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Une journée en février
Kharitonov Mark Sergueevitch
FAYARD
15,50 €
Épuisé
EAN :9782213601311
En 1837, à Paris, pendant le carnaval, Gogol, le maître absolu du grotesque et du fantastique russe, parcourt les rues de la rive gauche, se mêle à la foule, perd ses deux compagnons ukrainiens, se retrouve seul et entre dans un restaurant. Là il s'assoit à la table d'un gros monsieur qui s'avère être un compatriote, et même un écrivain, et même... Gogol en personne. Le réalisme magique de cette oeuvre enchantera les quêteurs d'insolite, les esthètes et ceux qui se posent la question : sur quelle illusion repose l'art ? Né en 1937, l'écrivain moscovite Mark Kharitonov est sorti sous les feux de la rampe avec l'attribution du premier Booker Prize russe, en décembre 1992. Sont parus chez Fayard : la trilogie "Une philosophie provinciale", Un mode d'existence, Les Deux Ivan et Etude sur les masques. A propos de "Une philosophie provinciale" : "Une oeuvre puissamment mystérieuse" (Claire Devarieux, Libération) "Quelle simplicité, quelle humanité, que de poésie et de pitoresque ! En somnme, que de beauté ! " (Christian Combaz, Le Figaro) "On se laisse emporter... par la musique d'une langue qui foisonne, par le parti pris d'une ironie qui vous fait éclater de rire. . ". (Nicole Zand, Le Monde)
Les deux Ivan sont le tsar Ivan IV le Terrible et un simple d'esprit qui se rencontrent dans un monde tout gluant de terreur, où les bourreaux, les chiens, les gens d'armes, les bandes de pillards ou d'enfants voleurs de Moscou, qui ont appris d'emblée à vivre avec la terreur, composent un tissu humain compact, haut en couleur et profondément poétique. Kharitonov manie le coloris historique comme une pâte de rêve, love son récit dans les psychologies frustes et anxieuses d'autrefois, dont celle du tsar qui, entre beuveries et massacres, court les monastères pour soulager son âme. Ces esclaves de boue, qu'Ivan pétrit à son aise, dont il détruit les pauvres isbas pour se faire un chemin de bois à travers les marais, sont comme hallucinés ; ils ont, comme des chiens, goûté au sang humain et contracté une sorte de rage. Mirages et sortilèges sont magnifiquement ourdis dans le récit. Ivan finit par ressentir tout ce peuple et cet espace dévasté de son pays comme son propre corps. Monté par les échafaudages au sommet de la cathédrale aux sept bulbes qu'il fait ériger près du Kremlin, il voit l'espace s'ouvrir béant, il distingue Kazan et l'Oural, la mer et les vaisseaux, l'abîme et les marais, cependant qu'un ouvrier, pris de terreur en apercevant le tsar à cette hauteur prodigieuse, tombe dans le vide. Maître des hommes, Ivan l'est aussi de la mémoire, il dicte l'histoire à son diacre, se fait relire les chroniques de ses guerres. Le Khan tatar parvient aux portes de la capitale de bois et d'or, incendie les premiers quartiers de Moscou, puis, changeant d'avis, s'éclipse, cependant que l'autre Ivan, Ivan l'imbécile, berce un enfant enflé par la faim et extrait de sa chapka un oiseau magique qui ne renaît que lorsque apparaît sur terre " un martyr dément susceptible de se mettre en quête de mémoire et de sens ". Sans jamais disserter, fidèle à sa poétique de la magie, Kharitonov est aussi un quêteur de sens : que signifie tant de tourment sur les terres arides de l'histoire humaine ? Né en 1937, traducteur de Thomas Mann et d'autres auteurs allemands, Kharitonov est sorti sous les feux de la rampe avec l'attribution du premier Booker Prize russe, en décembre 1992. Déjà parus chez Fayard : Prokhor Menchoutine, Netchaïsk, suivi de Ahasvérus, la Mallette de Milachévitch et Un mode d'existence.
Résumé : Un orphelin sourd-muet, échappé d'un asile, a trouvé une mère en Maria. Son ancien mari passe prendre un outil qu'il a laissé là avant leur séparation et il se moque d'elle : jamais ils n'ont eu d'enfants, lui était impuissant et elle ne l'a jamais trompé. Alors pourquoi se berce-t-elle de rêves ? Peu à peu, ou plutôt par instillation, le lecteur se prend à penser qu'il s'agit sans doute de Marie et Joseph, et que leur fils est Jésus... Le guide d'un musée consacré à un grand personnage qui ressemble étrangement à Staline mène un monologue où se dessine une vie d'aliénation, de souffrance ainsi que d'admiration... Une file d'attente sans fin, en boucle, où personne ne sait ce que l'on attend, se métamorphose petit à petit en attente eschatologique, en attente de Messie... Casanova est à la recherche de la solution d'un problème qui le hante comme les équations de Tartini. L'érotisme devient un travail de logique et de prédiction, un cauchemar pour le cerveau... Pour atteindre la perfection harmonique, des musiciens ne jouent plus que dans leurs têtes et réussissent ainsi à former un " orchestre muet ". Le fantastique de Kharitonov émerge du social, lentement, inexorablement, dans ces récits à la tonalité assourdie et troublante.
Un mode d'existence, de Mark Kharitonov, est le journal de bord d'un esthète moscovite à travers les années d'isolement du brejnévisme, ce sont un peu les " chutes " de ses manuscrits majeurs, pensées en vrac qui s'assemblent mystérieusement comme celles du héros d'Une philosophie provinciale, échos des conversations, des lectures, des méditations d'un homme de culture enfermé dans le sous-sol de l'intelligentsia, rebelle à tout enrégimentement et qui se nourrit secrètement de l'hétérogénéité des langues, des êtres, des métaphores propres à chaque style, chaque climat, chaque époque, chaque vie d'homme. Pourquoi l'homme a-t-il un tel désir de se raconter en dépit des cloisons ? Thème majeur du livre, le bonheur que donne l'art : ces atomes de félicité que procurent un paysage gris de ville, un matin enfumé, un fragment mutilé de vie trouvé à la décharge, le bonheur d'une communication chez un Musil, chez un Pasternak, poète omniprésent dans le brouhaha lyrique de cette réflexion libre. Tous ces thèmes se retrouvent dans le superbe " tombeau " littéraire que Kharitonov érige à la mémoire de son ami Sidour, poète, sculpteur, peintre, manufacturier d'art à partir des déchets de la vie. Né le 31 août 1937, Mark Kharitonov a glané où en étaient ce jour-là, cette année-là, les terribles purges, à quoi pouvait ressembler le foyer ouvrier où vivait sa mère à Moscou, ce que pensait le poète Kharms. Terrains vagues de Moscou, cheminées noires, talus de chemin de fer composent une aquarelle précieuse, à la Music : car le paysage est en nous, et surtout dans ce gamin maigre, boule à zéro, le petit Mark, qui grandit en pays stalinien. Il lit son siècle à l'aide de Mandelstam le poète, de Thomas Mann le magicien, qu'il a traduit en russe pendant toute la période où lui-même n'était pas publié, de Pasternak " l'homme heureux ", un de ses modèles. Son " mode d'existence ", c'est évidemment l'art, la transfusion de bonheur à quoi procède tout art, même l'art le plus tragique. L'art, concentré de vie, est une matière mystérieuse et première de la vie.
C'est un conte que Prokhor Menchoutine, situé dans une petite ville de province russe à l'époque soviétique. On y rejoue, sans le savoir (mais Prokhor, lui, le sait), le monde magique des contes russes. Ils sont tous là, les héros du genre : parias, inadaptés, princes découronnés. Mais c'est aussi l'imaginaire européen qui est convoqué sous l'habit de Cendrillon de la bourgade soviétique : la Comédie des erreurs de Shakespeare, les Contes de Grimm, et surtout ceux de Perrault. Le récit s'achève par un grand bal au " Palais " (le palais de la Culture local) le soir de la mise en scène tant attendue de Cendrillon. Mais qu'adviendra-t-il de la bourgade ensorcelée au douzième coup de minuit ? Chacun son grain de folie en ce monde de la féerie russe, des lubies loufoques, des songe-creux, des dormeurs nés qui, telle la tante Pacha, vont dormir comme on va au cinéma : pour voir des rêves. Prokhor est un clown raté qui, petit garçon, se sculptait le nez avec un fer à repasser aux braises chaudes ; c'est lui qui entraîne toute la bourgade dans sa mystification, et, l'instant d'une fête, lui fait croire que tout est interchangeable. Il devine les pensées d'autrui, gagne des paris absurdes ; pourtant cet adepte exalté de Dionysos, égaré dans la province soviétique, est aussi un naïf, un blessé de la vie. Mais le peuple russe a toujours considéré loufoques et saltimbanques comme des hommes de Dieu. Ce conte de Kharitonov est le premier volet d'une trilogie intitulée " Une philosophie provinciale ". Son réalisme magique reprend la grande tradition gogolienne. Ecrit pendant l'époque de la " stagnation ", c'est-à-dire le brejnevisme, publié avec un retard de quinze ans dû à l'inadaptation du texte au soviétisme ordinaire, il ne ressemble à rien, n'étant ni soviétique ni dissident : il est ailleurs, démontrant que le rêve est indissociable de la vie, que la Russie, même soviétique, continue d'être le pays des chimères et coquecigrues. Né en 1937, traducteur de Thomas Mann et d'autres auteurs allemands, Kharitonov est sorti sous les feux de la rampe avec l'attribution du premier Booker Prize russe, en décembre 1992. Les deux autres textes de la trilogie paraîtront à l'automne 1994.
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
Abromont Claude ; Montalembert Eugène de ; Fourque
Extrêment complet et passionnant, un guide à conseiller à tous les musiciens, qu'il soit étudiant, professionnel ou simplement mélomane." --Piano, le Magazine