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LA RAISON DES NORMES ESSAI SUR KANT
KERVEGAN
VRIN
12,00 €
Épuisé
EAN :9782711625918
Comment la raison normative évalue-t-elle les maximes d'action fournies par la raison commune ? Afin de répondre à cette question, le présent ouvrage étudie les transformations des concepts kantiens de liberté à partir de la Critique de la raison pure ; puis il expose la théorie kantienne de la normativité en réinterprétant la " loi fondamentale de la raison pure pratique " et le " fait de la raison " ; il établit alors qu'il y a une théorie pure de la normativité juridique (une métaphysique du droit) ; enfin, examinant les rapports de la philosophie pure (métaphysique) et de l'anthropologie, il s'interroge sur l'existence d'une philosophie de l'histoire chez Kant, et suggère pour finir que le kantisme dessine la perspective d'une rationalité incarnée dans des pratiques et des institutions, ce qui n'est pas sans annoncer la conception hégélienne de la Sittlichkeit.
Résumé : Les Principes de la philosophie du droit sont l'un des textes les plus lus et les plus controversés de Hegel. Il s'agit à la fois d'un bilan de l'histoire de la philosophie morale, juridique et politique et d'une analyse audacieuse et " engagée " de la modernité post-révolutionnaire. Pourtant, malgré sa destination pédagogique et sa rédaction soignée, le précis de 1820 est d'un abord malaisé, dans la mesure où il ne se soustrait à aucune des exigences de ce qui, pour Hegel, garantit la " scientificité " d'un traité de philosophie. Il n'y a rien d'étonnant, par conséquent, au fait que les querelles d'interprétation les plus violentes aient eu lieu à son propos et que la pensée hégélienne du droit ait, tour à tour, servi de caution ou de repoussoir aux prises de position politiques les plus diverses. La difficulté du texte mais aussi le caractère stratégique des thèmes abordés font en effet des Principes de la philosophie du droit un idéal miroir à fantasmes. Or ce que l'on nomme la " fin des idéologies " ouvre la voie à une lecture plus sereine (mais peut-être plus exigeante) de la conceptualisation hégélienne du droit et pas seulement de ce que Hegel nomme le " droit étatique ", mais aussi du droit privé (" abstrait "), centré sur la question de la propriété, et du droit qu'a l'individu de voir honorée sa qualité de sujet moral agissant. Ce recueil d'études, qui illustre les tendances actuelles de la recherche, propose une lecture à la fois synthétique et détaillée de l'ouvrage de Hegel en insistant non seulement sur sa dimension " systématique " et spéculative, mais aussi sur ses prises de position les plus novatrices. Il ne s'agit pas de prétendre que Hegel soit avant tout un philosophe du droit, encore moins de mettre entre parenthèses le puissant soubassement métaphysique ou spéculatif de sa doctrine de l'esprit objectif, mais de réévaluer ce moment du système et de tirer parti des appuis qu'il peut offrir à la philosophie contemporaine.
Explorer l'Allemagne, c'est explorer quelque chose qui était là avant d'exister : un emplacement sur la carte de l'Europe, une tache dans son histoire, au mieux une " culture ", comme on dit quand on ne sait comment nommer les choses. C'est aussi se confronter à des constructions intellectuelles grandioses qui ont eu pour auteurs, entre autres Kant, Fichte, Hegel, Marx, mais aussi Nietzsche, Husserl, Heidegger. Pourtant, si la philosophie a pour territoire l'universel, pourquoi s'intéresser à la philosophie allemande ? Et d'abord, peut-il y avoir quelque chose de tel ? C'est à une enquête sur la spécificité de la philosophie d'expression allemande que nous invite ce livre. Enquête qui réfléchit en même temps le parcours de son auteur. Ainsi l'entretien avec Thibaut Gress qui ouvre le livre montre le long commerce passionné entretenu par Jean-François Kervégan avec les penseurs allemands, de Kant et Hegel à Habermas et Honneth ; il éclaire son mode d'approche et la façon dont il comprend aujourd'hui l'activité philosophique. Cet échange dense et précis interroge la conception ambitieuse de la rationalité portée par cette philosophie : le projet d'autodétermination de la raison, son pouvoir normatif. Les chapitres ultérieurs détaillent ces formes et pouvoirs de la rationalité au prisme de l'événement révolutionnaire et scrutent les échos contemporains des thèmes et des problèmes issus de la tradition de l'idéalisme allemand. Ils évoquent enfin la question disputée de l'existence d'une pensée post-métaphysique. Un parcours engagé et érudit.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich ; Kervégan Jean-Fran
Publié en 1820, les Grundlinien der Philosophie des Rechts, ouvrage connu en France sous la dénomination de Principes de la philosophie du droit, sont une des oeuvres majeures de la philosophie juridique et politique moderne. Le présent volume en propose une traduction entièrement nouvelle, fondée sur un réétablissement critique du texte original. La présentation (largement augmentée) et les notes permettent de clarifier les principales difficultés que pourrait rencontrer le lecteur d'aujourd'hui. On trouvera en outre, pour la première fois, la traduction d'annotations manuscrites portées par Hegel sur son exemplaire personnel, celle d'extraits des cours prononcés par lui durant les années où il rédigeait son ouvrage (1817-1819), et celle de son tout dernier cours donné à la veille de sa mort. Il s'agit donc de l'édition française la plus complète réalisée jusqu'à ce jour. Tout en faisant sien l'héritage des doctrines du droit naturel, Hegel pense l'articulation des différents domaines (juridique, moral, politique) de la philosophie pratique d'une manière qui rompt avec les présuppositions théoriques individualistes de ce courant au profit d'une approche dialectique et institutionnelle de " l'esprit objectif ". Ce traitement novateur du droit a ouvert la voie aux contestations révolutionnaires (Marx se veut un disciple hérétique de Hegel) ; mais il a servi aussi de caution à diverses entreprises de restauration. La légende du " double visage " de la philosophie hégélienne s'enracine sans doute dans l'hétérogénéité de cet héritage.
Résumé : " Ce qui rapproche le juriste Carl Schmitt de Hegel, c'est un refus radical du juridisme. Comme Hegel, il rejette la séparation abstraite du droit et de la politique, qui recouvre souvent en fait la subordination du droit à une politique, quand bien même celle-ci se pare du vêtement de la morale. C'est en des termes voisins que Schmitt et Hegel repoussent les abstractions normativistes, universalistes et moralistes ". L'intérêt que rencontre aujourd'hui la pensée de Carl Schmitt tient d'abord à la critique qu'il mène de la doctrine de l'Etat de droit et des représentations libérales qui forment son assise. Son ralliement au national-socialisme, conséquence éventuelle de sa réflexion théorique, rend nécessaire la discussion de ses arguments. Pour J.-E Kervégan, la confrontation avec la philosophie de Hegel révèle les limites de son postulat décisionniste, selon lequel l'ordre normatif du droit repose sur une décision irréductible à toute rationalité. En retour, cette confrontation éclaire la signification profonde de la philosophie politique de Hegel et permet d'en mesurer l'actualité.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.