et salvatrice, de l'amour. Celui qui fait considérer le langage où s'exprime la poésie (avec ses figures, ses fenêtres et ses miroirs, ses auto-révélations), comme le masque, opaque ou transparent, du réel toujours autre - en particulier dans la confrontation du sonore et du visuel, de l'écoute et du regard. Celui enfin de ce qui demeure, derrière ce masque du langage, la voix antérieure , que le livre entier cherche à définir : voix paradoxale, voix muette, dont tout écrit poétique projetterait l'écho dans son propre avenir. François Laitier poursuit depuis plusieurs années, parallèlement à son oeuvre de poète, un travail critique de lecture des grands textes poétiques. Ce premier volume d'études évoque les oeuvres fondatrices de la poésie moderne, celles de Baudelaire, de Poe, de Mallarmé, de Rimbaud. Plusieurs de ces textes ont fait l'objet de publication en revue à la Nrf, dans Europe ou Critique.
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.
Belles têtes d'Irlandais dans les rues de Killarney. D'un certain âge. Des têtes conformes à la tradition et qui, au-delà du folklore touristique, donneraient à n'importe qui manie vaguement le crayon l'envie d'écrire et de conserver ces personnages dans les mots. On ne s'attache pas à repérer d'abord les faces qui affichent leur alcoolisme. Ici, c'est un penchant qui ne s'avoue pas, mais se clame et se trompette. Il met tant de sincérité dans la laideur que là encore, parce qu'on est en Irlande, on se sent en confiance. Des trognes aussi évidentes et qui témoignent d'une impeccable assiduité au pub ne savent plus mentir. La caricature est une innocence brute." Dans ce récit de voyage fort peu héroïque - camping et vélo -, l'auteur s'attache à montrer des spectacles qui n'ont pas lieu et des êtres sans grandeur dont, en amoureux comblé de la langue, il sait faire une véritable matière littéraire.