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Iris
Laget Thierry
GALLIMARD
15,20 €
Épuisé
EAN :9782070723638
La région n'avait pas de nom sur les cartes. Le curé y préconisait la paresse, tandis qu'on s'échinait à séparer le charbon de la roche. L'amour y était fort comme de la dynamite. Pierre Fontaneyre a passé sa vie à la recherche d'Iris, rencontrée sur une barque, dans Paris inondé, et retrouvée plus tard à Saint-Genêt. Pierre, aujourd'hui centenaire, voit défiler tout le Saint-Genêt d'autrefois, avec sa statue miraculeuse, le baptême de la cloche, ses maisons qui s'effondraient la nuit, ses feux de Bengale, les automates de Virgile, les écrevisses, la glycine, le sulfate de cuivre, le perroquet qui inventait des paroles de chanson, le Dauphin d'Auvergne et le roi Salomon, les lettres égarées par la Poste aux Armées, les interrogatoires de la Milice, les grosses bétonnières du barrage. Et Iris. Iris. Seuls ceux qui l'ont connue peuvent comprendre.
Résumé : Si je dormais, au lieu de passer la nuit dans la bibliothèque, peut-être mes rêves nourriraient-ils des pages que la veille va biffer. Je crois plutôt que la nuit secrète en elle tout le texte qu'on en doit tirer, où qu'on soit, quoi qu'on fasse, mais que seuls le récolteront ceux qui sont affairés. Je m'affaire, je corrige, je déchire, je raboute, j'essaie un synonyme, un autre, je conjugue, je syntaxe, coordonne, parataxe, élimine un personnage odieux, en crée deux qui, d'abord obséquieux, me trahiront comme tous les serviteurs, et barre d'un trait trois pensées qui n'étaient pas fausses, mais pas belles - pauvres écrivains, tenus à appliquer seuls les lois qu'ils ont votées, sans profit pour personne, mais sans non plus ruiner la collectivité.
Quelques photos, de beaux portraits, vingt lettres, une maison livrée aux ronces et aux pillards, voilà, avant qu'elles ne s'effacent, les dernières traces d'Alaïde Banti. Comme, avec de la terre, on modèle un visage, autour de ces signes - autour de rien -, empruntant les couleurs des peintres qui l'aimèrent en cette Italie ardente de 1860, on voit que souvent l'ombre éblouit mieux qu'un soleil. C'était la leçon de son temps. Elle signait parfois "Ala" - l'aile -, ce battement, cette caresse que l'on sent toujours près de soi quand l'oiseau a regagné le ciel et que, dans son envol, une plume tombe à nos pieds. Elle n'est rien, qu'un modèle, et pour ceux qui la connurent - son père, son fiancé - ne fut pas plus. Je n'ai pas davantage choisi de la peindre. C'est elle qui s'assied devant moi et dit : "Fais mon portrait". Mais avec quelle ingénuité elle s'impose au regard - c'est à croire que partout autour d'elle l'air résonne de grands miroirs. Thierry Laget.
Résumé : Sept nouvelles aux allures de flâneries, de déambulations dans les rues d'une ville, égrènent dix manteaux rouges qui sont autant de femmes, unis, par-delà la diversité des lieux et des époques, par une voix qui se souvient et qui raconte. Le manteau oublié d'une inconnue évoque celui de la jeune fille aimée dans la brume de Prague. A Paris, l'amante blessée porte, le dernier soir, un manteau de faille grenat ; la gitane qui promet l'amour est vêtue d'un manteau couleur de bruyère. Et quand le narrateur a trouvé l'amour en la personne de l'Immortelle bien-aimée, elle est un anorak rouge, sur le blanc de la neige, dans une station de ski. Il y aura encore un manteau cerise à Manhattan, devant le Mémorial aux victimes du 11 Septembre, un manteau de laine ponceau à Clermont-Ferrand, le manteau pourpre d'une Madone des neiges à Rome... Et nous parvenons ainsi à l'origine du monde : la nativité, celle du narrateur qui n'a pas dissimulé que son activité principale est celle d'un écrivain. Le grand plaisir de lecture de ces nouvelles, tout en délicatesse, humour léger, perception poétique des situations et des êtres, vient de l'art même de cet écrivain, qui est en somme celui de l'auteur en personne.
Sous le pont Mirabeau coule la SeineEt nos amoursFaut-il qu'il m'en souvienneLa joie venait toujours après la peine Ces vers du "Pont Mirabeau", comme ceux de "La Chanson du mal-aimé" ou de "Zone", tous issus du recueil Alcools ont fait la fortune littéraire d'Apollinaire, et un grand classique de la poésie. Toutefois, ce classicisme ne doit pas faire oublier qu'en son temps ce recueil constitua une véritable révolution poétique : après Rimbaud, Apollinaire transforme toutes les règles d'un lyrisme devenu vieillot à son goût. Il faut pouvoir chanter le monde, jusque dans sa réalité la plus crue, mais aussi jusque dans ses progrès les plus récents : la tour Eiffel ("Zone") côtoiera donc les cellules de la prison de la Santé ("À la Santé"). Sur ce modèle se succéderont alors la mort, la fuite du temps et surtout l'amour : tantôt lumineux, tantôt obscur, mais toujours au centre de ces ivresses poétiques. Avec Alcools, Apollinaire deviendra le modèle de tous les poètes à venir, et en particulier des surréalistes. --Karla Manuele
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.