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Culture écrite et inégalités scolaires. Sociologie de l'"échec scolaire" à l'école primaire
Lahire Bernard
PU LYON
18,00 €
Épuisé
EAN :9782729712402
Que signifie " échouer " ou " réussir " à l'école primaire ? Comment comprendre les difficultés éprouvées par des élèves d'origine populaire en lecture-écriture, grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire, expression orale et expression écrite ? Comment se construisent, jour après jour, les processus de production des inégalités scolaires dans les salles de classe ? Ce livre tente de répondre à ces questions, en procédant à l'étude détaillée des pratiques et des productions scolaires d'élèves du CP au CM2 en français. Soulignant le rôle central du rapport au langage dans la production des différences scolaires, l'auteur fonde son analyse sur une sociologie de l'éducation informée des travaux anthropologiques et historiques concernant la spécificité des cultures écrites. Il entend ainsi rendre raison de l'" échec scolaire " du double point de vue d'une anthropologie de la connaissance et d'une anthropologie du pouvoir.
Résumé : L'?uvre de Pierre Bourdieu propose l'une des orientations théoriques contemporaines les plus stimulantes et les plus complexes en sciences sociales. Pourtant, de procès en polémiques sur l'engagement intellectuel et politique de Pierre Bourdieu, on a fini par oublier de prendre en considération le travail sociologique du professeur au Collège de France. Celui-ci fait l'objet de réfutations " radicales " qui sont malheureusement souvent l'expression d'une triste mauvaise foi, ou suscite, à l'inverse, des manifestations naïves d'adhésion, de soutien ou d'éloge manquant pour le moins de recul critique. Prenant acte de la situation, une dizaine de chercheurs ont décidé, sous la direction de Bernard Lahire, de redonner toute sa place au débat scientifique et d'entreprendre un dialogue critique avec l'?uvre de Pierre Bourdieu. Tous ces auteurs - issus de la sociologie, de l'histoire, de l'économie, de la philosophie et de la psychologie - n'ont ni la même sensibilité théorique, ni le même rapport à l'?uvre ou à l'auteur. Mais tous ont le désir de discuter rationnellement des concepts d'habitus, de champ, de marché, de capital, de pouvoir symbolique, de légitimité culturelle. L'ambition de ce livre est - entre dettes et critiques de contribuer à un véritable débat autour du travail sociologique de Pierre Bourdieu. Cette nouvelle édition est augmentée d'un texte d'Olivier Favereau, " L'économie du sociologue ".
Si toutes les théories du social peuvent a priori prétendre à l'égale dignité scientifique, c'est uniquement dans la mesure où celles et ceux qui les mobilisent acceptent de s'imposer un haut degré de rigueur argumentative, de contrainte méthodologique et de sévérité empirique. Or, à bien considérer l'état réel des productions sociologiques, cela est rarement le cas. Mais qu'est-ce que penser et connaître en sociologue? Et pourquoi un regard scientifique sur le monde social est-il si important à construire, à défendre et à transmettre? Issu d'une réflexion sur le travail d'interprétation sociologique mis en ?uvre sur des données de nature différente (données d'observation, entretiens, documents écrits, données quantitatives), ce livre aborde des questions centrales dans l'apprentissage de l'esprit sociologique: la description, l'interprétation et la surinterprétation, l'usage sociologique des analogies, les rapports entre objectivation sociologique et critique sociale, entre l'ordre de la pratique et l'ordre du discours, entre sociologie et littérature, etc. Et s'il fallait absolument l'affilier à un genre particulier, un tel ouvrage entrerait sans doute, de par sa tonalité critique et sa volonté d'expliciter sans détour ce qu'est la connaissance sociologique mais aussi ce qu'elle n'est pas, dans la catégorie des antimanuels.
Chaque individu est le "dépositaire" de manières de penser, de sentir et d'agir qui sont les produits de ses multiples expériences socialisatrices. Modelés par un monde social que nous façonnons en retour, nous ne lui échappons d'aucune façon.C'est ce que cet ouvrage met en évidence à travers huit portraits sociologiques de personnes longuement interviewées, à plusieurs reprises, sur des thèmes très différents: l'école, la famille, le travail, les amis, les loisirs et activités culturelles, le sport, l'alimentation, la santé, l'habillement... Le lecteur découvre ainsi des femmes et des hommes dans leurs constances et leurs variations et comprend mieux les raisons de leurs actions. Renoncer à l'idée d'une "subjectivité" absolue, au mythe de "l'intériorité", du libre-arbitre ou de l'existence "personnelle" hors de toute influence sociale, pour faire apparaître les forces et contre-forces, internes (dispositionnelles) comme externes (contextuelles), auxquelles nous sommes soumis depuis notre naissance et qui déterminent nos comportements et nos attitudes, voilà à quoi nous invite la sociologie de Bernard Lahire. Elle peut nous aider à progresser dans la connaissance de soi et des autres.
Le rêve peut-il être appréhendé par les sciences sociales ? Objet devenu indissociable de la psychanalyse, il était jusqu'à ce jour largement ignoré des sociologues. Si quelques chercheurs ont pu s'interroger sur la manière dont le rêve a été perçu selon les époques et les milieux, Bernard Lahire entre ici dans la logique même de sa fabrication et le relie aux expériences que les individus ont vécues dans le monde social. L'ambition de cet ouvrage est d'élaborer une théorie générale de l'expression onirique. En partant des acquis du modèle d'interprétation proposé par Freud, il s'efforce d'en corriger les faiblesses et les erreurs, en tirant parti des nombreuses avancées scientifiques accomplies depuis L'Interprétation du rêve. A l'opposé de ce que croyait Freud, le rêve apparaît ici comme l'espace de jeu symbolique le plus complètement délivré de toutes les sortes de censures. Il livre des éléments de compréhension profonde de ce que nous sommes et permet de voir frontalement ce qui nous travaille obscurément, de comprendre ce qui pense en nous à l'insu de notre volonté. Cet ouvrage contribue aussi à donner de nouvelles ambitions à la sociologie. Si le rêve fait son entrée dans la grande maison des sciences sociales, ce n'est pas pour laisser le lieu en l'état, mais pour en déranger les habitudes.
Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020 pour avoir proposé à ses élèves d'étudier des caricatures du prophète Mahomet, fut étudiant à l'université Lumière Lyon 2 et à l'université Jean Moulin Lyon 3. En 1995, dans le cadre de sa maîtrise, il soutenait un mémoire de recherche consacré à l'usage et à la symbolique de la couleur noire dans la société française de 1815 à 1995, s'appuyant principalement sur des sources littéraires et picturales. A l'initiative de Christophe Capuano, les Presses universitaires de Lyon ont décidé de publier ce texte afin de faire entendre la voix d'un apprenti historien doté d'une forte culture littéraire, d'une réflexion à la fois fine et audacieuse, enfin d'une grande sensibilité aux images. Ce texte présente également l'intérêt d'apporter un témoignage sur la manière dont l'université formait les futurs historiens et enseignants en histoire il y a 25 ans. Christophe Capuano et Olivier Faure y ont ajouté une préface et les compléments scientifiques et bibliographiques indispensables. Mais, comme le souligne l'avant-propos rédigé conjointement par Nathalie Dompnier, présidente de l'Université Lumière Lyon 2, et Eric Carpano, président de l'Université Jean Moulin Lyon 3, cet ouvrage constitue avant tout un hommage rendu à un enseignant assassiné dans le cadre de ses fonctions, par deux institutions qui ont contribué à sa formation intellectuelle.
C'est un fait, l'enseignement, et plus largement le système éducatif, constituent en France un secteur professionnel féminisé. Est-ce à dire que femmes et hommes connaissent les mêmes évolutions de carrière dans ce domaine ? C'est la question que pose Gilles Combaz dans cet ouvrage. Pour y répondre, le sociologue s'intéresse à trois fonctions : les directeurs/trices d'établissements dans le premier degré, les inspecteurs/trices du premier degré, les directeurs/trices d'établissements du second degré. Mobilisant les statistiques nationales existant sur le sujet et réalisant des entretiens complémentaires pour affiner son propos, Gilles Combaz scrute ces postes à travers trois thématiques clés : le recrutement, la mobilité, l'avancement. Ses conclusions sont claires : au-delà d'une féminisation réelle des fonctions d'encadrement de l'éducation nationale et si, en deux décennies, les écarts se sont considérablement réduits, des inégalités demeurent cependant entre femmes et hommes dans l'accès aux postes à responsabilités et dans le déroulement des carrières. Toute l'analyse de Gilles Combaz vise à révéler comment sont produites ces inégalités.