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Hypérion. Edition bilingue français-anglais
Keats John
DOGANA
20,30 €
Épuisé
EAN :9782940055241
Né le 31 octobre 1795, John Keats a 22 ans lorsqu'il publie Endymion, poème narratif en quatre livres, puissamment inspiré. Il n'en a pas 23 lorsqu'en septembre 1818, à Hampstead, il commence à écrire l'une de ses ?uvres les plus ambitieuses, Hypérion, au chevet de son frère cadet, Tom, que terrasse la tuberculose. Tom meurt le 1er décembre. Les deux premiers livres d'Hypérion sont alors probablement écrits ; ce qui vint au jour du troisième aurait été rédigé en avril 1819. Dix mois plus tard (février 1820), c'est l'hémoptysie, l'impossibilité de travailler, les déchirantes lettres à la fiancée, Fanny Brawne. Cette quasi-agonie, dans la pleine lucidité, se prolonge durant un an, plus douloureuse de se conjuguer avec l'exil lorsque vient l'inévitable prescription de l'Italie, antidote aux progrès de l'affection pulmonaire. Arrivé à Rome le 17 novembre 1820, John Keats y meurt le 23 février 1821, dans le petit logement de la place d'Espagne où il est assisté jusqu'à la fin par l'inlassable dévouement du peintre Severn, qui l'a accompagné en Italie. C'est durant la maladie de Keats, huit mois avant sa mort, qu'avait paru son recueil Lamia, Isabella, The Eye of St Agnes, and Other Poems, qui contenait des pièces appelées à la plus grande célébrité : les odes À un rossignol, Sur une urne grecque, À la mélancolie ainsi que notre poème Hypérion. Les poèmes, choisis sur manuscrit par les éditeurs, Taylor et Hussey, étaient précédés d'un avertissement dans lequel ceux-ci prenaient sur eux l'entière responsabilité de la publication d'Hypérion (" A Fragment "), malgré son état d'inachèvement et bien que l'auteur n'ait pas souhaité le voir figurer dans le livre. " Le poème devait être aussi long qu'Endymion ", affirmaient-ils, " mais l'accueil réservé à cet ouvrage découragea l'auteur de le mener à bien. " Sur son exemplaire personnel, Keats biffa cet avertissement, dont il n'était pas responsable, et nota que la dernière affirmation était un " mensonge " (Hypérion avait été entrepris après l'échec d'Endymion : donc en dépit des rebuffades essuyées lors de cette publication). Les raisons pour lesquelles Hypérion fut abandonné sont effectivement à chercher en de tout autres directions : dans sa correspondance le poète évoque un mouvement de révolte contre l'emprise exercée alors sur lui par le vers de Milton ; certains ont mis en avant le fait qu'Hypérion est un poème d'une inspiration particulière au sein de l'?uvre de Keats, un moment qu'il ne voulut pas prolonger artificiellement. Toujours est-il que le poète s'efforça de traiter à nouveau, et d'une tout autre façon, le thème d'Hypérion : ce fut The Fall of Hyperion. A Dream (été 1819, jamais terminé) - poème qui n'occupe pas dans son ?uvre, tant s'en faut, une place aussi exceptionnelle que celle du premier Hypérion. Il faut dire enfin qu'il s'est trouvé un critique éminent, John Middleton Murry, pour voir dans le premier Hypérion un poème complet, auquel Keats aurait volontairement donné un aspect inachevé. Admiré par Byron, Hypérion sera le poème de Keats que Shelley préférait. Leigh Hunt rapporte, à ce propos : " On a tiré parti, de manière fort habile et apologétique, de l'attachement bien connu de M. Shelley pour la Bible, afin de le représenter comme en ayant une sur lui au moment où il fut noyé. Rien n'était plus vraisemblable ; et il est vrai qu'il avait, dans sa poche, un livre, dont les restes ont été enterrés avec lui à la demande de l'auteur de cet article, mais c'était le volume des poèmes de M. Keats, contenant Hypérion, dont il était un grand admirateur. Il me l'emprunta quand je partis, et sachant quelle valeur il avait aussi à mes yeux, il me dit qu'il ne s'en dessaisirait pas jusqu'à ce qu'il me revît. " P. de R. La traduction de Paul de Roux a été faite d'après le texte publié dans The Complete Poems, edited by John Barnard, second Edition, Penguins Books, London 1977.
De toutes les figures de la mythologie, ce sont celles qui ont trait à la beauté que Keats privilégie, faisant ainsi de Psyché, Apollon et Endymion non seulement des allégories de la création poétique, mais aussi des êtres qui souffrent, des poètes dont les chants sont destinés à s'évanouir, des bergers dont l'errance évoque le questionnement ontologique du poète... Chez Keats, le lyrisme n'est pas seulement un ton. C'est aussi et surtout l'indice d'une quête identitaire. Son oeuvre tout entière est une recherche sur le statut du poète, une exploration en procès sur les limites de l'imagination poétique. À travers des pièces d'une sensualité unique, même pour un romantique de la seconde génération, Keats conduit fébrilement son questionnement et malgré la profusion verbale et la variété de formes, malgré l'abondance d'images qui menace d'écoeurement, la satiété n'est jamais atteinte. Keats n'offre jamais de réponse, faisant ainsi de son oeuvre un projet en perpétuel mouvement.
Résumé : Notre collection "L'Anthologie poétique" vous propose de découvrir la biographie ainsi que les plus grands poèmes d'écrivains célébrés ou injustement tombés dans l'oubli, venant d'horizons multiples et variés.
A thing of beauty is a joy for ever : Its loveliness increases ; it will never Pass into nothingness, but still will keep A bower quiet for us, and a sleep Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing. Therefore, on every morrow, are we wreathing A flowery band to bind us to the earth, Spite of despondence, of the inhuman dearth Of noble natures, of the gloomy days, Of all the unhealthy and o'er-darkened ways Made for our searching : yes, in spite of all, Some shape of beauty moves away the pall From our dark spirits. Such the sun, the moon, Trees old and young, sprouting a shady boon For simple sheep ; and such are daffodils With the green world they live in ; and clear rills That for themselves a cooling covert make 'Gainst the hot season... Endymion, book I, 1-18 (April-December, 1817). Tout objet de beauté est une joie éternelle : Le charme en croît sans cesse ; jamais Il ne glissera dans le néant, mais il gardera toujours Pour nous une paisible retraite, un sommeil Habité de doux songes, plein de santé, et qui paisiblement respire. Aussi, chaque matin, tressons-nous Des guirlandes de fleurs pour mieux nous lier à la terre, Malgré les désespoirs et la cruelle disette De nobles natures, malgré les sombres journées Et tous les sentiers malsains et enténébrés Ouverts à notre quête ; oui, malgré tout cela, Une forme de beauté écarte le suaire De nos âmes endeuillées. Tels sont le soleil, la lune, Les arbres vieux ou jeunes qui offrent le bienfait de leurs printaniers ombrages Aux humbles brebis ; tels sont encore les narcisses Et le monde verdoyant où ils se logent, les ruisseaux limpides Qui se bâtissent un frais couvert En vue de l'ardente saison... Endymion, livre I, 1-18 (avril-décembre 1817).