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Je ne sais pas dessiner
Konopnicki Guy
LE CONDOTTIERE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782487468429
... Je suis inapte au dessin. N'ayant que les mots, j'ai vécu de papier imprimé et j'ai passé ma vie en compagnie de dessinateurs et d'artistes. De cette incapacité, j'avais conçu un récit de dérision, qu'un merveilleux artiste, Tignous, devait illustrer. Et l'impensable est survenu, le 7 janvier 2015, Tignous a été assassiné, avec la rédaction de Charlie Hebdo. Ce crime scellait la fin d'une fabuleuse aventure, celle de la dernière génération du papier, qui bousculait les dogmes et mêlait avec insolence le texte et le dessin, l'art et la politique. Le 7 janvier 2015, je suis devenu un survivant, mes amis sont tombés au combat, comme jadis ceux de mes parents. J'essaye d'écrire encore, de restituer l'histoire que j'ai vécue, avant qu'un tourbillon de mensonges l'emporte. Je n'ai que des mots, hélas, j'aimerais tant laisser quelques croquis...
Cet essai est né d'une nausée: celle qui a saisi Guy Konopnicki à la lecture du dernier livre de Renaud Camus. Il y a senti, à l'instinct, tout le fumet d'une France moisie"et éternellement pétainiste. Dans ce pamphlet corrosif, Guy Konopnicki fustige les tenants d'une France prétendûment ouverte et progressiste, se réclamant à tout instant de la République. Masques glorieux et mensongers que cette idéologie de la res publica, affirme Konopnicki qui dévoile sous ces beaux propos une France figée, conservatrice et xénophobe. L'auteur s'attaque ainsi au mythe toujours persistant de la IIIe République, il rappelle les compromis d'une certaine France, soi-disant de gauche, en réalité patriotique et réactionnaire, qui ne sut offrir au monde qu'un modèle de démocratie bourgeoise bradant ses propres principes humanistes. De Pasqua à Régis Debray, ses cibles ne manquent pas... S'en prenant à la France d'aujourd'hui avec tout autant de virulence, l'auteur met à mal le progrès dont se targue notre pays et stigmatise l'hypocrisie d'une France dont"l'exception"peut inspirer de légitimes inquiétudes."
Voici les tribulations drolatiques et politiques du bon Joseph Kaplan - ainsi prénommé en souvenir de Staline par des parents militants. Après avoir gravi tous les échelons du "Parti" dans les années 50, après avoir ambitionné de devenir "un petit Staline français", Joseph s'éprend soudain, et contre toute sa "culture de classe", d'une jeune fille un peu prostituée de luxe, un peu intello-idéologiquement suspecte. Elle l'entraîne dans des palaces, loin de ses bases militantes, et pour le bon Joseph ce sera une véritable déniaiserie idéologique plus encore que sentimentale ou sexuelle (quoique...) Guy Konopnicki a voulu aborder, sur un mode qui reste toujours celui de la plaisanterie et de l'autodérision, des sujets extrêmement graves comme ceux de la déstalinisation des esprits et de la démarxisation du monde. Au passage ressuscite tout un monde de petites gens pittoresques, immigrés, juifs, anciens résistants, futurs ex-communistes...
Résumé : " La fourrure est aujourd'hui considérée comme un crime. Le seul fait de la porter passe pour un attentat contre de pauvres bêtes. Cette parure sensuelle devient un signe extérieur d'infamie, la marque d'une insupportable cruauté. Elles nous seraient interdites à jamais, ces cascades de pelages, ces débauches de couleurs dans l'infinie diversité des bruns, des ocres, des gris et des dégradés du noir au blanc ? De l'esprit bourgeois, il nous restera le pire, qui nous condamne à vivre dans le calcul mesquin ! Voici que l'on entend nous priver de ce qui rendait, le temps d'un soir, la bourgeoisie supportable : les bourgeoises et leur manière de confondre le luxe et le désir. Hier le bourgeois, même le petit, offrait une fourrure à sa femme : le néo-bourgeois d'aujourd'hui lui offre un ordinateur. Boris Vian ne se trompait pas, on ne fait plus sa cour en jetant fourrures et bijoux aux pieds de la dame, le cadeau de noces est une cuisine équipée avec le ratatine-ordures et la tourniquette à faire la vinaigrette. La réussite se mesure à la taille du congélateur. Elle est glaciale, cette fin de siècle. Ce n'est guère le moment de se passer de fourrure ! " G.K. Romancier ( Au nouveau chic ouvrier), essayiste, Guy Konopnicki est aussi conseiller régional d'Ile-de-France apparenté au groupe des Verts. Refuse de confondre écologie et pensée bête.
En 1776, dans le premier tome de son Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, Edward Gibbon identifiait dans une homélie de Grégoire de Nysse, donnée à Constantinople en 383, un témoignage exemplaire de la passion des masses chrétiennes pour les disputes théologiques à la fin de l'antiquité, une passion que l'historien anglais jugeait, avec causticité et scepticisme, futile et dangereuse. Il citait le prédicateur : "Des hommes nés d'hier et d'avant-hier, des gens dédiés à de viles activités, des théologiens improvisés qui dogmatisent, peut-être des esclaves qui ont subi le fouet et qui ont fui le travail servile, se piquent de philosopher sur des choses incompréhensibles. Vous n'ignorez nullement de qui je veux parler. Partout, la ville est remplie de telles gens, les rues, les places, les avenues, les quartiers, les tailleurs, les changeurs, les épiciers. Demandez qu'on vous change de la monnaie, on vous entretiendra de l'engendré et de l'inengendré. Enquérez-vous du prix du pain, on vous répondra que le Père est le plus grand, et que le Fils est intérieur. Informez-vous si le bain est prêt, on vous montrera que le Fils a été créé de rien" . Cet ouvrage entend, tout en abandonnant résolument le terrain de la polémique idéologique ou confessionnelle, recapturer l'intuition historiographique de Gibbon pour explorer, avec toutes les ressources des sciences historiques d'aujourd'hui, les ressorts de cette capacité reconnue et revendiquée de mobilisation de tant d'énergies intellectuelles (autant que physiques) pour la défense de convictions dogmatiques. Il s'agit de réexaminer les controverses doctrinales entre chrétiens dans l'antiquité tardive comme un phénomène de masse, et non pas seulement, à l'instar de maintes histoires des dogmes, comme un affrontement de lettrés. Jamais sans doute dans le monde antique, en tout cas à une aussi large échelle, des débats que les contemporains pouvaient considérer comme relevant souvent de la sphère philosophique, quelle que soit l'appréciation portée sur leur niveau ou leur qualité, n'ont été autant popularisés. A ce titre les controverses doctrinales entre chrétiens tiennent une place d'importance dans ce que le grand historien italien Santo Mazzarino (1916-1987) a proposé de dénommer "la démocratisation de la culture" dans l'antiquité tardive.
La Crise qui domine notre nouveau siècle a une origine précise, qui se situe au milieu des années 1970. Plus le temps a passé, plus il a fallu reconnaître qu'elle n'était ni économique, ni même politique, mais bien culturelle. Publié en 1983, L'Entre-deux-Mai le montrait déjà, à partir du seul exemple français. Rempli de faits et de statistiques, cet ouvrage pionnier de Pascal Ory était le premier essai d'une vraie "histoire culturelle" de la France, entre Mai 1968 et Mai 1981. Le voici réédité aujourd'hui, remis en perspective par son auteur. Contemporains ou cadets de toute cette histoire, les lecteurs y entendront parler de Marguerite Duras ou de Philippe Sollers, oui, mais aussi de Pif Gadget ou du premier Marathon de Paris. Ils liront avec surprise la liste des nouveaux mots qui entrèrent dans le dictionnaire entre 1968 et 1981. Ils découvriront, même, ce moment étonnant où, en 1977, Paul Bocuse se métamorphosa en Michel Foucault. Sur la durée ils mesureront l'ampleur de l'échec politique de 68, comme celle de sa réussite anthropologique. Ils y verront, surtout, au final, s'inverser les tendances "progressistes" des Trente glorieuses : "La pièce par quoi le scandale arrive en 1968, s'appelle Paradise now, le film qu'on va voir en foule en 1979, Apocalypse now".
Andreï Gratchev est un "enfant du dégel" , l'un de ces Russes nés sous Staline mais dont la jeunesse se déroule alors que Khrouchtchev relâche la pression. Il évoque avec finesse ces années 1960, quand le rêve de modernisation bouillonnait sous la chape de la Guerre froide. Mais l'espoir d'offrir un contrepoids socialiste à la toute-puissance du capitalisme s'envole bientôt. Voici le temps de Brejnev, l'immobilisme des vieillards, la sclérose totale du Parti... Tout ce à quoi Mikhaïl Gorbatchev et ses proches opposeront leurs grandes espérances. Ce sera la Perestroïka. Avec des scènes dignes d'un roman, Andreï Gratchev s'impose à la fois comme témoin et lucide analyste de ce deuxième dégel. Son enquête se poursuit jusqu'aux crises d'aujourd'hui : comment penser le monde après la disparition des deux blocs ? Quelle alternative - respectueuse de l'homme et de la planète - offrir au capitalisme sauvage dont s'accommodent si parfaitement les régimes autoritaires postcommunistes et/ou nationalistes ? Sous ce récit vif, d'un humour subtil, couve la flamme jamais éteinte d'un grand idéal et d'un enthousiasme qu'aucun revers et aucune déception ne peuvent éteindre. Face à un monde qui se glace à nouveau, Andreï Gratchev appelle de ses voeux un troisième dégel.