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Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la pensée humaine Polis. De la société capital
Klimis Sophie
PARIS OUEST
15,00 €
Épuisé
EAN :9782840163756
Comment "demander et rendre raison" d'une pensée aussi complexe et inclassable que celle de Castoriadis ? Non pas en écrivant "sur" elle mais en la mettant "en travail" . Cette recherche tente de saisir les dynamiques de pensée sous-jacentes au projet que Castoriadis avait baptisé "La création humaine" , au carrefour de la politique, de la psychanalyse et de la philosophie. Polis, psyché, logos : chaque carrefour sera abordé à partir d'une même question, celle de la création du sujet et de la démocratie, et selon un axe transhistorique, qui approfondira ou proposera une lecture différente des sources grecques et modernes "en travail" dans son oeuvre. L'élucidation de la création social-historique de ses contemporains ayant constitué son principal moteur, on tentera aussi de faire droit à cette exigence en l'actualisant. Polis s'adresse aux personnes qui s'intéressent à la philosophie politique contemporaine, à la "démocratie radicale" et aux mouvements sociaux et politiques actuels, ainsi qu'à celles qui, depuis une perspective d'histoire de la pensée critique, s'intéressent à l'antiquité grecque pour mieux saisir, grâce à l'écart de la comparaison différentielle, ce qui fait la singularité de notre temps. Sophie Klimis est professeur ordinaire à l'Université Saint-Louis-Bruxelles. Ses recherches se situent au carrefour de la philosophie ancienne, de la philosophie politique et de l'esthétique. Elle a joué un rôle central dans la diffusion de l'oeuvre de Castoriadis au sein du monde universitaire.
Le présent volume inaugure la série des Cahiers Castoriadis qui se donne pour objectif de favoriser un débat interdisciplinaire vivant autour de la pensée de Cornélius Castoriadis. L'oeuvre de Castoriadis est aujourd'hui trop peu connue au regard de la richesse conceptuelle qu'elle recèle et de l'intérêt qu'elle peut dès lors représenter pour d'autres courants philosophiques et pour la plupart des sciences humaines : elle peut enrichir de nombreux débats actuels dans le champ de la philosophie, des études littéraires, de la linguistique, de la psychologie, de l'anthropologie, de l'histoire, des sciences sociales et politiques, des sciences juridiques. Elle est susceptible de provoquer la rencontre interdisciplinaire entre des thématiques de recherches naturellement trop enserrées dans des champs scientifiques institués. Il s'agit donc de profiter des nombreux enjeux de cette oeuvre pour en faire un objet de débat et l'un des outils de la pensée contemporaine.
Le projet d'autonomie individuelle et collective constitue le coeur indissociablement pratique et théorique de toute l'oeuvre de Castoriadis. C'est lui qui fait le lien entre l'engagement militant au sein de Socialisme ou Barbarieet la réflexion philosophique la plus abstraite, depuis la parution de L'institution imaginaire de la société jusqu'aux séminaires donnés à l'EHESS. C'est aussi le projet d'autonomie qui constitue le carrefour originaire où se rejoignent tous les aspects de l'oeuvre encyclopédique de Castoriadis, depuis son étude attentive de la Grèce ancienne - où ce projet a selon lui été créé - jusqu'à sa théorie pratico-poiétique de la psychanalyse - l'analyse constituant un lieu d'entrée privilégié dans l'autonomie individuelle -, en passant par sa critique radicale de l'expansion illimitée du néo-capitalisme, cette institution social-historique faisant courir au projet d'autonomie le risque d'une éclipse complète. La pensée de Castoriadis présente donc un aspect "programmatique" certain, qui nous semble nécessiter de sortir du cadre de l'exégèse stricte de son oeuvre. Dans la mesure où le projet d'autonomie a été théorisé par Castoriadis comme étant une tâche inter- minable, cet ouvrage interroge les différentes manières dont il est aujourd'hui possible de l'inventer : où et comment créer pour redy- namiser le germe de l'autonomie ? Quels lieux politiques, sociaux, symboliques investir afin de le relancer ?
Artémidore n’est pas un philosophe, mais il s’occupe d’une question, la mantique, qui n’était pas étrangère aux philosophes de l’Antiquité. La divination par les songes ou toute autre divination fait partie des préoccupations des philosophes et particulièrement de la philosophie dominante sous l’Empire, le stoïcisme, ou même d’adversaires de la divination comme les Epicuriens. L’arrière-plan quasi idéologique de la sympathie universelle qui régit non seulement la pratique onirocritique telle que l’entend Artémidore, mais aussi bien un autre type de mantique, la divination par l’astrologie, ne saurait conduire à qualifier notre auteur de stoïcien. Les rêves, dans toutes les cultures, et depuis la plus haute Antiquité, ont de multiples usages, qui dépendent du sens qu’on leur donne. Leur interprétation est souvent considérée comme l’une des formes de la divination. Elle est attestée par les textes littéraires et a fait naître une littérature technique riche d’enseignements sur la société de l’époque et son imaginaire. Il ne s’agit donc pas seulement d’une constante psychologique, mais aussi de traditions culturelles multiples, qui ont chacune leur propre histoire et entrent à de nombreuses reprises en contact les unes avec les autres.
Jibokji Joséphine ; Maître Barbara le ; Pernac Nat
Architectures grandioses, expositions médiatisées à outrance et instituées en rituels saisonniers, le musée est aujourd'hui investi d'une attractivité touristique et d'une charge patrimoniale, politique, symbolique sans précédent. Ce qui s'y monnaye est-il cette "monnaie de l'absolu" dont André Malraux célébra l'universalité? L'interrogation court tout au long de cet ouvrage qui choisit le prisme du cinéma de fiction pour revisiter le musée, dans ses missions et mythologies traditionnelles mais aussi dans ses coulisses et sa violence. Au final, les intrigues muséales tramées entre autres par Michael Curtiz, Tsai Ming-liang, Jean-Luc Godard, les frères Quay, Sanjay Gadhvi, Marco Bellocchio ou Charles Crichton sondent notre rapport fétichiste à l'oeuvre d'art et notre regard sur le patrimoine. A travers des analyses subtiles et décapantes, muséologues, historiens de l'art et du cinéma nouent un dialogue qui atteste la puissance discursive de la fiction. Il en naît aussi une éclatante relance théorique sur les fonctions du musée, sur les valeurs qui s'y transmettent, s'y échangent, s'y révisent et s'y réinventent.
Présentation de l'éditeur Empereur épris de philosophie et païen militant, Julien (331-363) est l'auteur d'une oeuvre abondante et variée, aussi passionnante que son existence romanesque. Il était tentant de suivre les traces de ses écrits (lettres, discours, lois, spéculations philosophiques ou théologiques, ouvrages polémiques, confidences autobiographiques) chez les lettrés de la fin de l'Antiquité. Qu'ils soient philosophes, historiens, rhéteurs, qu'ils soient païens ou chrétiens, ils furent nombreux à faire appel à des formules, des concepts et des textes de Julien. On croisera donc ici non seulement les grands écrivains de l'époque (Libanios, Ammien Marcellin, Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome) mais aussi des auteurs moins connus (Saloustios, Sozomène, Philostorge, et bien d'autres). Tous ont fait preuve d'une remarquable inventivité littéraire, mêlant ironie, citations détournées, subtil double langage. C'est cette scène intellectuelle dominée par la dernière grande polémique entre christianisme et paganisme - un véritable "choc des cultures" - que reconstitue cette étude philologique qui apporte un éclairage nouveau sur l'histoire de l'Antiquité tardive.
Résumé : Longtemps relégué dans l'ombre, le rire est aujourd'hui à la mode. Mais on s'intéresse presque toujours au rire pour d'autres raisons que le rire lui-même. On veut démontrer ses significations philosophiques, exalter ses vertus esthétiques, comme s'il fallait toujours s'excuser de rire et de faire rire. A rebours, L'Esthétique du rire veut s'en tenir au rire. D'abord, en rappelant son irréductible unité, malgré toutes les variantes ou sous-catégories qu'il est loisible d'énumérer (l'ironie, le burlesque, la satire, la blague, la parodie, la farce, etc.). Ensuite, en affirmant avec force que, s'il existe bien un art du rire, il n'est rien d'autre que l'art de faire rire, avec le plus de force et de plénitude possible. Pour saisir cette dynamique du rire, il fallait un dialogue entre les spécialistes du Moyen Age, des siècles classiques et de la modernité post-révolutionnaire. Mais l'histoire ne doit pas faire oublier l'essentiel: la nature anthropologique du rire. Le mécanisme comique plonge dans les zones les plus mystérieuses de l'homme: dans l'inconscient que refoule le moi sérieux; dans les mondes merveilleux de l'enfance; plus généralement, dans un stade archaïque et primitif de l'homme. L'art du rire opère la mystérieuse transfiguration des ténèbres opaques de l'intimité humaine en bruyant feu d'artifice. Et ce sont les extases d'imagination induites par cette inversion miraculeuse qui fait du rire un phénomène d'ordre esthétique.