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Oedipe reine
Iacub Marcela
STOCK
21,30 €
Épuisé
EAN :9782234077423
Extrait La vérité est qu'il était incapable d'envoyer les femmes au ciel avec sa queue. Voilà pourquoi tout a commencé. Ou plutôt parce qu'il refusait de l'admettre. Ce conflit le poussait à faire appel soit à des putes soit à des femmes amoureuses. Mais comme il était pingre il se contentait des amoureuses, sauf pendant les périodes où la gloire lui souriait et les putes lui étaient offertes. Et il en trouvait toujours parce qu'il était parfaitement indifférent à l'âge, à la beauté ou à l'esprit de ses maîtresses. Sans compter qu'il n'avait aucun scrupule à se jouer de leurs sentiments ou de leurs plaisirs en se déclarant amoureux d'elles à son tour. Seul lui importait qu'elles lui disent : «Ta queue est un cadeau somptueux. Elle est majestueuse. Jamais je n'avais été transpercée par un organe aussi accablant, aussi impressionnant.» Alors qu'elles ne se rendaient même pas compte si elle rentrait, sortait ou mourait. Et même quand il enculait, elle était incapable de faire naître la gratitude exquise que produit la douleur. Cependant, la joie que lui provoquaient ces phrases était trop ténue pour le satisfaire. Samuel était conscient que ces femmes lui mentaient. Ainsi cherchait-il à compenser avec toutes sortes de brutalités les duretés qu'il ne pouvait pas leur infliger. Il les manipulait comme si leur corps était en plastique. Il les tordait dans tous les sens. Il leur provoquait des sciatiques, des lumbagos, des bleus, des paralysies partielles. Et il les traitait de «sales putes», de «sacs à bites», de «trous infâmes». «Je vais te baiser, je vais te faire enfiler par l'ensemble de la planète. Je te viole, je te défonce, je pisse sur toi, écarte tes jambes et montre-moi, tu n'es rien, rien», leur criait-il. Jamais il ne s'arrêtait de parler, de promettre, de menacer, d'injurier. Et moi je pensais : «S'il pouvait m'enfoncer une belle queue il se tairait, il serait doux, il m'aimerait.» La puissance des bites avait toujours été fondamentale pour moi. Et c'était moins la taille ou la grosseur de cet organe qui comptait que son élasticité. J'avais compris assez tôt qu'il n'y a que celles de cette race si spécifique qui peuvent réveiller la méduse qui sommeille au fond de nos abîmes et dont la fonction est de nous avaler tout entières. Non seulement la totalité de notre géographie mais aussi de notre biographie, de notre mémoire, de notre condition humaine. Nous remercions alors Dieu qui n'existe que pour être le réceptacle de la reconnaissance que nous ressentons. Tandis que les hommes qui n'ont pas le pouvoir de la réveiller ne nous procurent que des jouissances limitées, celles qui viennent du clitoris qui ne nous permettent pas d'accoucher de Dieu, mais juste d'adoucir l'aridité générale de la vie humaine. On le lèche, on le frotte et nous sommes englouties pendant quelques secondes et d'une manière très superficielle.
Tout le monde sait que la mère d'un enfant est celle qui l'aaccouché. Y a-t-il rien de plus naturel et de plus universel? Il suffit pourtant de franchir l'Atlantique ou d'aller à Londres pour constater que là-bas, on peut devenir mère sans avoir accouché ni adopté. Plus simplement, il suffit d'ouvrir le Code civil de 1804 pour découvrir que d'autres règles peuvent présider à la définition de la filiation: à l'époque, les enfants ne naissaient pas nécessairement du corps de leurs parents, mais de leur mariage. Or, depuis les années 1970, toutes les possibilités d'être mère sans accoucher sont punies systématiquement et l'accouchement, cet acte biologique, est devenu une véritable affaire d'État. Excluant du même coup de l'ordre de la filiation les femmes incapables de gestation ou ménopausées, les hommes célibataires et les couples homosexuels. Établissant surtout de nouvelles hiérarchies entre les filiations: non plus les légitimes et les illégitimes, mais les "vraies", qui ont pour elles les corps, et les "fausses", qui n'ont pour elles que la volonté, comme les filiations adoptives. Alors que l'empire du ventre triomphe et s'impose sous les fausses évidences du droit naturel, Marcela Iacub, à partir d'un travail d'archives neuf, prend la mesure des transformations intervenues depuis 1804, propose une critique originale de ce que nous prenons pour notre modernité familiale, et ouvre des voies nouvelles à l'imagination politique dans ces domaines si intimes qu'on en oublierait qu'ils ont une histoire, et donc un avenir.
Marcela Iacub est chercheuse, chroniqueuse à Libération et auteur de nombreux ouvrages dont Le crime était presque sexuel (Flammarion, 2003), Confessions d?une mangeuse de viande (Fayard, 2011) et Une société de violeurs? (Fayard, 2012).
Existe-t-il un pays où l'on peut tout dire sans encourir de sanctions judiciaires? Pour nous Européens. les Etats-Unis apparaissent comme cette terre promise où chacun est libre de s'exprimer sans entraves. Pourtant, en dépit de la puissance qu'y a acquise la liberté d'expression, on ne peut pas tout dire outre-Atlantique. Certes, dans le domaine des opinions politiques ou des questions dites d'intérêt général, les Américains se montrent les dignes héritiers des Lumières. Mais quand il s'agit de messages à contenu sexuel, ils se révèlent bien plus répressifs que les Européens: comment expliquer autrement qu'on puisse brûler la bannière étoilée mais qu'il soit interdit de prononcer le mot "fuck" à la télévision pendant les heures de grande écoute? A travers une analyse passionnante des arrêts de la Cour suprême, Marcela Iacub explique avec brio ce double phénomène de libéralisation absolue de la parole politique et de répression des messages à contenu sexuel. Elle montre que l'exclusion de ces derniers du débat démocratique, loin d'être un problème marginal, risque de mettre en péril l'édifice de cette précieuse liberté, car elle implique une redéfinition de ce que parler veut dire. En d'autres termes, le sort réservé à la pornographie engage moins la protection des mineurs ou des femmes que l'idée même que nos démocraties se font de la parole, et donc de l'étendue comme de la puissance du débat public.
Vous êtes-vous fait votre opinion à vous, rien qu'à vous, sur le mariage gay, le clonage, la domination masculine, la pornographie, le culte du corps, l'abus des substances chimiques, la montée de l'individualisme, l'invasion des trottoirs par les chiens, la téléréalité, et toutes ces choses si importantes et pourtant si diffuses qui font notre actualité? On comprendra que vous ayez du mal à prendre une position ferme sur la Constitution européenne ou sur la chute du dollar. On vous pardonnera même de confesser que vous n'arrivez pas vraiment à vous y intéresser. Mais enfin, quand on en vient à se demander quelle est la bonne et honnête manière de concevoir un enfant, ou comment un homme doit se comporter à l'égard d'une femme et réciproquement, il serait inimaginable que vous n'ayez pas déjà votre idée à vous. Et surtout ne soyez pas débonnaire. Il faut affirmer vos valeurs. Ne sont-elles pas celles qui vous conduisent dans votre vie quotidienne, celles qui vous permettent de vous considérer comme un brave type ou une chic fille? Vous n'allez pas, maintenant, faire semblant que vous ne comprenez rien à rien, que tout cela vous est aussi obscur que l'inflation et la géopolitique de la Chine. Ah, vous demandez-vous, mais dans quel monde sommes-nous donc tombés? ""
Résumé : Du temps de ses exploits sportifs, la presse comparait Thierry Rey à un chat. Et ce chat a bel et bien eu sept vies. Minimum. L'une de celles-ci, épisode traumatique, l'a décidé à raconter les autres, pour rassembler les pièces de son puzzle. Du judo - il fut champion d'Europe, champion du monde et champion olympique - aux plateaux de cinéma. Des grandes années Canal+ au Lagardère Paris Racing. Sa vie sentimentale l'entraînera, sous le septennat de Jacques Chirac, jusqu'aux portes de l'Elysée. Qu'il franchira plus tard en devenant conseiller sport du président Hollande. Après avoir fait campagne pour la candidature victorieuse de Paris aux JO de 2024, il a intégré son comité d'organisation. Des sphères qu'il réexplore sans nostalgie, mais non sans humour. Sept vies, mais portées par une détermination unique.
Né en 1889, Jean Cocteau était un artiste protéiforme et prolifique: graphiste, dessinateur, dramaturge, cinéaste et écrivain, proche de créateurs européens majeurs ? de Picasso à Coco Chanel en passant par Marcel Proust ?, il compte parmi les personnages qui ont influencé son époque. Mort en 1963, il est l?auteur, chez Stock, de La voix humaine, Orphée, Opium, Le grand écart, Le Potomak et Le coq et l?arlequin.
Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées.« Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : "inconnu". Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les "terroristes", interrogé. Puis ce sera l?engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l?en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille. Dans ce pays de vents et de landes, on ne parle pas du malheur. Des années après, j?irai, moi, à la recherche de cet homme qui fut mon grand-père. Comme à sa rencontre. Et ce que je ne trouverai pas, de la bouche des derniers témoins ou dans les registres des archives, je l?inventerai. Pour qu?il revive. » J.-L.C.Le grand livre que Jean-Luc Coatalem portait en lui.Notes Biographiques : Jean-Luc Coatalem, écrivain et rédacteur en chef adjoint à Géo, a publié notamment Je suis dans les mers du Sud (Grasset, 2001, prix des Deux-Magots), Le Gouverneur d?Antipodia (Le Dilettante, 2012, prix Nimier), Nouilles froides à Pyongyang (Grasset, 2013), et, chez Stock, Fortune de mer (2015) et Mes pas vont ailleurs (2017, prix Femina Essai).
Résumé : C'est à un mystère que s'attelle ici François Heisbourg, relatant le parcours de l'étrange baron Franz von Hoiningen. Cet officier allemand qui traverse deux guerres mondiales, s'engage spontanément dans le parti nazi, puis sauve des centaines de Juifs et de résistants ? dont le père de l'auteur?, qui s'évade d'Allemagne avec la Gestapo aux trousses après avoir été "mouillé" dans le complot contre Hitler, finit son odyssée dans les bras de sa femme au Luxembourg et disparaît de tous les écrans radar. Au point que ce récit aurait pu s'appeler "L'homme sans visage", tant il a été difficile de trouver une trace photographique de lui. Qui était-il ? Comment passe-t-on à un moment donné du mal au bien ? Quelle est l'alchimie de cette "banalité du bien" ?
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.
Résumé : Et vous, quel geste vous trahit ? Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; un verre qu'on tient à la main sans le boire...
Résumé : Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d'avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l'avenir. C'est sans compter qu'en 2010, la crise dont les médias s'inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l'entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d'optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu'elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves. A travers le portrait d'une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.