Les recherches sur la maternité ont intégré les critiques des féministes sur "la maternité allétante" dans les années 1970 et la revisitent désormais à la lumière du "genre" et des constructions sociales. Expérience personnelle et intime, la maternité n'en est pas moins soumise aux contraintes culturelles, sociales, économiques et politiques qui entretiennent aujourd'hui encore les inégalités entre les sexes. L'aire méditerranéenne fournit un contexte de recherche exemplaire sur la maternité : du fait des différentes structures sociales et politiques qui la composent, des pratiques et représentations de la maternité très diverses et parfois antagonistes y coexistent et s'entremêlent. Convoquant l'ensemble des sciences humaines (histoire, philosophie, anthropologie, sociologie, démographie, économie, psychologie, psychanalyse, médecine, droit), sollicitant chercheurs et professionnels de différents pays (France, Espagne, Italie, Portugal, Algérie, Maroc, Tunisie), cet ouvrage privilégie trois thèmes : le corps maternel, les pratiques et les représentations des soins maternels, la conciliation travail-famille. Comment le refus d'enfanter est-il vécu et perçu au nord et au sud de la Méditerranée ? De quelle façon la médicalisation des soins maternels influence-t-elle les pratiques et les représentations ? Qu'en est-il des inégalités entre les femmes et les hommes dans la conciliation travail-famille ? Telles sont quelques-unes des questions abordées par les auteurs qui, par leurs analyses et témoignages, apportent de nouvelles pistes de réflexion et contribuent à la recherche de politiques adaptées.
Résumé : Que la femme fasse l'objet de recherches en sciences humaines comme de préoccupations politiques et sociales est une chose relativement récente ; c'en est une autre, et bien plus ancienne, de mettre la dimension maternelle au coeur de ces questions. C'est cet aspect encore peu exploré sur le plan sociologique que cet ouvrage éclaire, en s'attachant à dégager les grandes phases qui structurent l'évolution du statut et de la fonction de la mère ainsi que de l'image de la maternité, dans la société, dans la famille, mais aussi dans la conscience de chaque femme.
Qui gardera les enfants? Cette question s'adresse à toute la société. Aujourd'hui, l'écrasante majorité des mères qui travaillent ont beaucoup de peine à concilier leurs tâches professionnelles avec leurs responsabilités maternelles. La plupart n'osent pas se plaindre. Elles ont peur qu'on les oblige à choisir:"Si vous n'y arrivez pas, rentrez chez vous!"Leur silence arrange bien les pouvoirs en place. Je suis de celles qui ont refusé de"choisir". Mon refus inspire tout ce livre. Il relie mon expérience personnelle à l'histoire collective de plusieurs générations." Spécialiste de l'histoire des femmes, Yvonne Knibiehler s'est toujours engagée de manière subtile et particulière dans toutes les grandes causes du XXe siècle: le travail des femmes, les différences entre les sexes, la maternité, le féminisme, l'éducation, la citoyenneté, la décolonisation... Souvent à contre-courant de la pensée dominante, elle a montré en plein combat féministe que la maternité demeurait un enjeu central de l'identité féminine. Aujourd'hui, alors que de plus en plus de femmes sont incitées à rentrer dans leur foyer, elle dénonce la fatigue des mères.
C'est en historienne qu'Yvonne Knibiehler analyse ici la généalogie de la paternité en Europe occidentale : au gré des âges, les trois principales composantes de la puissance paternelle - fonction biologique de la reproduction ; fonction psychologique de la relation éducative ; fonction sociale de la transmission du patrimoine - s'articulent en effet de manière différente. Si la transmission des biens caractérise la paternité coutumière de la société de l'Ancien Régime, par-delà les différences d'ordre et de castes, l'amour paternel émerge à côté de l'autorité avec le tournant des Lumières - emblématisé par l'Emile -, qui marque le passage symbolique à la paternité individuelle. Progressivement mise en péril au cours du XIXè siècle, l'institution patriarcale doit composer de nos jours avec de nouveaux partenaires (féminisme, Etat et science) qui contribuent à la fragiliser et à la remodeler. Au fond, de la Médée d'Euripide à la fécondation in vitro, c'est toute l'histoire des rapports complexes entretenus par l'homme avec le petit d'homme qui est ici brillamment retracée. Professeur émérite à l'université de Provence, Yvonne Knibiehler est l'auteur de nombreux ouvrages, au nombre desquels on compte, en collaboration avec Catherine Fouquet, une célèbre Histoire des mères, du Moyen-âge à nos jours. (Montalba, 1982 et Hachette-Pluriel, 1982).
En période de sexualité triomphante, la virginité féminine a-t-elle vraiment perdu toute signification et toute valeur? Ou bien, malgré la libéralisation des moeurs, malgré les combats pour la libération des femmes, malgré la féminisation de notre société, continue-t-elle à occuper une place symbolique à part? Certes, les féministes ont raison d'y voir une invention et un fantasme masculins, mais pourquoi les hommes ont-ils éprouvé ce besoin? Et pourquoi y renonceraient-ils aujourd'hui? Suffit-il de dévoiler un fantasme pour qu'il disparaisse? Et, du côté des femmes, comment oublier que bon nombre de jeunes filles ont, pendant les siècles chrétiens, préservé leur virginité comme une forme de liberté et comme une source de pouvoir, exprimant grâce à elle leur part d'autonomie et d'initiative, leur "virilité"? On peut citer Geneviève de Paris, Catherine de Sienne, Jeanne d'Arc, Thérèse d'Avila, Élisabeth 1ere d'Angleterre. D'où leur venait cette assurance et comment expliquer leur rayonnement? Et aujourd'hui, qu'avons-nous mis à la place? Qu'est devenue la virginité pour les filles, les femmes et les hommes d'aujourd'hui?
Dans un contexte marqué par une réforme profonde du système de santé français, cette deuxième édition du Répertoire des métiers de la fonction hospitalière est le résultat d'un vaste travail de concertation et de participation des professionnels, de leurs représentants et des membres de l'Observatoire national des emplois et des métiers de la fonction publique hospitalière (ONEMFPH), conduit sous la responsabilité de la Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (DHOS). Conçu comme un outil au service de la gestion des ressources humaines et de ses acteurs, ce répertoire a pour ambition de fournir une aide opérationnelle aux décideurs soucieux d'intégrer l'approche métiers-compétences dans leur action, ainsi qu'aux agents désireux de mieux définir leur projet professionnel ou d'envisager des passerelles vers d'autres métiers. Réparties en neuf familles, les quelque 200 fiches présentées ici sont conçues pour aller d'emblée à l'essentiel - le "coeur de métier" - et identifier les points-clés de chaque métier : les activités, les savoir-faire et les connaissances nécessaires. Mais bien aussi pour mettre en avant les liens existants entre les différents métiers, les possibilités de mobilité professionnelle et les tendances d'évolution. En outre, cette nouvelle édition du Répertoire des métiers de la fonction publique hospitalière permet d'appréhender les modalités de coopération entre professionnels de santé afin de renforcer, en particulier, leur rôle et leurs compétences.
Fondé sur les règles 2014 de l'instruction M21, cet ouvrage présente les outils les plus récents de l'analyse et de la gestion financières adaptés aux établissements sanitaires et sociaux soumis à l'EPRD. Sa démarche pédagogique progressive, mêlant textes officiels et exemples concrets, propose aux gestionnaires un objectif double : l'analyse financière (évaluation) menée de façon diagnostique pour déterminer quelle est la situation de l'établissement et comment elle évolue ; la gestion financière (pilotage) afin d'adapter les évolutions futures au diagnostic financier qui vient d'être réalisé. Ce double objectif nécessite que soit présentée, dans une première partie, la contrainte exogène constituée par le financement des établissements de santé et que soit décrite avec précision, dans une deuxième partie, la comptabilité hospitalière qui forme la source fondamentale des informations financières utilisées.
Un livre qui donne envie d'écrire, un livre pour réconcilier avec l'écriture - et pour aider à la valorisation des pratiques professionnelles. On trouvera donc dans Oser écrire trois grands types d'outils: des jeux d'écriture pour aider le débutant à "débloquer" sa plume ou son clavier; des méthodes et repères pour construire un écrit professionnel; des recommandations précises pour rédiger un texte destiné à la publication, du blog au périodique. Sans oublier les outils de recherche documentaire, indispensables pour élaborer un document spécialisé. De nombreux exemples, empruntés à des ateliers de formation ou au terrain professionnel, illustrent la démarche. Oser écrire: un manuel pour tous les professionnels désireux de faire un pas de plus dans leur pratique de l'écrit.
La santé est désormais un sujet éminemment politique, abordé au plus haut niveau des instances nationales, européennes et internationales, publiques, parlementaires et privées. Qu'ils oeuvrent à l'échelle mondiale dans le domaine de la politique économique, du droit, de la sécurité, du développement, de l'environnement, ou du secteur privé industriel et commercial, les dirigeants de demain seront confrontés à des défis majeurs en lien avec la santé. Sensibiliser tous ces acteurs, partager les connaissances dont ils auront besoin pour travailler de manière légitime et crédible avec les professionnels de santé sur le terrain quels que soient leurs métiers, tel est l'objectif de ce premier opus de santé internationale. Santé internationale dresse un panorama des enjeux de santé au Sud en quatre volets: les considérables enjeux contemporains de la santé dans les pays en développement; l'évolution historique des systèmes de santé tels qu'ils se sont construits ces trente dernières années, en Afrique notamment; l'état des connaissances sur l'efficacité des politiques, des stratégies et des instruments de financement de l'aide au développement; les contributions de la recherche en sciences sociales au service de décisions solidement fondées, adaptées et pertinentes. Son ambition est de devenir à la fois: 1) un support pédagogique aux enseignements de la santé mondiale dans les universités; 2) un outil de connaissance sur les grands enjeux auxquels les pays en développement sont confrontés, utile aux milieux universitaires autant que professionnels, administratifs et politiques. Pourront s'en emparer les étudiants, comme les enseignants, des IEP, des grandes écoles, des universités de sciences humaines et sociales, des écoles de management, tout autant que des écoles de médecine et des écoles de santé publique.