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Passage par Nadja
Lacôte-Destribats Christiane
GALILEE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782718609324
Nadja n'est pas seulement le récit célèbre d'une rencontre entre le poète et la jeune femme qui se donna à elle-même l'énigme du nom de Nadja, ni celui d'un échec de cet amour qui la conduisit au désastre. Sur ce point, le pathétique et le lyrisme n'instruisent pas. La rigueur clinique de Breton lui avait fait voir la fragilité de Nadja et il fut bouleversé - quoi qu'on en ait médit - par le déclenchement brutal de sa psychose. Il se savait partie prenante de ce ravage. Il avait éprouvé lui-même les dangers des expérimentations poétiques d'une écriture automatique surgie de l'inconscient dans Les Champs magnétiques. Mais n'est pas fou qui veut. Au contraire, il y trouva le lieu exact mais aride où la poésie ne transgresse pas seulement des significations déjà là, mais invente la production même du sens. C'était le lieu où Nadja ne pouvait se tenir, mais où elle tentait l'impossible sans pouvoir le forcer par l'écriture. Ses lettres touchantes se brodent sur le canevas périlleux des textes que Breton lui fait lire, mais lui font comprendre à quel point elle est perdue. Nadja est le récit du passage par une radicalité qu'il élabore du même coup, car elle n'est pas donnée, sur ce qui peut faire sens dans le langage et dans le monde. Cela ne laisse intactes ni l'écriture de Breton ni la lecture de ceux qui ont enfin décidé que le surréalisme est autre chose qu'un bric-à-brac muséal, imaginaire, énigmatique et séducteur.
Dissez Nicolas ; Lacôte-Destribats Christiane ; Po
Les psychoses, quoi de neuf ? Freud écrivit que la théorie est à la remorque de l'expérience. Pour les névroses, la théorie a aujourd'hui une valeur diagnostique et prédictive bien établie. Les psychoses, en revanche, ouvrent toujours un vaste champ à la recherche. La clinique reste ici la boussole, à commencer par les grandes observations des psychiatres classiques. Ils nous apprennent qu'il y a de grandes différences entre les délires linéaires (les paranoïas, la mélancolie et la manie) et les délires schizophréniques qui s'éparpillent de manière concentrique. Autre chose encore est l'automatisme mental. Il y a, de plus, des degrés du délire, et des différences d'intensité (la plupart des psychanalystes ont des psychotiques de basse intensité sur leurs divans). Enfin, il faut distinguer les psychoses qui surmontent leur passivation grâce à des "contre-délires" parfois géniaux, de celles qui sont réduites à une objectivation asilaire. En dépit de ces différences, les cliniciens s'accordent sur le terme de "psychose" pour désigner l'ensemble de ces manifestations. La célèbre "métaphore paternelle" de Lacan n'en est probablement qu'une présentation. Les psychoses restent donc un champ ouvert de grande importance. Elles ont d'ailleurs été une source d'inspiration pour Freud depuis ses débuts. Il a tiré de la parole schizophrénique une théorie du langage plus profonde que celle de Saussure. De même, il a entendu la leçon des paranoïas pour les projections délirantes, qui habitent aussi les névroses sous la forme d'un Wahn constant (comme il l'a écrit dans "La Gradiva"). Ce numéro de La clinique lacanienne a l'ambition de laisser ouvertes ces questions.
Bulat-Manenti Gorana ; Lacôte-Destribats Christian
La psychanalyse a été inventée sur la base du traitement des névroses et son indication s'est longtemps limitée au domaine de l'hystérie et des phobies. Elle s'est ensuite étendue au champ des psychoses et des perversions. C'est surtout dans le champ des psychoses que la question des phénomènes psychosomatiques se pose. Ceux-ci ne correspondent pas à un retour du refoulé, mais à une régression directe de l'angoisse sur le corps dans certaines circonstances symboliques. La définition conceptuelle exacte des phénomènes psychosomatiques reste jusqu'à aujourd'hui en débat, de même que leur traitement dans la cure.
Depuis 1982, Charles Melman s'attache à transmettre, à travers ses nombreux séminaires, une psychanalyse vivante à l'intention de ceux, analystes et analysants, qui osent aujourd'hui s'interroger sur la vérité de leur existence. À la suite de Lacan tout contre Freud (érès, 2017), ce volume représente la deuxième partie du séminaire qu'a tenu Charles Melman durant les quatre années, sous le titre Lecture raisonnée et critique des oeuvres de Freud et de Lacan. À partir des textes de Freud ou de Lacan (et de tant d'autres) qu'il cite, il analyse les événements du monde contemporain et surtout il interroge ces signifiants qu'on utilise abusivement en en ignorant le sel et qui semblent si évidents.
Qu'est-ce qu'un acte ? Telle est la question que ce numéro de la Clinique lacanienne aborde sur son envers : celui de l'inhibition. Pouvoir agir ! Les analysants y pensent à peine lorsqu'ils viennent à leurs premières séances. Ils sont cloués au sol par une pesante passivité qui les empêche d'avancer. Et c'est un fait qu'à peine commencent-ils à parler en leur nom, à dire "Je "" dans ce cabinet coupé du monde, de son bruit et de sa fureur, que l'envie d'agir les démange. L'acte de parler commande les autres actes et nombreux sont ceux qui rêvent aussitôt de trouver un travail, de rompre avec des situations angoissantes. de reprendre des études, de se marier, de divorcer, d'avoir un enfant... Il faut parfois les retenir, car de quoi s'agit-il, sinon du passage à l'acte du désir inconscient, auquel il manquait le mot de passe du " Je " pour se mettre en route ? Et qu'est-ce que le désir, sinon la répétition d'un passé traumatique qui, du fond de l'enfance, le confinait dans la passivité ? Ainsi, cette levée première de l'inhibition court-elle tout droit vers la répétition traumatique sur les rails de la névrose de transfert, avec comme point de butée les symptômes, qui sont la mémoire de ces traumatismes passés. Et, au fur et à mesure que les symptômes perdent leurs attaches avec l'enfance, le désir, c'est-à-dire toujours la répétition, reprend sa route, mais cette fois-ci au bénéfice du sujet. C'est l'heure de l'acte. Mais l'expérience montre que l'inhibition n'a pourtant pas rendu les armes. Après le symptôme, elle demande un soin spécifique... et un acte aussi !... Attention à l'inhibition de l'analyste !
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain: les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes ? envie, jalousie, haine, ressenti-ment le triomphe de l'injustice, le règne de la cri-tique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre... Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel: le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.
La publication d'un Carnet soviétique écrit lors d'un voyage effectué en URSS en 1983 est l'occasion de critiquer ce que je nomme la gauche bifide - l'une libérale, l'autre robespierriste -, au nom d'une autre gauche : celle de l'individualisme libertaire. Pour ce faire, il faut penser l'impensé de la gauche. Penser l'impensé de la gauche, est-ce vouloir la fin de la gauche ? C'est vouloir plutôt la fin de cette gauche bifide et promouvoir une gauche qui en est très exactement l'antipode : celle de l'individualisme libertaire, forte de singularités qui installent dans l'Histoire leur révolte et leur rébellion, leur insoumission véritable et leur indocilité concrète au nom de la liberté. Doline avait bien raison - c'était la leçon de sa Révolution inconnue qui fut mon livre de chevet lors de ce séjour en URSS, c'est son esprit libertaire qui m'a animé et m'anime encore jusqu'à cette heure où je vois les Gilets Jaunes mourir d'avoir été mordus par Macron puis étouffés par les anneaux constricteurs de Mélenchon.
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.