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Némésis la glorieuse
Klíma Ladislav
DIFFERENCE
10,75 €
Épuisé
EAN :9782729102845
Roman de l'amour fou ? Policier métaphysique ? Délire nietzschéen ? Il y a un peu de tout cela dans Némésis la glorieuse, de Ladislav Klima, superbement traduit du tchèque par Erika Abrams, Sider, le héros, a-t-il réellement rencontré Oréa en gravissant la Tête du Cerf ? S'agit-il d'une divinité de la montagne ou bien d'une créature bien terrestre qui coule des amours saphiques avec Errata ? Dans sa longue quête, qui va durer des années, Sider retrouvera Oréa dans un asile d'aliénés (à moins qu'il s'agisse d'Errata) pour la perdre à nouveau. Et sa démarche est perpétuellement contrariée par les tours de sorcellerie de la vieille Barbe et les raisonnements positivistes et alcoolisés du médecin de Cortona. Ce texte baroque, où les paroxysmes romantiques sont dynamités par la bouffonnerie, nous éclaire un peu plus sur l'étrange génie de Ladislav Klima, écrivain tchèque doublement maudit : par l'hypocrite "kanakie" de François-Joseph d'abord, par le gouvernement communiste ensuite. Blasphémateur, ivrogne, fornicateur, Klima est le type même de l'auteur scandaleux que récusent les régimes qui prétendent à la vertu. Voilà pourquoi cet écrivain unique, exact contemporain de Kafka, demeure encore inconnu du grand public."
A moins d'être un fervent des horreurs du Golem et des trafics de Nosferatu, le lecteur devrait être prévenu des abominations qui l'attendent s'il se risque à seulement entrebâiller la tombe du prince Sternenhoch... On peut aussi supposer qu'à moins de s'enfuir loin du livre en priant pour son âme, à peine franchies les premières pages, il se laissera glisser avec une affreuse délectation tout au fond de ce trou à démons. Car ce livre n'est pas innocent. Tout est empreint de négativisme et de méchanceté ricanante. Mais également d'inquiétude, du refus des leurres. En bref, un livre pour Maldoror!", Claude Michel Cluny.
Ce troisième volume (le quatrième déjà par ordre d'apparition) des Oeuvres de Ladislav Klima est le premier à sortir du cercle des écrits intimes (avatars infinis du " moi, c'est moi " que déclinent autant le long monologue épistolaire ou une fiction à fonction d'hygiène mentale comme le Grand Roman que l'autochronique quotidienne de la praxis philosophique) pour présenter " l'oeuvre " en son sens plus usuel de production destinée d'entrée de jeu au regard d'un tiers. Le lecteur y trouvera les trois recueils d'aphorismes et d'essais par lesquels Klima s'est fait connaître de son vivant, revus et corrigés d'après les manuscrits et complétés par les textes, quasi oubliés, publiés uniquement dans la presse des années vingt, ainsi que par bon nombre d'inédits. Destinés pour la plupart au public le plus large, les textes publiés ici touchent à tout - depuis les chaussures qui serrent et les rages de dents jusqu'à la politique internationale, la sexualité, l'inspiration poétique, l'antisémitisme, l'école, le suicide - avec une liberté, une lucidité dans le scandale et un art de l'invective qui apportent un antidote décapant contre la pensée unique, la grisaille et l'impasse apparente de notre début de XXIe siècle. Système sans y paraître, journalisme à vocation philosophique ou philosophie sous le manteau du journalistique, la contradiction est complète, la cote (ou côte ?) dont Klima tire sa compagne, son joujou, sa pâte à modeler, le monde (etc.) aussi mal taillée - aussi baroque donc, aussi provocante, aussi purement jouissive - que jamais.
Complémentaire du carnet de bord reconstitué il y a quatre ans en tant que Tout, la correspondance que le lecteur français découvrira ici est le fruit d'une folie. Soit dit sans préjuger du jugement que les uns ou les autres porteront sur l'impossible apostolat du solipsiste apostat, aux prises, dans ces pages, avec son prochain, il fallait à tout le moins de l'idée fixe pour reprendre, à distance, à contre-courant des caprices de l'histoire et des vents politiques, la collecte de vieux papiers dont personne ne s'était soucié depuis l'année des accords de Munich. Folie ou passion, longue patience et course poursuite - perdue de justesse - contre la mort des derniers survivants dispersés entre trois continents, le jeu en valait la chandelle. Le résultat est là : trois cent soixante-dix-neuf lettres à une vingtaine de destinataires, amis ou amantes, proches ou fantoches, qui nous conduisent de la première réaction du monde extérieur au Monde comme conscience et comme rien en 1905 jusqu'à la négation logique de la dernière maladie. Billets de deux lignes ou opuscules de cinquante pages, lettres-cours de philosophie pratique ou romans intimes, d'amour, de mendicité ou de beuverie, lettres-provocations, exercices de style, commentaires sur Stendhal et Voltaire, la Rome antique, la dysenterie et la thermodynamique, cabotines, propagandesques, pragmatiques ou sans autre objet que le pur hédonisme de l'écrit, l'ensemble, en majeure partie inédit en tchèque, ne ressemble, au meilleur sens du terme, à " rien ". Tout un monde donc, au sein duquel le contrepoint fourni par la présence-absence de l'autre donne à entendre quelques-uns des textes non seulement les plus amphibies, mais littérairement les plus achevés et les plus innovateurs de toute l'?uvre de Klima et, en tant que tout, l'expression la plus parlante de son " contradictionisme ".
Abdellatif Laâbi est un écrivain imprévisible. On dirait que sa devise est de ne pas être là où le lecteur l'attend. Le présent ouvrage en est la parfaite illustration. S'agit-il d'un livre de mémoires, d'un journal intime, d'une relation de voyages, d'un récit avec un dosage ingénieux d'autobiographie et de fiction de soi? A moins qu'il ne s'apparente au genre des confessions, dans le sillage de saint Augustin et de Rousseau? Voilà autant de vraies-fausses pistes où Laâbi, le sourire en coin, engage le lecteur. Son souci? Faire en sorte que ce dernier mette ses pas dans les siens, devienne témoin et partie prenante de la nouvelle aventure littéraire et humaine qu'il lui propose. Imprévu, de l'aveu de l'auteur, ce livre interroge avec un humour parfois ravageur nos modes de perception, de lecture, et nos questionnements. Traversée fulgurante des saisons de la vie, quête spirituelle, témoignage à vif, il nous replonge (chose cette fois prévisible venant de Laâbi) dans les convulsions de notre époque et ses combats salutaires.
Un enfant de marbre ? Les mots vont insuffler couleur, chaleur et vie à ce marbre glacé, en faire le matériau d'une architecture baroque, se déployant dans des espaces et des temporalités étagés, intriqués, où s'entremêlent lieux de plaisir et de douleur, certains déjà évoqués dans les précédents livres de l'auteur, mais saisis cette fois-ci dans une nouvelle perspective : la narration du vécu le plus intime prend la forme d'une enquête, ou plutôt d'une quête qui débouche sur le fantastique - un fantastique qui a néanmoins l'aspect de l'évidence.Mohamed Leftah est né en 1946 à Settat, au Maroc. Informaticien, il exerce le métier de journaliste littéraire durant six ans au Maroc, puis pendant quatre ans au Caire, ville où il réside toujours. La Différence a publié de lui : Demoiselles de Numidie, dans la collection Minos, Au bonheur des limbes, Une fleur dans la nuit, Ambre ou les Métamorphoses de l'amour et Un martyr de notre temps.
Entre 2000 et 2020, entre l'Amérique du Sud et l'Europe, chaque personnage, Lunus, Juan Serafini, Henk, Sofia, Angel, Hernàn et Lucas, en proie à ses démons, emprunte sa voie personnelle. Les uns disparaissent, les autres les recherchent, la crise argentine de 2001 éclate... Chaque protagoniste interagit, de près ou de loin, avec les autres. Au lecteur de rassembler les pièces manquantes de ce puzzle, agencées comme des fractales, ces objets mathématiques qui illustrent si bien "l'effet papillon" ou comment l'inattendu peut se glisser au milieu des phénomènes les mieux ordonnés.