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Les mots qui s'en vont... 3
Labadie Jean-Michel
BAUDELAIRE
14,05 €
Épuisé
EAN :9791020351890
Grâce à l'Histoire, on se souvient qu'il fut bien difficile, pour les écrivains ayant connu la guerre, de reprendre l'écriture. Le mot ne semblait plus indispensable ; la beauté était trop lointaine. Lorsque la vie se fragilise et s'épuise avec l'âge, lorsque l'écart social se creuse et le corps s'alourdit, l'écriture rencontre une incertitude presque semblable, elle change en tout cas de nature. Chinant des mots qui traînent encore dans la rue et sur les pavés de sa mémoire, Jean-Michel Labadie en accepte l'aventure. Lorsque l'espace se réduit et le corps ralentit, il découvre que l'imagination, elle, peut alors se précipiter et s'affoler, que les sentiments pris de court échappent à toute mesure, au risque de la confusion. Surgissent alors des tableaux, des récits brefs, éclatés ; les rares personnages y sont anonymes, l'intrigue s'enfuit souvent, pendant que la fiction se faufile entre ambivalences, emmêlements et retournements. L'écriture d'un certain âge n'apprend ni ne se vend, elle éclabousse plutôt notre apparente lucidité d'une absence qui ne cesse d'approcher.
Lorsque l’on atteint un âge avancé, on croit pouvoir, quelques années durant, écrire, agir et penser comme avant, réaliser en prolongeant notre existence active. On voyage, presque comme on en avait l’habitude, on randonne avec les amis, on échange en buvant. Puis, au pied du monde qui va son rythme et s’en va progressivement, nos promenades peu à peu ralentissent entre des paysages qui paraissent de plus en plus reculés et lointains, et l’on finit par reposer sous l’auvent du passé, regardant, sans trop réfléchir et la tête étonnée, les vastes espaces que le corps a désertés et ne peut plus atteindre. Commence en soi l’humilité d’une différence que l’on a vraiment du mal à décrire et que l’on ne peut faire partager à son entourage. C’est que le "vieux" ne peut être uniquement un "soi défait". S’il vit certes dans un corps fragilisé et une pensée surprise, il devient surtout un être presque "ailleurs", déjà à demi étendu dans le sable rouge.
Comme de rares tessons surgis d'une fouille paléontologique, se tourner vers la petite enfance laisse croire à la découverte de pans entiers de culture et d'histoire de vie. Ce bricolage semble aider à comprendre l'existence. En réalité, ces restes sont souvent de simples éclats étranges et muets, perdus dans le sable et l'oubli. Cette archéologie de l'individu permet peu d'éclairer une origine trop fuyante ou de reconnaître une subjectivité première. L'auteur cherche ici à entrevoir l'émotion d'un non-savoir radical. En acceptant cet écho appauvri et en se saisissant de résidus d'un lointain vécu, il éprouve dans son corps tantôt une ancienne pulsation oubliée, tantôt l'odeur d'un vieux bois ciré... Comme un instant "?unifiant de soi-même?" ou un "?aujourd'hui d'avant?". A contre-courant de l'instantanéité et de la maîtrise triomphantes, cette expérience d'oubli et d'émotion, à travers la vieillesse, peut éveiller quelque humilité...
Résumé : " Notre époque est à la peur comme à la sécurité, au crime comme à la justice. Nombre de faits divers giflent notre quotidien ; nombre de crimes sordides encombrent les prétoires. Crimes odieux, crimes fous, rituels monstrueux en terres ordinaires. Chaque fois, on se persuade que le crime peut être déjoué, que les criminels, tôt ou tard, finissent par être punis. Mais est-il si aisé d'établir un portrait type du criminel et de répondre au trouble qu'il génère dans le corps social ? " J.-M. L. Cerner la mentalité de " l'homme qui tue " : telle est l'ambition de Jean-Michel Labadie, qui s'appuie sur l'analyse du discours institué sur le crime et confronte les points de vue de la justice, de la science et des criminels eux-mêmes, qu'il a longuement côtoyés pour mener à bien sa réflexion.
Résumé : La clinique de la psychothérapie institutionnelle s'est construite autour du traitement de la psychose schizophrénique. Fidèle au voeu de Freud, cette pratique permet de traiter psychanalytiquement, en établissement, des patients difficilement accessibles à la cure-type. Nous soutenons l'idée que ce mouvement ne peut se comprendre, historiquement, cliniquement et théoriquement qu'à partir du concept de double aliénation. Il nous paraît dès lors nécessaire, dans une perspective de prise en charge psychanalytique de la schizophrénie, de contribuer à la restauration de cet ancien concept d'aliénation. Dans la lignée de Tosquelles et Oury, la psychothérapie institutionnelle s'est développée tant en réaction à l'aliénation politique des années 1940 que pour subvertir l'aliénation asilaire. Son but est de transformer un établissement de soin en une institution capable de recevoir le transfert dissocié du sujet psychotique. Son paradigme propose ainsi que le traitement de l'aliénation sociale du lieu de soin soit le préalable indispensable à la prise en charge psychanalytique de l'aliénation psychopathologique psychotique. Dès lors, une cinquantaine de concepts seront créés pour analyser et traiter ces deux aliénations dont soufre le sujet schizophrène. La manière dont le concept d'aliénation a été remis en jeu et bouleversé par l'expérience clinique de la psychothérapie institutionnelle demande de repenser l'articulation des processus structurants de la psyché et du social. En retraçant épistémologiquement son histoire, nous nous apercevons que l'aliénation ne désigne plus uniquement la perte de soi dans un autre extérieur mais également l'intériorisation des figures extérieures et anciennes de cet autre. Cette perspective soulève les questions de l'antériorité dans la dimension psychique et de ses rapports, notamment dans la psychose, avec le Dehors. Notre recherche se construit ainsi sur trois axes : une histoire de la psychothérapie institutionnelle comme mouvement traitant la psychose à partir du concept d'aliénation, le repérage des concepts théoriques développés par cette pratique pour prendre en charge la psychopathologie du sujet schizophrène et, enfin, une lecture épistémologique du concept d'aliénation, organisée selon un triptyque extériorité-intériorité-antériorité, qui nous permet de proposer le concept de on comme étant une figure intériorisée de l'histoire qui ferait défaut dans la psychose.
Résumé : Peut-il y avoir une vie quotidienne, une vie légère, pendant que la guerre brûle et défigure tout autour de soi ? Comment l'homme use-t-il de tous ses talents lorsque rôdent la faim, le marasme et la misère ? La fougue que le témoin-conteur a mise dans les récits qu'il a faits à l'auteur et la passion qui faisait briller son regard tandis qu'il parlait, prouvent bien que oui et qu'il est possible de survivre, même dans les cas les plus critiques. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Max le fraudeur des rives de l'Escaut, pisteur de lièvres, piégeur d'anguilles et de brochets et... Bête noire des douaniers, a certes souvent côtoyé le danger dans ses périples nocturnes. Mais il a surtout fait l'expérience d'amitiés sincères et vécu ses premières amours. Avant toute chose, il a su garder son sens de l'humour et son appétit de vivre. En égrenant ses souvenirs, Max le passeur de tabac prohibé, le braconnier de plaine et d'eau douce, la bête noire des douaniers et gardes de tous bords, redonne vie à ses prouesses de fraudeur. Jeune homme intrépide, un brin anarchiste, il n'hésitait pas à entreprendre les expéditions les plus folles... La lecture des tableaux de Max permet de découvrir la vie des petites gens dans un coin de campagne, épargné par l'épouvantable laminoir de l'Histoire. Et de participer à une aventure passionnante.
Qui n'a jamais rêvé de voyager dans le temps pour participer à des événements majeurs ou changer le cours des choses ? L'incroyable aventure de la mission Morestin est une plongée dans l'océan du temps pour découvrir un monde qui fut et un autre qui aurait pu être, si l'archiduc d'Autriche François-Ferdinand n'avait pas été assassiné le 28 juin 1914 à Sarajevo. Je vois d'étranges similitudes entre notre monde et l'Europe en 1914. Saurons-nous tirer profit des leçons de l'Histoire ?
Amoureuse, désespérée, révoltée... Du haut de ses 26 ans, Gwenaëlle Glénat-Llorca est toutes les femmes à la fois. A travers des mots bruts, précis et directs, elle brosse une galerie de personnages et de situations d'une implacable authenticité. De la joie de porter un enfant à l'injustice de perdre un proche, il y a toute la palette des émotions d'une jeune femme bien décidée à ne pas gommer ses imperfections, ses contradictions, ses états d'âme. A gratter où ça fait mal, à frotter où ça fait du bien. Et tant pis si ça ne plaît pas à tout le monde.