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Les comportements collectifs en France et dans l'Europe allemande. Historiographie, normes, prismes
Laborie Pierre ; Marcot François
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753539730
La question des comportements collectifs revient en permanence dans la plupart des débats ? et des controverses ? sur la France et les Français des années noires, très au-delà du cercle des spécialistes. Elle suscite des interrogations centrales sur la compréhension de la période et offre un miroir révélateur des difficultés posées par sa complexité. Pourtant, l'étude spécifique des comportements est un parent pauvre des travaux sur la France de Vichy et de l'Occupation, polarisée sur la résistance, la collaboration et les persécutions antisémites. Il en résulte que bien des analyses et des interprétations ne font qu'emprunter voire généraliser à partir des synthèses existantes, qui n'abordent que marginalement ces problèmes. Cet ouvrage entend faire un état des lieux, bousculer des stéréotypes et ouvrir des pistes de recherches sur ce champ encore largement ouvert, par une série d'articles et de tables-rondes réunissant des chercheurs français et étrangers, historiens pour la plupart, mais aussi sociologues et politistes. Ses chapitres proposent une réflexion épistémologique sur l'objet "comportements collectifs", des études de cas qui analysent les stratégies des comportements en régime d'oppression - incluant une approche comparatiste avec d'autres pays européens - et les représentations que s'en font différents acteurs à l'époque. Enfin, il réexamine, à l'aune des conduites collectives, les relations entre les Français et la Résistance, régulièrement avancées comme un marqueur significatif et un critère global d'évaluation de la période.
Résumé : Le chagrin et le venin, c'est ce qu'il reste aujourd'hui d'une vision de l'Occupation et de la Résistance qui s'est largement mise en place dans les années 1970, particulièrement avec le film de Marcel Ophuls, Le Chagrin et la Pitié. Depuis lors, la vision de la France occupée, à la télévision comme dans les ouvrages d'historiens reconnus, est celle d'un pays immobile, préoccupé dans sa grande majorité de durer, replié dans un attentisme marqué par l'opportunisme, des arrangements consentants, voire une indifférence coupable aux minorités persécutées, avec à ses marges deux minorités décrétées équivalentes, les résistants (confondus avec les seuls maquisards) et les collaborateurs. Etonnante vision qui fut dès la fin de la guerre forgée et propagée par les hussards en défense des collaborateurs traduits en justice. Pierre Laborie, l'un des meilleurs spécialistes de la France des années noires, retrace la genèse de cette vision dans un ouvrage qui se révèle être la réflexion la plus acérée sur la France occupée, les usages de plus en plus dominants qui sont faits de cette période et son instrumentalisation pour les besoins d'un présent tenaillé par l'immédiat.
Résumé : C'est avec un regard d'historien que Vichy se trouve ici revisité - mais d'historien spécialiste de l'opinion publique. L'originalité du livre tient d'abord à la méthode. Il s'attache non seulement à reconstituer et à décrire les aspects dominants du mouvement général des esprits au cours des " années noires ", mais il s'efforce, pour les expliquer, d'élucider les mécanismes qui commandent le fonctionnement de l'opinion. A cet effet, l'auteur s'appuie sur l'analyse des systèmes de représentations mentales à travers lesquels l'opinion appréhende la " réalité " des faits et l'interprète. C'est à partir de ces perceptions et des réseaux complexes de leur croisement que Pierre Laborie cherche à retrouver les facteurs multiples qui structurent en profondeur l'imaginaire social, qu'il cherche, au-delà des signes apparents, à discerner et à mettre en évidence les logiques de pensées qui, consciemment ou non, influencent les comportements et les font évoluer. " 40 millions de pétainistes " en 1940 ? A voir ! Un certain nombre d'idées reçues - dont celle d'un opportunisme sommaire calqué sur le déroulement des événements extérieurs - sont démontées dans cet ouvrage, qui est aussi un traité de méthode.
Il serait extravagant de prétendre appréhender le deuxième conflit mondial en l'espace d'un petit volume. L'objectif de cet ouvrage est autre. Les mots de 39-45 ici retenus ont été choisis parce qu'ils étaient eux-mêmes une histoire : ainsi de banalité du mal, maréchalisme, shoah ou zone grise. Il s'agit donc moins de parler des mots que de les faire parler, de les questionner à travers leurs emplois et leurs parcours. Dans tous les cas, on s'est efforcé de relier la démarche à une réflexion sur la fabrique de l'histoire, aux reconstructions de la mémoire et aux usages du passé. Les mots sont des armes, on sait qu'ils peuvent tuer. Mais la mort peut venir aussi du déni ou de l'absence de mots.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.