Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les codes de la différence. Race-Origine-Religion France-Allemagne-Etats-Unis
Kastoryano Riva
SCIENCES PO
23,50 €
Épuisé
EAN :9782724609615
Comment définit-on l'Autre en France, aux Etats-Unis et en Allemagne? Les analyses d'historiens, de politistes et de sociologues réunies dans cet ouvragemontrent comment chaque société définit ses codes de la différence en fonction de son projet national. Cette différence transparaît dans les concepts - et leur évolution - élaborés pour désigner l'Autre, et les politiques qui lui sont appliquées. Elle se révèle également dans les interactions entre groupes et individus. La "race" demeure aux Etats-Unis le fondement d'une altérité permanente. En France, en revanche, la religion s'est instaurée comme différence institutionnelle, alors qu'en Allemagne, la religion et la langue ont remplacé la nationalité dans la définition de l'étranger. Les pays doivent gérer une diversité qui s'impose en termes de reconnaissance, qu'elle soit culturelle et/ou institutionnelle. Ils avancent par tâtonnement et mêlent principes historiques et pragmatisme politique. Pour ces démocraties, le défi est le même: valoriser la différence sans engendrer l'exclusion.
Poirier Jean-Louis ; Kastoryano Riva ; Jaffrelot C
« La petite guerre » imaginée par Clausewitz suscite l?effroi : guerre qui échappe aux Etats ; guerre de partisans où les terroristes, ces lointains héritiers des nihilistes russes dont la mort n?est pas « le maître absolu », méconnaissant la mort, ne reculent pas devant l?extrême violence. Le terrorisme relève en cela d?« une région originaire et obscure », comme le rappelle Jean-Louis Poirier à propos d?un récent ouvrage d?Hélène L?Heuillet : quelque chose en lui reste « incompréhensible ». L?analyse des formes contemporaines du terrorisme n?en est pas moins devenue, dans le sillage du 11 septembre, un champ d?études à part entière et son aspect le plus débattu, aujourd?hui, réside sans doute dans l?ambiguïté de son fonctionnement, entre territorialisation et transnationalité : c?est le paradoxe exploré dans notre dossier par Riva Kastoryano. Mais le terrorisme, qui apparaît souvent solitaire et toujours clandestin, peut aussi être le fidèle allié d?un État. Ainsi du Pakistan qui, à travers des actions spectaculaires et meurtrières comme l?attaque commise à Mumbai en novembre 2008, entend « saigner l?Inde ». Christophe Jaffrelot examine ici le cas singulier du groupe responsable de ces attentats, le Lashkar-e-Taiba. Il y a un autre effet « global » de l?extrême violence terroriste, qui est de pousser les Etats à adopter, en retour, des politiques sécuritaires et à instaurer des régimes d?exception qui bafouent les libertés, portant du même coup atteinte à l?universalisme des normes juridiques internationales. Le terrorisme s?invite ainsi dans le débat juridique : on en trouvera l?écho dans l?entretien que Mireille Delmas-Marty nous a accordé, au moment où paraît Vers une communauté de valeurs, quatrième et dernier volet de son vaste polyptique de théorie du droit.
Résumé : Que faire des restes de corps des auteurs des attentats suicides de New York (2001), de Madrid (2004) et de Londres (2005) ? Cet ouvrage analyse la réponse apportée à cette question par les Etats-Unis, l'Espagne et la Grande-Bretagne à partir des rapports officiels qui retracent les trajectoires de ces djihadistes entre 2001 et 2005 en Occident, mais aussi d'entretiens menés dans chacun des pays avec des autorités publiques, des acteurs locaux, des représentants des communautés locales dans le pays d'immigration et dans le pays d'origine. Pour ces Etats, l'enterrement des bombes humaines explosées sur leur territoire n'est pas un enjeu : ni juridique, ni politique, ni diplomatique. Leur réaction vis-à-vis de ces corps a une portée symbolique et morale. Elle renvoie à la légitimité de l'ennemi et à la reconnaissance de sa cause comme de sa mort. L'enterrement de ces jeunes qui, animés par une narration identitaire sur leur appartenance à l'Oumma - une nation globale sans frontières -, rejettent tout attachement à une terre, pose la question du territoire comme appartenance. Les trois cas étudiés ici renvoient en fait à la notion de guerre non territoriale, avec le corps comme arme échappant au contrôle de l'Etat et rendant la justice inapplicable.
Destiné aux étudiants et aux enseignants en relations internationales et en science politique, ainsi qu'aux diplomates et aux journalistes, cet ouvrage se propose d'éclairer la compréhension du monde contemporain à partir des théories des relations internationales. Pédagogique et exhaustif, il rappelle l'environnement intellectuel et historique de cette discipline, présente ses principaux paradigmes, concepts et débats structurants, avant de s'interroger sur les liens entre théorie et pratique, sur les défis que posent les mutations de ce début de XXIe siècle et sur l'état de l'art en France. Chaque chapitre est accompagné de bibliographies commentées qui, jointes à la bibliographie générale, renvoient le lecteur aux textes fondamentaux et de seconde main qui compléteront ce tour d'horizon. Actualisée, cette sixième édition met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies.
La manière dont l'Allemagne traite ses habitants [... ] n'est pas plus notre affaire que ce n'est celle d'un autre gouvernement de s'interposer dans nos problèmes". Les mots de Robert Jackson, procureur en chef américain au procès de Nuremberg, sont sans ambages : la répression des crimes racistes commis par les nazis ne saurait ouvrir la voie à un examen international de l'ordre racial qui prévaut alors aux Etats-Unis. L'atteste la définition particulièrement corsetée du crime contre l'humanité adoptée en 1945. A partir d'une enquête sur les lawyers qui, outre-Atlantique, ont jeté les bases du procès, impulsé et conduit les débats, Guillaume Mouralis propose une relecture passionnante de Nuremberg. Il révèle le faisceau des contraintes professionnelles, sociales et culturelles qui ont lourdement pesé sur ce moment expérimental. Il s'interroge finalement sur son legs. Comment a-t-il été mobilisé dans les luttes afro-américaines pour les droits civiques, ou celles, ultérieures, contre la guerre du Vietnam ? Et comment ces appropriations militantes ont-elles marqué l'émergence d'un dispositif judiciaire international ?
Autant que l'appartenance sociale, le parcours scolaire ou la formation, la vie au travail construit l'identité des individus. Il revient à Renaud Sainsaulieu d'avoir mis en lumière, dès les années 1970, l'effet culturel central de l'activité professionnelle, dans un ouvrage qui révolutionna l'école française de sociologie des organisations : L'Identité au travail. Pour éprouver la construction de sa propre identité au travail, Renaud Sainsaulieu vit l'expérience d'ouvrier d'usine, qu'il relate dans ce livre. Il mobilise en suite des protocoles d'analyse plus classiques, mêlant la sociologie et la psychologie, pour distinguer des cultures au travail - négociation, retrait, affinités, fusion. Il démontre ainsi que les organisations sont des lieux d'apprentissage et de définition de soi. Réalisée à une époque charnière de tertiarisation de l'économie, de renouvellement des structures d'encadrement et d'arrivée massive des femmes dans les emplois de bureau, l'analyse se prolonge bien au-delà de l'atelier ouvrier pour montrer, comme l'écrit Norbert Alter dans la préface de cette édition, que l'entreprise constitue "l'un des lieux de socialisation centraux du monde contemporain et de ce fait dispose d'une responsabilité sociale" . La réédition très attendue d'un ouvrage capital qui demeure la base de l'oeuvre d'une vie de chercheur engagé et dont les observations n'ont rien perdu de leur actualité.
La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des Etats. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.