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Kalevipoeg. Epopée nationale estonienne
Kreutzwald Friedrich-Reinhold ; Chalvin Antoine
GALLIMARD
29,50 €
Épuisé
EAN :9782070740925
Kalevipoeg est l'épopée nationale des Estoniens. Librement inspirée par le folklore, elle constitue l'équivalent estonien du Kalevala du grand voisin finlandais.La rédaction du Kalevipoeg débute au milieu du XIXe siècle. L'Estonie fait alors partie de l'Empire russe depuis plus d'un siècle, mais reste dominée par l'aristocratie d'origine allemande, installée dans ces régions baltiques depuis le XIIIe siècle. L'intérêt pour la culture estonienne et le développement d'une langue écrite à partir d'une tradition jusque-là largement orale se fait donc à l'instigation de quelques personnalités germano-baltes, désireuses de sensibiliser le peuple estonien à son histoire et à ses richesses culturelles. Le flambeau est vite repris par de jeunes Estoniens tel Kreutzwald, qui voient un intérêt tout à fait politique à ce travail : créer le ciment culturel et historique pour l'unité nationale des Estoniens et obtenir leur émancipation face à l'élite germanophone et à la domination russe.La réussite de la compilation, de légendes finlandaises, le fameux Kalevala, a un effet déterminant sur Kreutzwald, qui construit donc son travail sur les mêmes principes : rassembler, unifier, réécrire tous les matériaux folkloriques qui traitent de Kalevipoeg, « le fils de Kalev », une sorte de géant sympathique, comparable à Gargantua, qui livre un combat contre les forces maléfiques.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : Pour la première fois l'ensemble de l'oeuvre de Tchékhov est offerte au public français sous la forme ramassée de trois volumes de la Pléiade. Le premier tome comporte le Théâtre, traduit par Elsa Triolet, y compris le Platonov, ouvre de jeunesse étrange et touffue, récemment mise à jour, qui profile en un raccourci baroque tout l'univers théâtral du Tchékhov de la maturité. Le théâtre est suivi des Récits pour la période 1882-1886. C'est l'époque des débuts de Tchékhov ; elle est dominée par sa participation aux petites revues satiriques du temps et par la veine humoristique, mais, derrière la fantaisie pittoresque, pointent déjà l'émotion et l'acuité de l'oeuvre ultérieure.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Poésie lyrique - Poèmes narratifs - Prose - Essais autobiographiques - Le Docteur Jivago. Traduit du russe par Michel Aucouturier, Hélène Chatelain, Jean Durin, Gilles Gache, Benjamin Goriely, Hélène Henry, Jean-Claude Lanne, Anne Laurent, Françoise Lesourd, Martine Loridon, Ève Malleret, André Markowicz, Louis Martinez, Catherine Perrel, Valérie Posener, Jacqueline de Proyart, Andrée Robel, Satho Tchimichkian, Vardan Tchimichkian, Alain Thevenard, Laure Spindler-Troubetzkoy et Hélène Zamoyska. Édition de Michel Aucouturier.
Conrad Joseph ; Porée Marc ; Bordenave Henriette ;
Résumé : Octobre 1899. Joseph Conrad redoute la stérilité : "Il n'y a rien à montrer finalement. Rien ! Rien ! Rien !" Il se croit guetté par le néant, alors qu'il n'écrit que des chefs-d'oeuvre. Six mois plus tôt, Au coeur des ténèbres a commencé de paraître en revue ; la rédaction de Lord Jim sera achevée l'année suivante ; Typhon suit de près. De quoi Conrad se méfie-t-il donc ? Des "obscures impulsions" de l'imagination. "Je veux considérer la réalité comme une chose rude et rugueuse sur laquelle je promène mes doigts. Rien de plus". Il lutte pour rester à la surface, mais il a beau s'en défendre, les joyaux de son oeuvre viennent des profondeurs. Né en Ukraine polonaise, sous domination russe, puis "adopté par le génie de la langue" anglaise, Conrad sillonne les mers durant une vingtaine d'années. Il a trente-sept ans quand paraît son premier roman. Son oeuvre est impensable sans cette première vie passée à naviguer. Il s'est pourtant insurgé contre l'étiquette de "romancier de la mer" qu'on lui accolait. Ses navires sont surtout des dispositifs expérimentaux concentrant, dans un huis-clos en mouvement, les expériences humaines les plus aiguës. Fidèle au "plaisir de lire" , on objecterait à bon droit que Conrad est malgré tout un romancier d'aventures. Il est vrai que ses personnages sont tantôt confrontés à des tempêtes formidables, tantôt à une "immobilité mortelle" . ll leur arrive encore de trouver une mort brutale dans des contrées hostiles. Mais cela ne fait pas de l'oeuvre romanesque de Conrad un divertissement épique. Si l'héroïsme y est souvent introuvable, on y rencontre en revanche la trahison, l'enfer des âmes folles et l'impossible rachat. Sans oublier l'absurdité de la condition humaine. Au-delà de ses thèmes, la modernité de l'oeuvre de Conrad tient à l'extrême audace de la narration. Ses romans sont portés par des voix - celle de Marlow, bien sûr, mais ce n'est pas la seule -, et les récits sont savamment entrelacés, déjouant ainsi le piège des continuités arbitraires. Son oeuvre aussitôt traduite en France suscita l'engouement. Chose rare, La NRF lui consacre un numéro d'hommage quand, en 1924, il disparaît. L'année précédente, la même revue avait célébré Proust. Cest dire l'importance qu'avait déjà Conrad pour ses contemporains les plus avertis. Aujourd'hui plus que jamais, il est "l'un des nôtres" . Depuis Le Nègre du "Narcisse" (1897), manifeste artistique dont l'ambition est de pouvoir justifier son "existence à chaque ligne" , jusqu'au plus grand roman (ou "confession") de la dernière période, La Ligne d'ombre (1917), ce volume propose une traversée des trois décennies couvertes par son oeuvre. Chaque escale est indispensable. On regarde parfois vers la mer, parfois vers la terre, parfois dans les deux directions. L'intranquillité conradienne demeure inébranlable dans la tourmente. Bienheureux les lecteurs qui en feront leur boussole.
Résumé : Ce sont les récits des dix dernières années. Parmi eux, des oeuvres très développées, telles que La Salle n° 6, Trois années, etc., que gouverne toujours l'irrésistible simplicité tchékhovienne. Même lorsque se sent l'influence du théâtre - La Maison à Mezzanine aurait pu faire une excellente pièce, et le cinéma a "visualisé" sans peine La Dame au petit chien -, subsiste la règle d'or de la discrétion et de la vérité.