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Le Bain de Diane
Klossowski Pierre
GALLIMARD
16,00 €
Épuisé
EAN :9782070229161
Les digressions qui composent Le bain de Diane ont pour point de départ le maléfice d'une vision que résume l'exhortation d'Ovide : Nec videamus labra Dianae ! Ce qu'il en coûte d'avoir vu comme par hasard les lèvres "infernales" de la déesse, c'est ce qu'illustre la scène décrite et méditée dans cet opuscule - perpétuée, est-il besoin de le rappeler, par la peinture et la statuaire occidentales sous le titre de deux noms : Diane et Actéon. L'homme, un chasseur, au gré d'une poursuite de quelque fauve, surprenant fortuitement la nudité divine, du coup métamorphosé en cerf, d'un geste de pudeur de la déesse, et déchiqueté par sa propre meute. Mais dans le présent texte, loin de nous paraître, comme chez Ovide, l'innocente victime d'une fatalité aussi choquante, nous voyons Actéon projeter de façon prémonitoire sa propre légende comme une vocation, le prédestinant à dévoiler les mystères prétendus de Diane, quitte à divulguer, par son propre sacrifice, les secrets d'une divinité aussi contradictoire que provocante. La manière dont il s'y prépare, abandonnant l'exercice du chasseur pour celui spirituel de l'anachorète, nous le montre égaré, hors de l'espace du mythe, dans les antinomies de la conscience ratiocinante, déjà traqué par le dilemme du libre- (ou du serf-) arbitre. Coupable - non coupable ? Plaider coupable c'est expier le non-voulu fortuit pour se l'approprier comme voulu. Plaidant coupable, Actéon révèle du même coup le sens occulte du geste, apparemment punitif, de la déesse. S'il guette ce geste comme le moment propice d'une extase sacrilège, que signifie que l'homme soit châtié dans le Cerf, le fauve par excellence consacré à la déesse ? Si ce n'est que Diane, réduisant l'homme au silence de l'animal, lui accorde la possession bestiale de sa divinité. Exercice spirituel qui, à défaut de résoudre le dilemme du libre - et du serf-arbitre, tourne à la délectation morose de la "cervitude volontaire".
D'après quoi établissez-vous qu'une vocation est authentique, puisqu'il n'y a pas, selon vous, si j'ai bien saisi votre pensée, il n'y a pas de voix qui, de là-haut, appelle celui qui croit entendre cette voix assez fortement pour lui obéir ? et comment l'Eglise qui, tout entière, s'est levée à l'appel de cette voix, et qui reçoit ceux qui obéissent à cet appel, peut-elle songer venir consulter un esprit qui estime que cet appel est illusoire, parce que cette voix jamais n'aurait appelé ? - Je ne discute pas la réalité du phénomène (...)"
Ce volume regroupe des essais écrits entre 1933 et 1939. Sur plusieurs des textes reproduits dans ce volume, on connaît le jugement porté par Pierre Klossowski lui-même: "Je faisais du zèle." Telle boutade risque de faire prendre à la légère, comme oeuvre de jeunesse ou de pure complaisance, des pages où se cherche et se définit l'avenir d'une pensée et d'une écriture fondatrice de notre modernité. Au fil de ces années 1933-1939, c'est une longue interrogation qui se poursuit, motivée d'abord par la très fascinante et inacceptable figure du Marquis de Sade, dont la véritable implication semble fondée sur le scandale qui interpelle chez le lecteur à la fois le philosophe et l'artiste. C'est donc très logiquement que tout s'engage, sur le terrain psychanalytique, autour d'une notion virulente de l'agressivité. Préface de Jean Decottignies.
«Quel est donc notre propos - si toutefois nous en avons un ? Mettons que nous ayons écrit une fausse étude. Parce que nous lisons Nietzsche dans le texte, que nous l'entendons parler, peut-être le ferions-nous parler pour "nous-même" et nous mettrions à contribution le chuchotement, le souffle, les éclats de colère et de rire de cette prose la plus insinuante qui se soit encore formée dans la langue allemande - la plus irritante aussi ? Pour qui sait l'écouter, la parole de Nietzsche acquiert une vertu d'autant plus percutante que l'histoire contemporaine, que les événements, que l'univers commencent à répondre de façon plus ou moins divagante aux questions que Nietzsche a posées, voici quelque quatre-vingts ans. La façon dont Nietzsche interrogeait le proche ou lointain avenir qui maintenant est devenu notre actualité quotidienne - qu'il prévoyait convulsive, jusqu'à caricaturer sa pensée dans nos convulsions mêmes - l'interrogation de Nietzsche, nous essayerons de comprendre en quel sens elle décrit ce que nous vivons maintenant.» Pierre Klossowski.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.