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Echange longue distance
Kling Thomas ; Galateau Aurélien
UNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782877041720
Thomas Kling a déjà fait paraître une dizaine d'ouvrages, dont quatre recueils chez Suhrkamp, lorsque les éditions DuMont publient Echange longue distance en 1999. Depuis quatre ans, Kling vit avec sa compagne Ute Langanky dans l'ancienne base de fusées de Hombroich, au coeur de la mégalopole de la Ruhr. Il a installé son bureau de travail dans le mirador, où il observe le monde, compulse ses archives et prépare ses derniers grands recueils. Kling s'est lancé dans une ambitieuse entreprise d'archéologie de la langue allemande, où la poésie dispute aux sciences humaines et aux sciences naturelles la représentation légitime de la réalité. Echange longue distance est composé de sept ensembles autonomes, reliés par un maillage toujours plus dense d'images et de sens. Qu'est-ce que la poésie, qu'est-ce que la littérature ? Thomas Kling choisit de répondre en reporter. Poète reporter. Il plonge dans le passé. L'histoire est une fiction muette, une image floue. L'histoire est un tombeau ouvert, il la regarde dans les yeux. Kling ne maquille pas ses sources, il n'efface pas ses traces, au contraire, il fait ce que ne font pas les poètes, il les révèle. Il extrait des données. Albums, cartes postales, images d'archives, il cherche à irriguer le passé. Les archives sont les veines de l'histoire - matériau friable, hommes et documents, les mots du poète leurs donnent une mémoire. Il cherche à lever le brouillard. A partir de ces photographies, instants saisis, suspendus dans le temps, il cherche le coeur d'un pays bouleversé par l'histoire. Il cherche le temps niché derrière les visages. Il superpose les niveaux de langage, dans un effet vertigineux de polysémie permanente. Il bâtit une maison du langage où toutes les pièces communiquent. Visages, noms et lieux, tout communique. Nous sommes lecteurs et spectateurs investis, projetés au centre de cette maison du langage, à l'intérieur du temps, objets sensibles et vivants dans la matière sensible de l'histoire. Kling nous révèle notre réalité, profonde, résonnante et éclatée. Archéologue radical, démiurge pop, savant instinctif, écrivain furieux, Thomas Kling c'est ça : magie crânienne.
« Medicine River est un roman profondément drôle et attachant, à l'image de son narrateur. Will quitte Toronto et revient au pays natal pour l'enterrement de sa mère. II a pour meilleur ami Harlen Bigbear, un type jamais en reste de bonnes idées en tout genre, obsédé par l'idée de caser ce pauvre Will qui n'en demande pas tant. [...] Sans le moindre cliché et avec une bonne dose d'humour, Thomas King parle de la vie, de l'amour, de l'amitié et de la mort. Lisez d'urgence le premier roman de Thomas King qui a toutes les chances de devenir un livre culte! » Encore
La Messe sur le Monde de Teilhard, née dans le dénuement des tranchées de la Grande Guerre et des steppes d'Asie, reste l'essai le plus connu du grand jésuite, dont elle contient les thèmes de prédilection: sa fascination pour la Terre, sa vision de la communion des hommes et d'un monde en devenir, en train d'acquérir une âme... Il y expose sa conception du "caractère cosmique" de l'Eucharistie, que Jean-Paul II reprendra dans Ecclesia de Eucharéstia. L'écriture inspirée de Teilhard porte en germe bien des idées actuelles, parfois mal comprises à son époque, du souci de la Création au sacerdoce des laïcs... Pour comprendre ce texte visionnaire, nous sommes invités ici à suivre comment il s'inscrit dans le parcours de son auteur. Nous découvrons la noble figure de Teilhard, l'inlassable chercheur, l'homme entouré d'amitiés, le prêtre et le mystique qui prie: Puisque, Seigneur, je n'ai ni pain, ni vin, ni autel... je m'élèverai par-dessus les symboles, jusqu "la pure majesté du Réel et je vous offrirai, moi votre prêtre, sur l'autel de la terre entière, le travail et la peine du monde... Biographie de l'auteur Thomas M. King, jésuite, enseigne la théologie à l'Université de Georgetown, aux États-Unis. Il a publié de nombreux ouvrages et fait partie de l'Association américaine des Amis de Pierre Teilhard de Chardin. Il est co-fondateur de" Cosmos et Création ", groupe de scientifiques s'intéressant à la religion."
Kling Thomas ; Galateau Aurélien ; Cassagnau Laure
D'où viens-tu ? " est la question que pose Thomas Kling, en ouverture de ce livre. De l'enfance, il convoque l'image fondatrice de son grand-père, les paysages rhénans sous le brouillard, les trophées de cerfs au mur, les auberges, les randonnées en forêt et les scieries de sapin. crayons combustibles puise dans une convergence de sources et d'archives, dans le souvenir et le poème, où Kling réconcilie émotion personnelle et mémoire collective, et déploie une perspective vertigineuse des époques et des traditions littéraires. C'est un défi lancé à la mort. Dans sa traversée incessante du temps, il donne une voix aux oubliés de l'histoire, embrasse les territoires de l'Europe, reconstitue le chant d'hommes et de terres dévastés. La tragédie est chez lui "une oraison polyglotte". Allemands, serbes, français, russes, tous ces hommes abandonnés s'enfoncent dans la même terre boueuse, disparaissent au fond des tranchées de la grande histoire qui les dévore et aligne leurs tombes sans nom. Le poème réhabilite ceux qui étaient si seuls à porter leur fardeau, et livre au lecteur la force réincarnée d'un chant qui passe à travers les âges, malgré l'altération des archives, les images brouillées et les fragments illisibles ou perdus. Kling fouille les épaves, secouriste inébranlable dans le fracas du métal, il fraie son chemin au milieu des corps tombés là, remonte les chemins de croix ; il veut sauver tout ce qui peut l'être. Témoignages à demi effacés, échos de paroles toutes langues mêlées, images déchirées, documents lacunaires, il préserve tout ce qui passe dans le "viseur du langage". Dans cette convocation des vivants et des morts, cette superposition des strates temporelles, du Moyen-Age à la fin du XXe siècle, Kling s'entoure d'amis et de souvenirs. Passent dans ces pages les visages de Trakl, Priessnitz, Pastior ou Warhol. Mais aussi des présences plus intimes, plus charnelles, des corps vivants, présents, les lèvres et le coeur dans la nuit. Dans un vrombissement de guêpes, crayons combustibles assure une continuité entre les langues, le temps et les hommes. "Quand la liaison s'interrompt", Kling active les "protocoles mémoriels", dépoussière notre passé, perturbe le langage, ravive l'oralité du poème et bouscule la rigidité alphabétique, pour nous accompagner jusqu'au lever du jour, jusqu'au lever du "monde diurne", vers la lumière.
Sharif Solmaz ; Hanea Raluca Maria ; Heusbourg Fra
Pour ceux qui l'ont vécue, une guerre n'est jamais terminée, toute image mentale lui doit quelque chose, sans elle les images des êtres n'ont pas d'ancrage. Solmaz Sharif embrasse l'histoire récente : la guerre Iran-Iraq, les attaques américaines au Moyen-Orient, Guantanamo... , parce que c'est avant tout son histoire. Née en exil, elle cherche à la fois sa mémoire et son foyer et la guerre est comme un lien naturel au monde. "Mire" est un tableau virtuose de poèmes, de listes, de fragments et de séquences, Sharif rassemble les récits éparpillés de sa famille plongée dans des conflits qui la dépassent mais la plongent dans la destruction. Livre en errance, en migration permanente, en quête d'abri, d'une femme qui n'est chez elle nulle part, qui mesure la distance qui la sépare des êtres perdus. Dialogue morcelé avec des images, Solmaz Sharif nous force à regarder les morts en face, les cadavres d'écoliers, les civils bombardés, les mosquées détruites, le poids de chaque homme. Elle nous force à identifier les corps inertes de notre histoire. "Mire" est saturé par la violation constante de l'intimité, les fouilles au corps, les intrusions policières, les mises sur écoute, les ségrégations. En sécurité nulle part, que ce soit dans le présent ou dans les souvenirs, le rêve américain est une solitude et une déception, avec des uniformes prêts à enfoncer votre porte à chaque instant. Sharif montre aussi comment la violence s'exerce contre le langage. Elle injecte dans son livre des mots tirés du Dictionnaire Militaire Américain ; qui viennent faire exploser le rapport à l'autre, elle expose les euphémismes dévastateurs utilisés pour stériliser la langue, contrôler ses effets et influencer notre résolution collective. Il s'agit de vivre avec "le langage qu'ils ont fait de notre langage", dans l'abîme qui sépare les individus que nous sommes des histoires racontées. Que faut-il tirer de l'abîme pour faire exister son histoire, ses proches emprisonnés et disparus ? Où peut-on porter son histoire dangereuse car sensible comme un champ de mines, précise comme un dictionnaire de termes qui désignent des mises à mort dans l'intervalle de la mire à l'écran, l'ordre de tirer et l'impact. Mais Un élan de survie, une sensualité limpide nous signalent la présence d'une conscience lumineuse, un étonnant apaisement.
Ecoute, mère, me revoici. Je suis dans le narthex où ce jour-là on avait déposé le grand corps de mon aïeul. Les pleurs je les entends encore. Me revoici. Jamais je n'étais parti. M'éloigner ne fut qu'une manière de rester pour toujours.
Un homme se met en route pour un lieu qu'il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l'espace blanc qui s'est ouvert dans son esprit. Les lettres n'arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées.
Pessoa Fernando ; Chandeigne Michel ; Viegas Jean-
Hommes, nations, desseins, tout est nul ! Faillite de tout à cause de tous ! Faillite de tous à cause de tout ! D'une manière complète, totale, intégrale : Merde !