Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Poésie
Khodassévitch Vladislav ; Abril Henri
CIRCE
26,50 €
Épuisé
EAN :9782842424015
Vladislav Khodassévitch a retrouvé aujourd'hui, en Russie, la place que lui prédisait Nabokov dès 1939. Il en va cependant autrement à l'étranger, notamment en France, où les autres grandes voix de la poésie russe du vingtième siècle ont été souvent traduites et éditées (Mandelstam, Tsvetaïéva, Essénine, Maïakovski, Khlebnikov, Pasternak, Akhmatova), alors que Khodassévitch ne figure encore que par quelques poèmes dans deux ou trois anthologies. C'est à combler cette lacune que veut s'employer la présente édition bilingue, structurée en deux parties : la Nuit européenne, recueil repris dans sa quasi-totalité car il est, comme le dit Sergueï Gandlevski à la suite de beaucoup d'autres, le "sommet de son oeuvre" , puis un choix chronologique des meilleures poésies de ses livres précédents : Jeunesse, La Maisonnette heureuse, Tel le grain, Pesante lyre. "Ce poète, le plus grand poète russe de notre temps, descendant littéraire de Pouchkine, dans la lignée de Tioutchev, restera la fierté de la poésie russe aussi longtemps que cet art vivra dans notre mémoire". Vladimir Nabokov
Vladislav Khodassevitch - sans conteste le plus grand des postsymbolistes russes - participa activement à l'effervescence intellectuelle qui régnait en Russie au début de ce siècle, et dans ces Mémoires passe en revue, mêlant souvenirs personnels et témoignages, ses compagnons d'écriture de l'époque. Gorki, Blok, Biely, Sologoub, Brioussov, Essenine et d'autres sont ici évoqués comme les figures marquantes de leur génération, dont l'élan et le talent bientôt furent brisés par la censure, les pressions, les dénonciations. Sur ces destins malmenés Khodassevitch rétablit la vérité travestie par les biographies officielles. Une rigueur sans faille, une ironie poignante et une rage contenue confèrent à son livre sa résonance singulière. Nina Berberova ne s'y trompe pas, qui rappelle que "dans le crépuscule généralisé de l'art des années trente, quand disparaissaient (ou avaient déjà disparu) les grands avec lesquels avait commencé notre siècle, Nécropole de Khodassevitch occupe une place immortelle".
Une rue de Londres vers 1750, un café, une librairie et, à l'étage, l'appartement d'un riche négociant... Le jeune Jacob, adepte de la philosophie des Lumières est le précepteur de milord Wambert et de madame de Brindè. Or Milord tombe amoureux de Madame, mais Madame aime en secret Jacob qui ne veut aimer que la paix de l'âme et du coeur afin de rester un homme d'étude. Ajoutons deux artisans qui se disent philosophes, mais savent user surtout de la calomnie, une épouse spirituelle amoureuse du jeu, un chevalier servant qui pratique la satire : toutes ces forces s'allient à la passion déçue du jeune lord pour mettre en péril la vie même de Jacob. Le tout sous le regard d'employés, de marins et de serviteurs qui mènent leur vie sans se mêler de celle des maîtres. Quelles autres forces sont invitées à sauver le jeune philosophe en qui s'incarne, en 1754, un Goldoni lui-même en butte à Venise à des factions rivales ou contraires ?...
Pour qui chercherait ici des définitions de la modernité, la lecture sera décevante. L'histoire du siècle passé, celle que pour l'instant nous vivons (mais savons-nous ce que nous vivons ? avons-nous la moindre idée de ce qui se fomente ?), ont donné d'autres significations à ce qui, par exemple, pour Rimbaud précisément, se jouait dans l'ordre de l'" inouï, du fulgurant, de l'illuminant ". D'autres idées sur ce qui peut être appelé " commencement " se sont frayé, se frayent leur chemin. Elles les discernent, ces commencements, comme plus dispersés, plus dissimulés, moins spectaculaires, et surtout, tributaires de la répétition, du ressassement, parfois de l'après-coup de mornes rabâchage. Tout dans ce numéro, sans en faire systématiquement la critique, est à côté des idées qui ont cours sur la modernité et la post-modernité. L'inattendu se révèle véritablement inattendu, sans tambours ni trompettes, la plupart du temps en marge du champ officiel de la pensée, et parfois du champ social de l'innovation. C'est, pour nous, de ce côté que sont les surprises.
Simmel entreprend à la fin de sa vie quatre méditations. Il y présente sa propre philosophie. Il s'engage dans une réflexion sur la vie humaine dans son élan incessamment renouvelé, mais aussi sur les formes où cet élan se dépose, qui constituent les oeuvres de la culture : les institutions, les réalisations de la technique ou l'art. En considérant ce qui excède la vie, Simmel fait place à la négativité. Penser la mort à même la vie, c'est considérer la finitude, mais aussi la condition de la culture. La mort est ce qui sépare l'individu, qui rend les mondes partagés nécessaires. Et si, étant mortels, les êtres sont individuels, quelle serait la morale pour un individu séparé, sinon de tâcher de suivre sa propre loi ? Comment penser jusqu'au bout l'individualisme de notre modernité ?