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Combattant de l'ombre. De la Résistance juive aux procès staliniens
Kott Jacques ; Fuks David
SYLLEPSE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782849503638
La vie de Jacques Kott est exemplaire de l?engagement de nombreux Juifs immigrés, pour beaucoup venus de Pologne en France dans l?entre-deux-guerres. L?auteur fut l?un des fondateurs de l?UJJ (Union de la jeunesse juive), la section « jeunes » de la MOI (« Main d?oeuvre immigrée» créée par le PCF) formée à Lyon à l?automne 1941 après la rupture du pacte pacte germano-soviétique. L?UJJ avait pour objectif d?organiser la lutte contre l?occupant en zone Sud: propagande, solidarité et sauvetage, sabotage et action armée. La direction de l?UJJ basée à Lyon étendait son activité jusqu?à Saint-Étienne. La plupart des jeunes rejoignirent en 1943, en région lyonnaise, le groupe « Carmagnole » construit sur le modèle du « groupe Manouchian » à Paris.Très rapidement investi de grandes responsabilités, Jacques Kott développa une intense activité et assuma notamment la direction de l?organe de presse clandestin de l?UJJ en langue française: Jeune Combat. Ses souvenirs restituent à soixante-dix années de distance le sens et la portée deson combat. Ils remontent tout autant le fil d?une histoire à la fois singulière et plurielle: celle des Juifs communistes, de la lutte antifasciste à la broyeuse stalinienne, qui conduisit Jacques Kott à rompre avec le PCF. Le récit de son enfance à Kalisz, en Pologne, et de son éveil à la politique et au militantisme au sein du mouvement de jeunesse sioniste socialiste Hachomer Hatzaïr sont des éclairages précieux pour prendre la mesure du destin de ce « héros ordinaire », homme de l?ombre, modeste et discret, à l?écart des cérémonies et récits de ceux demeurés dans l?orbite du Parti communiste français.
Le premier Etat allemand unifié voit le jour en 1871 sous la domination prussienne à l'issue de trois guerres. Mais l'histoire allemande du XIXe siècle est loin de se résumer à l'unité, au militarisme prussien et à la figure autoritaire de Bismarck. Au cours de ce siècle, l'Allemagne s'impose comme la première puissance économique européenne, elle est aussi le premier Etat social et un pays où intellectuels et artistes produisent des oeuvres qui font référence. Les conflits politiques et sociaux violents qui secouent [Allemagne sont autant de moments où s'inventent et s'établissent des formes spécifiques de démocratie politique et sociale. Cet ouvrage présente le contraste entre ces formes diverses de la modernité et la persistance d'antagonismes, voire de blocages hérités du passé. Ce décalage, entre les modernités sociales et culturelles d'un côté et le caractère traditionnel des structures de pouvoir de l'autre, a longtemps été perçu comme une spécificité allemande ; on pourrait y voir la source de la tragédie du nazisme. Cet ouvrage entend dépasser cette interprétation pessimiste et livrer une image plus colorée du XIXe siècle allemand qui est aussi une période d'irruption heureuse de la modernité.
Comme les autres pays socialistes, la RDA fut une dictature politique qui eut des ambitions totalitaires, mais il est impératif de comprendre comment cette dictature a fonctionné au quotidien et comment les gens y ont vécu. C'est à ces questions que cet ouvrage veut apporter une réponse en utilisant l'entreprise comme un observatoire privilégié de la société est-allemande. L'auteur souligne que dans l'entreprise, comme dans l'ensemble de la société, une domination et une surveillance de plus en plus rigoureuses coexistent avec une impuissance croissante et une disparition progressive du rapport au réel. C'est dans cet apparent paradoxe que s'affirme le communisme au quotidien. Il est fait d'arrangements locaux informels et de jeux avec les limites du pouvoir, de bricolages et d'ajustements. La dictature politique a finalement accouché d'un monde nouveau particulier, atomisé et communautaire, divisé et solidaire, qui en assure la stabilité, tandis que la dimension utopique a pu constituer un puissant vecteur de propagation et d'intériorisation des valeurs du régime et contribuer à l'émergence d'un " sujet " communiste.
Bismarck "démon des Allemands" ou "bon Européen"? Le premier chancelier allemand demeure, aujourd'hui encore, enfermé dans cette alternative radicale. Ce livre, qui s'ouvre sur la retraite politique de Bismarck, analyse comment un mythe est fabriqué autour de sa personnalité et pourquoi ce mythe devient un enjeu politique et social majeur dans une Allemagne fragilisée par des crises incessantes. La figure du héros national est construite, utilisée et détournée par les forces nationalistes, elle est combattue par les catholiques, les sociaux-démocrates et surtout les libéraux et elle est finalement récupérée puis abandonnée par les nazis. Cette instrumentalisation du personnage est au centre des débats dans l'Allemagne de l'après-guerre. Certains historiens soulignent que le mythe s'est emparé du personnage malgré lui. L'auteur considère cette objection en étudiant le monde social, les choix politiques et nationaux comme les pratiques de pouvoir du chancelier. Bismarck a-t-il été conservateur ou révolutionnaire? A-t-il été un dictateur ou un opportuniste? Enfin, a-t-il alimenté le nationalisme et l'antisémitisme racial de la fin du XIXe siècle ou en a-t-il retardé le développement? À travers les "facettes" de Bismarck, ce livre propose une réflexion sur l'Allemagne contemporaine.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.