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Juger. L'Etat pénal face à la sociologie
Lagasnerie Geoffroy de
FAYARD
20,20 €
Épuisé
EAN :9782213666549
Pendant plusieurs années, Geoffroy de Lagasnerie s?est rendu à la cour d?assises de Paris. Il a vu être jugés et condamnés des individus accusés de braquage, d?attentat, d?assassinat, de coups mortels, de viol. A partir de cette expérience, il propose une réflexion sur l?Etat pénal, le pouvoir et la violence. Nos manières de rendre la Justice s?inscrivent dans un système général et a priori paradoxal : pour juger, les procès construisent une narration individualisante des acteurs et des causes de leurs actes ; mais, pour réprimer, ils transforment chaque action interindividuelle en agression contre la "société" ou contre l?Etat. Comment comprendre ce système du jugement et de la répression et ce jeu des catégories pénales ? La Loi est souvent présentée comme instaurant le règne de la raison contre les réactions passionnelles. Ne produit-elle pas en réalité des effets de dépossession et du traumatisme ? A quelles conditions une sociologie critique pourrait-elle nous donner les moyens d?imaginer un droit moins violent, un Etat moins souverain et une justice plus démocratique ? En mêlant récits et analyses théoriques, Geoffroy de Lagasnerie montre que l?institution judiciaire ne forme pas seulement une réponse à la délinquance. La scène du tribunal, où un individu est forcé de comparaître devant des juges, est un miroir grossissant de notre appartenance à l?Etat. Si bien que, au bout du compte, cet ouvrage offre une exploration de notre condition de sujet politique. Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue, est professeur à l?Ecole nationale supérieure d?arts de Paris-Cergy. Il est l?auteur notamment de L?Art de la révolte. Snowden, Assange, Manning (Fayard, 2015), La Dernière Leçon de Michel Foucault (Fayard, 2012), Logique de la création (Fayard, 2011).
La naissance du sujet politique est un moment de pure imposition. Lorsque nous venons au monde, nous sommes jetés sur un territoire : l'Etat nous envoie des papiers que nous n'avons pas demandés et nous dit : tu m'appartiens. L'expérience politique n'est pas celle de la constitution et du consentement. C'est celle de la capture et de la soumission à la volonté de l'autre. Le sujet politique ne saurait dès lors être perçu comme un sujet qui contracterait ou qui délibèrerait. C'est d'abord un territoire occupé à qui la Loi vient de l'extérieur". La théorie politique ne cesse d'ordinaire de penser à travers des abstractions : le contrat social, la citoyenneté, la souveraineté populaire, la volonté générale... Mais comment la réalité apparaît-elle sitôt que l'on rompt avec ces fictions ? Geoffroy de Lagasnerie répond en déployant une approche qu'il appelle "réductionniste" , qui le conduit à faire vaciller les oppositions classiques entre démocratie et colonie, force légitime et violence illégitime, Etat de droit et arbitraire... Un ouvrage qui renouvelle profondément les cadres de la théorie politique. Philosophe et sociologue, Geoffroy de Lagasnerie est notamment l'auteur de Juger (Pluriel, 2018) et Sortir denotre impuissance politique (Fayard, 2020).
La critique de l'Etat pénal se concentre d'habitude sur la prison ou la police, laissant paradoxalement dans l'ombre le système judiciaire. Et lorsque les sciences sociales étudient le travail des juges, elles se contentent de mettre en question les biais ou les différences de traitement que subissent les individus selon leurs caractéristiques. A partir de l'observation de procès d'assises, Geoffroy de Lagasnerie place la Justice au coeur d'une investigation de l'appareil répressif d'Etat et de sa violence. Il utilise la sociologie pour interroger radicalement les pratiques du jugement et de la répression : que veut dire, dans une société, juger et punir ? Accuser et réprimer ? Et que signifie être jugé ? Quelle politique de la souffrance le système pénal fait-il exister ? En mêlant récits et analyses, cet ouvrage dégage les fondements cachés de l'un des rituels les plus profondément ancrés de notre monde. Et montre comment la sociologie peut continuer d'être un savoir inquiétant. Edition actualisée.
Geoffroy de Lagasnerie est philosophe et sociologue. Il est maître de conférences à Sciences Po. Il est l?auteur de Logique de la création (Fayard, 2011), Sur la science des ?uvres (Cartouche, 2011) et L?Empire de l?Université (Amsterdam, 2007).
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
Abromont Claude ; Montalembert Eugène de ; Fourque
Extrêment complet et passionnant, un guide à conseiller à tous les musiciens, qu'il soit étudiant, professionnel ou simplement mélomane." --Piano, le Magazine
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).