Fondés en 1990, sous l'impulsion du cheikh Khaled Bentounès, les Scouts musulmans de France ont une belle histoire qui permet une lecture particulière des rapports de la France avec l'Islam. Membre de l'UISM (Union Internationale des Scouts Musulmans), cette branche du scoutisme français se nourrit des principes fondateurs de l'Islam : le respect, le dialogue et l'ouverture inscrits dans le Coran et la sunna, ainsi que dans sa tradition spirituelle et universelle, reconnaît l'apport de tous les messages spirituels légués à l'Humanité, comme un appel à s'élever et à découvrir les liens de la fraternité humaine, considère les Prophètes comme des modèles pour notre épanouissement. Leur message est un repère pour le développement personnel et offre la possibilité de progresser individuellement par étapes successives à travers l'Islam (la Loi), l'Iman (la Foi), l'Ihsan (l'Excellence), fondements de cette religion. Elle s'inscrit dans le respect des valeurs et des lois républicaines, de la démocratie et des droits de l'Homme, invite les filles et les garçons à grandir à travers un processus éducatif qui complète l'éducation apportée par la famille, l'école et la société, à aider les filles et les garçons à devenir des citoyens à part entière : autonomes, solidaires, responsables et engagés, agissant dans la cité, en France, en Europe et dans le monde. L'auteur offre ainsi un exposé permettant de situer la place et le rôle d'une association d'éducation populaire musulmane en France, en prenant en compte les enjeux socio-éducatifs et politico-religieux.
Résumé : Le Journal que nous présentons aujourd'hui, écrit en août 1995, en pleine période d'hospitalisation avancée, est donc la première ?uvre posthume portée à la connaissance du public. L'original consiste en deux cahiers d'écolier formant en tout 151 pages manuscrites d'une écriture ferme et très régulière, quasiment sans rature (123 pour le premier cahier, 28 pour le second). Cette édition restitue le texte dans sa plus totale intégrité.
L'ouvrage que nous proposons au lecteur rassemble les "proses brèves" retrouvées que Mohammed Khaïr-Eddine avait publiées de son vivant dans différents périodiques: de 1966, date de la publication de L'Enterrement - première nouvelle qui marqua son entrée réelle en littérature, et qui obtint le Prix de la nouvelle maghrébine créé alors par la revue Preuves - à 1995, soit peu de temps avant sa mort, où il mit le point final au dernier texte de ce recueil, Testament d'un moribond. Jusque-là dispersées, rédigées en diverses circonstances, ces "proses brèves" aux tons et formes variés, s'enracinent dans le terroir matriciel qu'est pour Mohammed Khaïr-Eddine le Sud marocain: le Pays chleuh, lieu de l'enfance du poète, de l'enracinement des ancêtres, avec ses légendes et ses mythes, ses traditions immémoriales, ses croyances magico-religieuses, ses soleils éclatants, ses montagnes abruptes de granit rose, ses hautes roches dénudées, ses torrents impétueux, ses hommes rudes, sa faune de reptiles et d'insectes venimeux, sa flore d'épineux... Elles se nourrissent du même coup du "souffle suprême de l'Atlas". Ce souffle constant des cimes "qui maintient en état l'influx vital", régénérateur du socle tectonique ancestral. On y trouve avec bonheur ce regard lucide et décapant qui stimule et éveille la conscience, cette sensibilité extrême d'une âme habitée par la Terre comme toujours préoccupée des menaces qui pèsent sur les fragiles équilibres de la nature.
La plus jolie fille de Paris. Qui est-elle ? Sait-on jamais vraiment qui sont les gens ? En tous les cas, elle risque de vous surprendre. Comme tous les personnages de ces années grandioses, qui s'éparpillent joyeusement des fifties jusqu'aux seventies. Tout y était possible nous en a-t-on dit. A condition de ne pas sortir des clous. Parce qu'entre les yéyés, les rockys, les beatniks, les fachos et quelques guerres sans en avoir l'air, tout n'était pas forcément rose. Parenthèse enchantée sur le papier. Presque parfaite. Oui mais. Il suffit parfois de soulever un coin du tapis pour déterrer de drôles de surprises et de curieux cadavres. On y croise aussi des petites histoires qui auraient bien aimé faire partie de la grande. Des âmes décalées ou recalées dans une société mutante qui allait déjà beaucoup trop vite pour elles. Alors on pouvait toujours essayer de rire, de rêver sa vie, à défaut de vivre son rêve. Autant dire que derrière le pop, le wild et le glossy, des larmes discrètes, secrètes parfois, font couler le rimmel et fader les sourires. C'était sans doute le début de la fin pour toutes les utopies, même si elles s'y montraient encore touchantes, papier glacé et sucre glace, politesse et pince à vélo. Ou calandres chromées et crans d'arrêt. Qui saura qui saura ? Qui croire surtout ? Celles et ceux qui en auront été ou ces autres-là qui sont carrément passés à côté ? Orgueils mouchés, légendes défaites, ballades en marge, doutes et souffrances au beau milieu de ces pages souriantes et presque trop polies, écrites à l'encre de guimauve et de coca-cola. Moments de grâce fugaces, figés, saisis dans le glacis technicolor. Voilà, c'était les heures de gloire... mais à la gloire de quoi ?
Qui sont ces femmes de l'âge d'Or ? Qu'ont-elles de si spécial ? Pour certaines c'est l'audace, pour d'autres des pouvoirs de sorcière, pour les dernières encore des ambitions surnaturelles. Alors peut-être vaut-il mieux chercher ce que ces femmes pourraient avoir en commun, elles qui incarnent si bien ces 30 Glorieuses de légende. De simples jeunes filles, des mères, des vieilles dames dont les apparences souvent modestes cachent difficilement la volonté de vivre. Parfois modèles, parfois soleils, parfois ombres et parfois silences. Elles n'avaient rien à gagner. Ce que leurs propres mères n'avaient pas pu accomplir, y sont-elles parvenues ?
Le 36 quai des orfèvres, siège mythique de la Police judiciaire Parisienne, va fermer ses pores à tout jamais. Les brigades centrales déménagent et bientôt la nuit va s'engouffrer dans cette fourmilière qui depuis 1921 bat sans arrêt au rythme du coeur des hommes, policiers, voyous et assassins. "Lucky Lux" ou plutôt Michel Hoffmann, commissaire divisionnaire, patron du DSAR, se promet d'acheter un boulier chinois pour compter les morts qui lui tombent dessus comme à Gravelotte. Ce n'est plus une hécatombe, c'est l'Apocalypse. Un nom revient tout au long de son enquête : "Potemkine !". Il ne s'agit pas du cuirassé mais d'une ombre...
Elle, Odette, Bretonne, fille d'ostréiculteurs, diplômée mais pas que, travaille à la Sorbonne, milite pour des causes nobles, justice sociale, droits de l'Homme, liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes. Nous sommes en 1950. Lui, Mohand, Algérien, grand, balèze, déteste l'hypocrisie et les esprits tordus. Né en Kabylie, montagnard de père en fils, berger ayant le certif en poche, il s'expatrie. Motif récurrent, gagner un peu de monnaie. Lieu de leur rencontre, qu'ils n'ont pas choisi, Paris. Rencontre abracadabrantesque. Tout de suite, elle lui saute au cou. Puis, très amoureuse, elle veut qu'ils se marient. Lui acquiesce. La noce, précipitée, fut célébrée en Bretagne, chez les parents d'Odette. Mohand découvre la dégustation des huîtres vivantes. Il fait la grimace mais il finit par reconnaître que c'est bon. Rien à voir avec les cuisses de grenouilles auxquelles il a refusé de goûter. Pauvres bestioles. Le coup de foudre d'avant-avant hier s'étiole dès la naissance du premier bébé. Odette se pose alors des questions. S'est-elle gourée en épousant le Viking du Djurdjura ? Le mariage mixte est-il responsable de la débâcle de ce couple ? Congé lui est donné. Jamais il ne s?est insurgé. Jamais il n?a élevé la voix. Odette l?a façonné, l?a cultivé, le poussant à lire, puis elle l?a chassé. Ne sachant que faire, Mohand reste à Paris jusqu?à sa retraite. Puis il retourne en Kabylie.