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A LA RENCONTRE DE L EUROPE AU TRAVAIL
KOTT
PUB SORBONNE
28,01 €
Épuisé
EAN :9782859449155
Albert Thomas fut entre 1919 et 1932 le premier directeur du Bureau international du Travail. A ce titre il parcourut l'Europe de La Suède à la Grèce, du Portugal à La Pologne pour y rencontrer hommes politiques, responsables syndicaux et patrons, mais aussi de simples travailleurs. Ses récits de voyage dessinent à touches rapides des personnalités, des Lieux, des paysages, et sont parsemés de réflexions politiques riches et originales. Ils offrent le tableau d'une Europe complexe et inattendue, à l'image de l'homme qui la sillonne, de son parcours politique et professionnel et surtout de sa profonde conviction : il n'y a pas de paix durable sans justice sociale. Dans un moment où l'Europe traverse une crise profonde, cet ouvrage nous fait découvrir un des premiers penseurs et acteurs d'une Europe Sociale.
Sandrine Kott analyse la construction progressive de la législation du travail et de la protection sociale en Allemagne entre 1880 et 1920. Elle montre que la politique sociale en Allemagne, improprement appelée le "système bismarckien" , est le résultat d'interactions complexes entre des courants de pensée parfois contradictoires et le corps social. Dès la fin du XIXe siècle, les ouvriers et une partie des employés allemands sont pris en charge par un système d'assurances sociales. Cette politique sociale est un élément d'affirmation et de fierté nationale pour un pays encore en constitution. Sa précocité a fait de l'Allemagne un modèle, pour tous les pays décidés à s'engager dans la réforme sociale. Vue de France, la politique sociale allemande a souvent été analysée comme l'expression de l'autoritarisme prussien. En réalité, ce qu'on a improprement appelé le "système bismarckien" est le résultat d'interactions complexes entre des courants de pensée parfois contradictoires et le corps social. En effet, la politique sociale ne peut être analysée du seul point de vue de ceux qui la "fabriquent", elle est aussi construite par ceux qui l'"utilisent". C'est l'une des forces des politiques sociales allemandes que d'avoir pu autoriser, par des voies parfois détournées, ces interactions entre les représentations des concepteurs de la loi et les pratiques de ses utilisateurs. Cette réelle flexibilité contribue certainement à expliquer la pérennité du "modèle social allemand" par-delà les changements de régime du XXe siècle.
Bismarck "démon des Allemands" ou "bon Européen"? Le premier chancelier allemand demeure, aujourd'hui encore, enfermé dans cette alternative radicale. Ce livre, qui s'ouvre sur la retraite politique de Bismarck, analyse comment un mythe est fabriqué autour de sa personnalité et pourquoi ce mythe devient un enjeu politique et social majeur dans une Allemagne fragilisée par des crises incessantes. La figure du héros national est construite, utilisée et détournée par les forces nationalistes, elle est combattue par les catholiques, les sociaux-démocrates et surtout les libéraux et elle est finalement récupérée puis abandonnée par les nazis. Cette instrumentalisation du personnage est au centre des débats dans l'Allemagne de l'après-guerre. Certains historiens soulignent que le mythe s'est emparé du personnage malgré lui. L'auteur considère cette objection en étudiant le monde social, les choix politiques et nationaux comme les pratiques de pouvoir du chancelier. Bismarck a-t-il été conservateur ou révolutionnaire? A-t-il été un dictateur ou un opportuniste? Enfin, a-t-il alimenté le nationalisme et l'antisémitisme racial de la fin du XIXe siècle ou en a-t-il retardé le développement? À travers les "facettes" de Bismarck, ce livre propose une réflexion sur l'Allemagne contemporaine.
Le premier Etat allemand unifié voit le jour en 1871 sous la domination prussienne à l'issue de trois guerres. Mais l'histoire allemande du XIXe siècle est loin de se résumer à l'unité, au militarisme prussien et à la figure autoritaire de Bismarck. Au cours de ce siècle, l'Allemagne s'impose comme la première puissance économique européenne, elle est aussi le premier Etat social et un pays où intellectuels et artistes produisent des oeuvres qui font référence. Les conflits politiques et sociaux violents qui secouent [Allemagne sont autant de moments où s'inventent et s'établissent des formes spécifiques de démocratie politique et sociale. Cet ouvrage présente le contraste entre ces formes diverses de la modernité et la persistance d'antagonismes, voire de blocages hérités du passé. Ce décalage, entre les modernités sociales et culturelles d'un côté et le caractère traditionnel des structures de pouvoir de l'autre, a longtemps été perçu comme une spécificité allemande ; on pourrait y voir la source de la tragédie du nazisme. Cet ouvrage entend dépasser cette interprétation pessimiste et livrer une image plus colorée du XIXe siècle allemand qui est aussi une période d'irruption heureuse de la modernité.
Depuis la chute du mur de Berlin, on a un peu oublié comment vivaient les femmes et les hommes dans les pays dirigés par les partis communistes et communément appelés du "socialisme réel". Ce numéro, qui offre des contributions sur l'URSS, la Mongolie, divers Etats d'Europe de l'Est après 1945, la Chine et Cuba, tente de répondre à deux questions : comment et jusqu'où le socialisme, porteur d'une utopie égalitaire, a-t-il modifié les rapports de genre ? Qu'est-ce qu'une approche de genre fait comprendre du socialisme ?
Les désaccords philosophiques dont l'idée de liberté fait constamment l'objet ne font-ils pas signe, au-delà des querelles métaphysiques, vers la dynamique réelle de la liberté - et indissociablement de son idée - dans ses productions socio-historiques et, par conséquent, jusque dans ses négations ? Cet essai propose un travail généalogique autour du mot "liberté" : les significations successivement attribuées à ce concept sont essentiellement reliées à des expériences d'aliénation, dont elles constituent des projections en positif, idéalisées. Articulant histoire de la philosophie et philosophie sociale, Peggy Avez explore plusieurs configurations - la peur de l'exil dans l'Antiquité, la conception chrétienne de l'homme endetté, la crainte asservissante d'autrui pour les modernes et la peur contemporaine de l'objectivation unilatérale chacune forgeant des significations de la liberté comme autochtonie, rédemption, sécurité et réinsertion du sens. De la "dialectique négative" de l'idée de liberté - ce dont les idéaux de liberté veulent émanciper l'homme constitue ce qui le conduit à s'aliéner - à la dialectique de la praxis - dans laquelle l'idée de liberté devient mythe et mobilise des mécanismes psychologiques à la faveur desquels l'aspiration à l'émancipation se mue en désir d'adaptation et d'obéissance -, l'auteure suit comme fil directeur l'histoire de la philosophie, qui fournit des éléments fondamentaux non seulement pour réveiller les sens du terme "liberté", confusément sédimentés dans notre usage discursif, mais aussi pour comprendre le rôle essentiel de Vidée de liberté dans l'imaginaire social.
Résumé : La différence sexuelle de l'homme et de la femme est-elle un fait physiologique ou un effet des normes sociales ? En 1990, dans Trouble dans le genre, Judith Butler soutient que la catégorie de " sexe " ne décrit pas la différence naturelle de l'homme et de la femme mais la produit, par la répétition des normes du genre que nos discours et nos pratiques sociales véhiculent sans cesse. Pour déconstruire ces catégories naturalisantes d'homme et de femme, Butler inscrit sa critique du sexisme dans une critique globale de l'hétéro-sexisme, c'est-à dire de l'injonction sociale à l'hétérosexualité obligatoire. Trouble dans la matière part du contexte polémique de la réception de Butler en France, dans les cercles où l'on reproche aux études de genre de semer le trouble dans la lutte des classes. L'ouvrage entreprend de mettre en lumière la dimension matérialiste de la thèse butlerienne de la construction discursive du sexe, mais aussi d'interroger, en retour, la fécondité de son analyse du pouvoir des mots pour la critique sociale d'inspiration marxiste. L'exploration de la postérité inédite de Marx qui se dessine entre Althusser et Foucault, au prisme de l'épistémologie de Canguilhem, fait de la construction du " sexe " le point de départ d'une réflexion générale sur la production de la réalité sociale par les discours qui la ressaisissent. L'ouvrage envisage ainsi de penser la matérialité discursive de l'existence sociale, c'est-à-dire la manière dont le discours, esquissant les contours des sujets et des objets qu'il nomme, les constitue socialement comme tels. Il vise, à partir du problème de la construction discursive du sexe, à proposer des éléments pour une épistémologie matérialiste qui considère le pouvoir du discours de produire et de transformer la réalité sociale, et non simplement de la décrire ou de la refléter.