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Prémices de l'Europe
Lafont Robert
SULLIVER
24,99 €
Épuisé
EAN :9782351220283
Depuis sept siècles que les Etats corsètent l'Europe en leur armure, depuis cinquante ans qu'ils essaient, de traité en traité, de se dépasser sans se renier, il est temps de rappeler que ce continent est aussi fait d'espaces, de routes, de peuples, de langues et de cultures. Sur cette carte dépliée et dans cette histoire sans bornage, l'auteur suit les grands mouvements humains qui nous ont faits, Européens, uns et divers, qu'il s'agisse d'invasions successives, de guerres inexpiables, de crimes dynastiques ou de vagues de création culturelle qui émergent et déferlent. Le livre s'arrête au moment où naît l'État, avec la répression des grandes espérances chevaleresques de Frédéric le Germano-Sicilien et des Raimonds Toulousains, où s'éteint la lumière du Graal et s'allument les bûchers de l'Inquisition. Quand l'Europe se bétonne pour sept siècles.
Cet ouvrage présente les repères majeurs d'un itinéraire singulier, qui couvre près d'un demi-siècle et qui a su, comme en témoigne l'ensemble des textes réunis, ne jamais dissocier réflexion théorique et pratique sociale culturelle. Ecrites résolument depuis la périphérie (géographique mais aussi épistémologique) ces études et interventions doivent permettre au lecteur de saisir la cohérence profonde d'une recherche sociolinguistique multipolaire pensée hors des modes et des chapelles : qu'il s'agisse de revisiter les situations de dominance culturelle ou de revoir le statut du sujet dans les sciences du langage, jusqu'à la construction d'une nouvelle linguistique, la praxématique.
Face à l'arbitraire du signe, institution saussurienne, l'actualité linguistique tend de plus en plus à en supposer la motivation. Abordant le problème de façon résolument positive à travers l'étude des praxèmes lexicalisés du latin classique, on montre l'existence dans cette langue d'un ensemble systémique de schèmes dont les articulations phonologiques s'inspirent des formes de l'univers et des formes de le praxis. Ainsi tout se passe comme si la racine bi-consonantique de l'indo-européen, permanente dans les contacts sociolinguistiques les plus divers, assurait une représentation cohérente du monde. Remontant aux éléments lexicaux et morphosyntaxiques fondateurs d'une famille de langues, la praxémetique permet de s'interroger sur les mécanismes de l'émergence du langage en anthropogenèse.
Peut se lire, entre autres, comme une réflexion sur l'art contemporain. On y découvre dans sa première partie l'?uvre inconnue d'un artiste, dont le dernier projet donne son titre à l'ouvrage. "Aujourd'hui, comme première trace de son ?uvre, et le terme par lui fut médité, on ne dispose guère que d'une courte correspondance éditée en annexe d'une biographie de Theo Tutmacher, fils d'un allemand de l'Est émigré aux Etats-Unis après la confiscation par le régime communiste de son entreprise de mécanique de précision et de façonnage des aciers spéciaux. L'histoire de Mathieu ben J. commence ainsi, signe des temps, dans celle du complexe militaro-industriel américain." Fiction constituée à partir de deux projets d'art expérimental, l'ouvrage explore la translation de la notion d'?uvre et la signification qu'elle tente de prendre dans le temps industriel disloqué. La voix d'un narrateur lentement s'élève qui raconte dans la seconde partie sa rencontre avec un autre peintre, aveuglé celui-là par son art. Les deux récits tracent deux lignes divergentes pour tenter de fixer la naissance de la beauté.
La découverte de lItalie par Albert Camus, en 1936 et en 1937, est un moment essentiel dans lémergence dune pensée et dun rapport particulier à lart. LItalie est terre de lart, mais aussi dengagements. Lors du voyage quil fait en 1954, à linvitation de lAssociation culturelle italienne, Camus rencontre quelques-unes des grandes figures italiennes, politiques et littéraires. Ce voyage est aussi loccasion de conférences ayant pour thème "LArtiste et son temps" que Camus reprendra à Stockholm en 1957, lors de la remise du prix Nobel.