Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les belles de Halimunda
Kurniawan Eka ; Naveau Etienne
SABINE WESPIESE
27,00 €
Épuisé
EAN :9782848052281
C'est à Halimunda, petite ville imaginaire sur la côte sud de Java, que se situe l'époustouflant premier roman d'Eka Kurniawan, dont la critique internationale a beaucoup souligné la filiation avec l'oeuvre de Gabriel García Márquez : plongée épique dans l'histoire de l'Indonésie pendant la deuxième moitié du xxe siècle, il retrace le turbulent destin de trois générations de femmes et s'inscrit clairement dans une tradition de réalisme magique. Le livre s'ouvre au moment où Dewi Ayu, qui fut la prostituée la plus célèbre de la ville, sort de sa tombe vingt et un ans après sa mort. Couverte de son linceul, sa très longue chevelure flottant au vent, elle traverse Halimunda pour rentrer chez elle. Dans la véranda est assise une jeune fille d'une insoutenable laideur. Dewi Ayu comprend que son voeu a été exaucé : épouvantée par la succession de catastrophes que la beauté de ses trois filles aînées, aussi séduisantes que leur mère, avait valu à la ville, elle avait tout mis en oeuvre pour que la quatrième fût laide. La repoussante jeune femme ? la description de son physique laisse à l'écrivain l'occasion de déployer toute sa veine comique ? reçoit pourtant la nuit les visites d'un mystérieux prince charmant. L'identité du visiteur nocturne ? et la raison pour laquelle Dewi Ayu est revenue parmi les vivants ? finira par être révélée, à la faveur d'un long retour sur le passé rocambolesque de la courtisane et de sa descendance : indonésienne par sa mère et hollandaise par son père ? fils d'un riche propriétaire terrien ?, Dewi Ayu se retrouve orpheline à seize ans, au début de la deuxième guerre mondiale. Seule maîtresse du domaine, elle se met en tête d'épouser un homme naguère lié par un serment d'amour éternel à sa défunte grand-mère. Plutôt que de consommer cette union, l'époux malgré lui préfère se jeter du haut d'une colline ? il ne disparaît pas pour autant du roman. En 1942, à l'arrivée des Japonais, les civils européens sont parqués dans un camp, et les plus belles adolescentes expédiées dans un bordel pour gradés. Au moment où les Anglais libèrent la ville, Dewi Ayu ? qui a enduré ces épreuves la tête haute ? choisit de ne pas quitter l'Indonésie. Elle restera prostituée, ne se remariera jamais, et ses quatre filles naîtront de pères différents. Les années passent. A trente-cinq ans, elle accorde l'exclusivité de ses faveurs au nouveau chef de la pègre locale, l'invincible Mamane Gendeng. L'harmonie de la ville est perturbée quand un ancien partisan réclame à la fois Dewi Ayu et la main de sa fille aînée... En matière d'intrigues et de rebondissements, la destinée de ses séductrices de filles n'aura rien à envier à celle de leur mère. L'aînée deviendra la femme du partisan, nommé haut responsable militaire après l'indépendance ; la cadette se mariera avec l'amoureux transi de sa soeur, chef charismatique du parti communiste local ? qui survivra aux massacres de communistes de 1965 ; sa mère arrangera le mariage de la troisième, douze ans à peine, avec Mamane Gendeng le truand. Le destin ne cessera de s'acharner sur les trois filles à la beauté maudite, et sur leurs enfants. Au point que Dewi Ayu devra se lever de sa tombe pour y mettre bon ordre : Kurniawan n'hésite pas à convoquer les morts et les fantômes pour régler le compte des vivants. Et si, dans ce roman kaléidoscopique, il fait défiler comme au théâtre d'ombres ses multiples personnages en proie à leur destin individuel et collectif, jamais il ne lâche le fil de son intrigue. Dans une narration nourrie d'oralité et de légendes, il conduit au pas de charge son lecteur fasciné vers un dénouement digne des plus grandes tragédies.
Résumé : A Halimunda, Dewi Ayu, la prostituée la plus célèbre de la ville, sort de sa tombe vingt et un ans après sa mort. Chez elle l'attend la quatrième de ses filles, d'une insoutenable laideur. Le voeu de Dewi a été exaucé, mais la malédiction liée à la beauté ravageuse de ses filles aînées s'achèvera-t-elle enfin ? Cette tragédie de la vengeance se déploie sur fond d'histoire indonésienne, depuis la fin de l'occupation néerlandaise et la difficile conquête de l'indépendance, jusqu'aux massacres des communistes en 1965 et à la dictature de Soeharto. Un premier roman impressionnant qui inscrit le jeune Eka Kurniawan parmi les grandes voix de la littérature mondiale.
Aronofsky Darren ; Handel Ari ; Kurniawan Ronald ;
Résumé : Une aventure extraordinaire pour affronter ses monstres, par Darren Aronofsky, maître du récit fantastique ! La vie d'Eric King, douze ans, a été détruite par une tornade : le parc d'attractions familial est en ruine, ses parents se déchirent et toute la ville est menacée par des promoteurs. Pourtant, le jour où il découvre un mystérieux flacon d'encre oublié au fond d'un placard, Eric pense avoir trouvé la solution à tous ces problèmes. Car l'encre possède un incroyable pouvoir : celui d'insuffler la vie aux monstres qu'il dessine... Epaulés par leurs fantastiques nouveaux alliés, Eric et ses amis pourront-ils sauver leur ville ?
Résumé : Quand les autorités demandent au doux Margio pourquoi il a sauvagement assassiné le vieil Anwar Sadat, il répond : "Ce n'est pas moi, il y a un tigre dans mon corps". Rien ne laissait présager une fin si violente pour Anwar Sadat : il vivait aux crochets de son épouse et passait son temps à regarder des matches de football et courir les femmes. Avant que le père de Margio ne se décide à exercer en ville son métier de coiffeur, sa famille vivait à la campagne. L'arrivée dans la maison des faubourgs marque pour Nuraeni, la mère de Margio, le début de la désillusion. Et, pour Margio, celui de la révolte. Une enquête familiale dans les faubourgs, un roman hypnotique avec en toile de fond la nature indonésienne, céleste.
Quand, à la fin du premier chapitre de ce roman impeccablement construit, les autorités interrogent le jeune Margio, de toute évidence coupable du meurtre d'Anwar Sadat, sur les raisons pour lesquelles il a sauvagement assassiné ce notable, il répond : "Ce n'est pas moi, il y a un tigre dans mon corps." Ce tigre, "blanc comme un cygne, cruel comme un chien féroce", lui vient de son grand-père. Margio sait bien que l'animal n'est pas réellement un être vivant. Et si, à diverses occasions, il l'a senti pénétrer dans son corps, il a toujours tenté de le réfréner. Personnage à part entière de ce drame qui plonge ses racines dans les croyances animistes, le tigre ne jaillira qu'au moment où le jeune homme ne pourra plus contenir la colère qu'il réprime. Pour élucider les raisons du meurtre, Eka Kurniawan revient alors sur le passé de Margio et celui de sa famille. Rien en effet dans la vie de l'inoffensif Anwar Sadat ne laissait présager une fin aussi violente : peintre amateur, il vivait aux crochets de sa riche épouse, avec qui il avait eu trois filles, et employait ses heures d'oisiveté à jouer aux échecs, regarder des matches de football et courir les femmes. Avant que le père de Margio ne se décide à gagner sa vie en ville comme coiffeur et ne trouve pour sa petite famille une "vraie maison", les premières années se déroulent paisiblement au coeur de la campagne indonésienne, où Margio, sa petite soeur et ses parents habitent un hangar de stockage de noix de coco. Leur installation dans la "maison", "guère plus jolie qu'une étable hantée", marque pour Nuraeni, la mère de Margio, le début de la désillusion. Et, pour Margio, celui de la révolte. Au fil des années et de la mésentente entre ses parents, la colère va croître en lui, envahissant tout, comme les plantes que Nuraeni sème et cultive sur leur misérable lopin de terre. Leur foyer devient une jungle étouffante, à laquelle cette femme, encore jeune et belle, essaye d'échapper en allant effectuer des travaux domestiques chez d'autres. Notamment dans la demeure d'Anwar Sadat... Dès lors se nouent les fils de la tragédie qui va irrémédiablement lier la destinée des deux familles, et provoquer le surgissement du tigre blanc.
Dans la chaleur de l?été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l?Irlanderurale. Bien qu?elle ait pour tout bagage les vêtements qu?elle porte, son séjour chez les Kinsella,des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s?agit de lasoulager jusqu?à l?arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes. Livrée à elle-même au milieu d?adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui pourtant l?entourent de leur bienveillance. Pour elle qui n?a connu que l?indifférence de ses parents dans une fratrie nombreuse, la vie prend une nouvelle dimension. Elle apprend à jouir du temps et de l?espace, et s?épanouit dans l?affection de cette nouvelle famille qui semble ne pas avoir de secrets. Certains détails malgré tout l?intriguent: les habits dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle, l?attitude de Mrs Kinsella lors de leurs rares sorties à la ville voisine?
Dans cette ville du Michigan où elle est née, entre supermarché, autoroute et lycée, tout destine Amy à l'adolescence sans histoire d'une jeune Américaine type. Tel est bien le souhait de sa mère, juive polonaise venue sur ce continent tout neuf pour tenter de fuir le passé familial. Mais dans la maison de tôle de Veronica Lane, les fantômes ne se laissent pas oublier. Les nuits d'Amy sont hantées par d'horribles cauchemars, où ressurgissent étrangement les suppliciés de la Deuxième Guerre mondiale, comme aussi le visage de sa soeur aînée morte à la naissance. Ses jours eux sont habités par de sourdes obsessions, qui peu à peu se matérialisent dans une course contre la montre pour échapper à la malédiction familiale, dont le ciel toxique de Bay City se fait l'écho. Le roman détaille les jours cruciaux de 1979, pendant lesquels le destin de la narratrice va basculer: le 4 juillet, fête de l'Indépendance et jour de ses dix-huit ans, la maison de tôle prend feu. La famille entière part en fumée, dans un saisissant retour de l'histoire, laissant Amy face à son présent. Tout l'enjeu de ce livre puissant et inspiré est bien dans la volonté désespérée de son héroïne d'en finir avec le passé. Devenue pilote de ligne pour échapper enfin à la poussière et à la cendre, elle n'aura de cesse d'interroger le ciel serein et indifférent... Grand roman américain en ce qu'il ne cesse de croire possible l'avenir de ses personnages, Le Ciel de Bay City interroge avec une effrayante justesse la capacité d'un peuple à oublier son histoire.
Avec cette saga familiale qui se déploie sur près d'un siècle, Diane Meur confirme son formidable talent de romancière.En Galicie, terre rattachée à l'empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne, l'obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre noble et s'engage fiévreusement dans la lutte d'indépendance polonaise. Pour retracer son ascension puis sa décadence, l'auteur convoque une singulière narratrice : la maison elle-même qui, derrière sa façade blanche et son fronton néo-classique, épie ses habitants.Indiscrète et manipulatrice, elle attise les passions, entremêle les destins, guette l'écho des événements qui, des révolutions de 1848 aux tensions annonciatrices du désastre de 1914, font l'histoire de l'Europe. Elle est partout, entend tout, garde en elle toutes les ombres d'un passé qu'elle connaît mieux que les vivants. Mais les vivants ont sur elle un avantage qu'elle leur envie : leurs drames, leurs désirs et leur mobilité.Les femmes surtout la fascinent. Condamnées comme elle à la réclusion dans la sphère domestique, elles sont réduites, de mère en fille et de tante en nièce, à attendre l'amour en scrutant l'horizon.Mais l'horizon, c'est toujours la plaine, les champs, le clocher de la petite église uniate. Les arbres poussent, les vies se nouent et on dirait que rien ne change? Rien ne change, vraiment ? Pourtant, voilà qu'on se trouve au seuil du XXe siècle avec l'impression d'en avoir déjà entrevu les exodes, les cassures et les embrasements.Une jeune femme, enfin, réussira à s'en aller?DIANE MEUR, traductrice et romancière, est née à Bruxelles en 1970 et vit à Paris depuis vingt ans. Dans ce livre, où la maîtrise narrative le dispute à une fantaisie hantée, elle renoue avec la veine historique de son premier roman, La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même (Sabine Wespieser éditeur, 2002) qui lui valut un accueil critique et public très favorable.
Résumé : Girl est un roman sidérant, qui se lit d'un souffle et laisse pantois. Ecrivant à la première personne, Edna O'Brien se met littéralement dans la peau d'une adolescente enlevée par Boko Haram. Depuis l'irruption d'hommes en armes dans l'enceinte de l'école, on vit avec elle son rapt, en compagnie de ses camarades de classe ; la traversée de la jungle en camion, sans autre échappatoire que la mort pour qui veut tenter de sauter à terre ; l'arrivée dans le camp, avec obligation de revêtir uniforme et hijab. La faim, la terreur, le désarroi et la perte des repères sont le lot quotidien de ces très jeunes filles qui, face aux imprécations de leurs ravisseurs, finissent par oublier jusqu'au son de leurs propres prières. Mais le plus difficile commence quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s'évader, avec l'enfant qu'elle a eu d'un de ses bourreaux. Après des jours de marche, un parcours administratif harassant lors de son arrivée en ville, celle qui a enfin pu rejoindre son village et les siens se retrouve en butte à leur suspicion et à l'hostilité de sa propre mère. Victime, elle est devenue coupable d'avoir introduit dans leur descendance un être au sang souillé par celui de l'ennemi. Ecrit dans l'urgence et la fièvre, Girl bouleverse par son rythme et sa fureur à dire, une fois encore, le destin des femmes bafouées. Dans son obstination à survivre et son inaltérable confiance en la possible rédemption du coeur humain, l'héroïne de ce très grand roman s'inscrit dans la lignée des figures féminines nourries par l'expérience de la jeune Edna O'Brien, mise au ban de son pays alors qu'elle avait à peine trente ans. Devenue un des plus grands écrivains de ce siècle, elle nous offre un livre d'une sombre splendeur avec, malgré tout, au bout du tunnel, la tendresse et la beauté pour viatiques.
Omote et ura, l'endroit et l'envers, sont deux notions à la fois contraires et complémentaires dont la langue japonaise fait un large usage en acceptant leur coexistence contradictoire. L'endroit et l'envers, cela peut être le visage, qui révèle ou masque l'esprit, cela peut être la parole qui traduit ou travestit la pensée.Doi Takeo, célèbre psychiatre et psychanalyste, interroge les structures particulières de la langue pour cerner le double visage de l'identité japonaise, fondée sur le goût pour l'ambivalence, la contradiction, le secret.Il puise ses exemples dans la littérature, convoquant Sôseki comme Shakespeare, Andersen ou Orwell à l'appui de ses idées. Car cet essai est aussi la rêverie littéraire d'un humaniste romantique.4e de couverture : Omote et ura, l'endroit et l'envers, sont deux notions à la fois contraires et complémentaires dont la langue japonaise fait un large usage en acceptant leur coexistence contradictoire. L'endroit et l'envers, cela peut être le visage, qui révèle ou masque l'esprit, cela peut être la parole qui traduit ou travestit la pensée.Doi Takeo, célèbre psychiatre et psychanalyste, interroge les structures particulières de la langue pour cerner le double visage de l'identité japonaise, fondée sur le goût pour l'ambivalence, la contradiction, le secret.Il puise ses exemples dans la littérature, convoquant Sôseki comme Shakespeare, Andersen ou Orwell à l'appui de ses idées. Car cet essai est aussi la rêverie littéraire d'un humaniste romantique.
Résumé : Les nouvelles de ce recueil, qui mettront à mal bien des représentations convenues et bien des préjugés, nous renvoient une image à la fois subtile et violente de la réalité de l'Iran contemporain. Sans nulle complaisance populiste, elles décrivent, dans toute sa nudité, sa crudité, sa cruauté, la vie des pauvres de la société rurale, de ces malheureux qu'on dirait voués héréditairement à être écrasés sous la botte de féodaux et de potentats de village, et pour lesquels l'irruption de la modernité se traduit d'abord par un surcroît de corvées, de misère, de malheurs en chaîne. Malgré l'immense souffrance qui en forme la toile de fond, et dont la seule issue est presque immanquablement la folie ou la mort, les descriptions restent apparemment froides, comme d'anonymes constats, et le style ne se départit pas d'une neutralité calculée, d'une indéniable pudeur. Cette essentielle et volontaire sobriété, jointe à une grande vivacité d'écriture - qui ne craint pas la trivialité et ne gomme aucun aspect brutal ou sordide du réel -, confère à ces cinq nouvelles l'allure de documents sociaux et culturels. Elles révèlent un vrai talent littéraire et ne peuvent manquer de susciter, à la réflexion, Lille interrogation cri profondeur sur le poids écrasant des traditions et sur les séismes qui pourraient, qui ne sauraient manquer de bouleverser la société iranienne.
Le roman Le Petit Rêve, daté de 1916, a été publié la première fois en 1917. Il sera suivi d'un deuxième Petit Rêve publié en 1932. L'édition utilisée ici est celle de 1941 qui regroupe les deux parties du Petit Rêve. Le premier Petit Rêve est un voyage imaginaire autour du monde. Ces pérégrinations poétiques relèvent clairement d'une " utopie ", un pays où le progrès technique est entièrement au service de toute la population qui ne connaît ni la propriété privée ni la monnaie. Le deuxième Petit Rêve, plus proche des légendes merveilleuses contant les histoires d'immortels, fait constamment un va-et-vient entre le monde d'en haut et le monde d'en bas, le rêve et la réalité, l'ordre céleste et l'ordre humain. Ayant espéré obtenir des conseils des grands sages de tous les temps, depuis Confucius jusqu'à Jean-Jacques Rousseau en passant par l'illustre lettré vietnamien Nguyen Trai, l'auteur-rêveur se rend compte que c'est lui seul qui a le pouvoir de transformer le rêve en réalité, de bâtir un monde meilleur.
Ce livre a la beauté épurée de ces poèmes de moines bouddhistes qui vivaient reclus dans leurs huttes sous les pins des montagnes et la lumière de la lune. Bada Shanren fut l'un d'eux, lui ce prince des Ming né en 1626 et promis à une vie brillante, qui se réfugia dans un monastère quand la Chine tomba aux mains des envahisseurs mandchous. Esprit rebelle, il se fit passer pour fou pour éviter de servir la nouvelle dynastie et devint un maître du pinceau et de l'encre dans d'éblouissantes compositions qui semblent avoir été créées d'un seul souffle. Voici l'histoire de ce maître du "grand noir" qui acheva sa vie dans une cabane de pêcheur, à peindre ces créatures humbles que sont poissons, oiseaux, rochers et bambous, et voyait toute l'éternité dans une fleur de lotus.