Il n'existe pas de conscience de classe sil n'existe pas de haine de classe. Cette expression est tellement démodée, tellement désuète, que c'est précisément pour cela qu'elle mérite que je m'y arrête un moment. Il est déplorable que quatre-vingt-dix-huit pour cent, si on veut faire preuve d'optimisme, des gens qui habitent cette planète n'aient pas de conscience de classe, et soient en réalité des prolétaires, ou des sous-prolétaires, ce qui est encore plus terrible et dangereux". Aujourd'hui plus que jamais, le culte du nouveau s'applique aussi au champ du savoir et l'information s'automutile de tout ce qui la précède. Victime elle aussi de l'obsolescence typique du savoir-marchandise, une expression si incommodante, dangereuse et actuelle que celle de u lutte des classes s a sombré dans l'oubli. A travers un langage captivant et provoquant, Sanguineti revient donc nous parler de nouveau prolétariat, nous propose un guide en trompe-l'oeil d'adhésion au matérialisme historique et, en revendiquant l'incroyable actualité de la pensée marxiste, nous invite à relire ta conscience de classe comme un hymne à la connaissance.
Paz Octavio ; Roubaud Jacques ; Sanguineti Edoardo
Résumé : Le renga est une forme poétique collective qui fut en extrême faveur au Japon où elle se développa entre le VIIIe et le XVe siècle. Au mois d'avril 1969, quatre poètes se réunirent à Paris pendant une semaine : le Mexicain Octavio Paz, l'Italien Eduardo Sanguinetti, l'Anglais Charles Tomlison et le Français Jacques Roubaud. Le premier renga occidental venait de naître. Le résultat est passionnant. La rencontre d'une vieille tradition littéraire orientale et de quatre poètes modernes, ayant en commun le goût des formes strictes, des jeux combinatoires, a donné naissance à un grand poème moderne : quatre poètes, quatre langues européennes, une règle du jeu japonaise, et à la fin un seul texte, une seule voix à la quadruple résonance.
Résumé : Des amibes mutantes et communistes, des électrons pervers et immoraux, des bras tentaculaires aux capacités visionnaires et puis cette autre espèce étrange : les scientifiques de laboratoire. Les atomes, la lumière, l'espace-temps, l'univers entier sont bien plus queer que nous ne pouvons l'imaginer. En conjuguant physique quantique, sciences naturelles et sciences studies avec les théories féministes, Karen Barad bouleverse notre vision du réel, ainsi que les notions habituelles d'identité et de causalité , elle révèle le lien intime entre matière et signification, et offre un support empirique au déconstructionnisme. Il en résulte une véritable ode à Protée, une onto-épistemologie matérialiste et relationnelle... un projet vertigineux de philosophysique.
Résumé : Un manifeste érotico-insurrectionnel qui soustrait l'obscène au règne incontesté de la pornographie pour dessiner une voie poétique subversive, où la tendresse sans contrepartie et la violence de l'amour total nous rappellent que la révolte est intimement liée à notre corps et à notre sexualité. Une oeuvre erratique où poésie et invective philosophique se mêlent à une prose orgiaque pour démonter avec sensualité les pratiques qui nous accoutument à la gymnastique de l'obéissance.
Résumé : Si le bourdon fait partie du système reproducteur du trèfle, pourquoi ne ferions-nous pas partie du processus de croissance d'artefacts ? Un regard attentif aux mondes animaux révèle les mille et une manières dont la technique et le beau émergent du sensible. Mais qu'en est-il des relations sociales de production, de domination et d'exploitation ? Si celles-ci ne relèvent pas exclusivement de l'humain, que disent-elles de la manière dont on le devient ? En explorant les champs relationnels où se déploient les co-devenirs interspécifiques, ou en tissant des liens entre les dynamiques éthologiques, sociologiques et esthétiques, Ingold dissout les dichotomies cartésiennes nature-culture, humain-animal. Son anthropologie au-delà de l'humain est une véritable poétique de l'être-au-monde.