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Etat et société politique. Approches sociologiques et philosophiques
Karsenti Bruno ; Linhardt Dominique
EHESS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782713227127
La question de l'Etat, dans les sciences sociales, ne peut se cantonner à étudier les rapports entre l'Etat et la société. Bien que souvent spontanément présente dans ces disciplines, une telle représentation les condamne de facto à démissionner devant l'Etat et à adopter des langages étrangers à leur épistémologie. Au mythe de la dissociation de l'Etat et de la société, les sciences sociales sont obligées d'opposer une autre conception de l'Etat qui le maintient dans une étroite dépendance de l'ensemble social dont il est un élément de différenciation. Etat et société ne sauraient par conséquent être considérés comme deux entités de nature équivalente, car l'un est contenu par l'autre. Cela n'empêche pas toutefois de reconnaître à l'Etat une place prééminente et de concevoir qu'il participe à la reproduction des rapports sociaux de pouvoir. La perspective sociologique donne ainsi à l'Etat une physionomie particulière. Elle fait porter des exigences fortes sur l'enquête empirique. Elle modifie également profondément le concept de l'Etat lui-même. Les contributions à ce volume, qui proviennent de la plume de juristes et de politistes, d'anthropologues, de sociologues et de philosophes, ont en commun d'assumer cette perspective dans ses attendus et ses conséquences. Elles jettent ainsi une lumière plus réaliste aussi bien sur la genèse historique de l'Etat, telle qu'elle procède de l'avènement des sociétés modernes, que sur l'expérience politique que nous faisons, dans la vie sociale telle que nous connaissons aujourd'hui, de l'Etat et du rôle qu'il y joue comme institution.
Résumé : Avec l'entrée des juifs dans la modernité démocratique et leur présence dans les sociétés européennes qui cherchent à la réaliser, il en va d'une question de philosophie politique générale. C'est aussi le cas quand a lieu leur sortie, qui prend sens dans une histoire où nous sommes tous impliqués. Ce livre enchaîne différents gestes conceptuels par lesquels certains juifs, au cours des deux derniers siècles, ont entrepris de penser les liens entre judaïsme et modernité : certaines ?uvres d'Émile Durkheim, de Leo Strauss, de Bernard Lazare, de Joseph Salvador ou encore d'Heinrich Heine sont ainsi traversées à l'aide d'une même interrogation : à quelles alternatives est confronté le juif moderne, celui qui, en tant que juif, fait l'épreuve de l'émancipation ?
Résumé : La pensée sociologique de Mauss est plus actuelle encore que celle de son oncle et maître Durkheim. L'Essai sur le don, son texte le plus célèbre, a connu un écho qui dépasse les cadres de la sociologie pour s'étendre à l'ethnologie, l'histoire, la psychanalyse, la linguistique, l'économie et, bien entendu, la philosophie. Proposant dès 1925 une approche radicalement nouvelle de la réalité sociale, le texte ouvre en effet les principales questions autour desquelles la pensée de l'aprèsguerre s'organise : celle du statut des sciences humaines et de leur possible unité ; celle de la nature spécifique du savoir psychanalytique et de sa place dans cette configuration générale; celle de la solidarité problématique entre le sens et la structure des phénomènes sociaux... Si une lecture philosophique de l'Essai sur le don s'impose, c'est parce que la révolution théorique que ce texte accomplit repose entièrement sur la création, à partir d'une tradition sociologique que Mauss reprend et transforme, d'un concept original: celui de " fait social total ".
La sociologie n'est pas un savoir quelconque. Dans son statut scientifique, elle entretient un rapport à la politique qui, loin d'être extérieur, touche à sa définition même. Voulue par une société déterminée, à un moment déterminé de son histoire, la sociologie a surgi sur l'onde de choc de la Révolution française comme un savoir manquant, une tâche à remplir pour que la politique moderne puisse enfin s'accomplir. Son but fut d'abord d'élever la pensée à la hauteur du grand défi lancé par la Révolution : faire de la société le sujet de ses propres transformations, lui fournir les moyens d'agir sur elle-même. Bruno Karsenti explore ici cette refondation de la politique au prisme de l'?uvre d'Auguste Comte. Grâce à Comte, une alternative s'ouvre, en marge des conceptions qui dominent et structurent le débat public, où les conditions de fonctionnement des sociétés post-révolutionnaires sont projetées en pleine lumière. A l'appui d'une conception de l'esprit radicalement nouvelle qui culmine dans une anthropologie, il s'agit de déployer sans fléchir toutes les conséquences du fait qu'une société parvienne au gouvernement d'elle-même. Et il s'agit aussi, en contrepoint, de rendre plus apparents nos propres évitements, lorsque nous nous contentons d'une acception convenue, et au fond peu exigeante, de la démocratie.
Comment les minorités peuvent-elles s'intégrer aux nations européennes ? Comment renouer avec le projet émancipateur de l'Europe moderne, qui apparaît plus que jamais en crise ? Pour répondre à ces interrogations, Bruno Karsenti adopte le prisme de la question juive : question qui se pose à propos de cette minorité que sont les juifs, question qu'ils se posent à eux-mêmes au fil de leur intégration. Il retrace l'essor et le déclin des centres que les juifs ont constitués tout au long de leur histoire moderne, entre assimilation et émancipation, discrimination et persécution. Cette trajectoire heurtée part de l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492, s'instaure comme question juive dans l'Allemagne du xixe siècle, manque de disparaître avec l'anéantissement du monde juif à l'Est et se transforme avec la persistance d'un centre juif en France. Nourri par des travaux d'histoire et de sociologie, ce livre de philosophie politique éclaire le rapport complexe des juifs de la diaspora à leur identité, aux nations dont ils sont devenus les citoyens et, depuis 1948, à l'Etat d'Israël. En restituant ce cadre, Bruno Karsenti met au jour les paradoxes qui traversent tous les processus d'intégration, depuis la Shoah, les décolonisations et le 7-Octobre. Ce diagnostic s'accompagne d'un engagement : comprendre l'antisémitisme et le racisme, interroger le sionisme et le modèle républicain, c'est rouvrir le champ d'une critique politique fidèle à l'idéal d'émancipation - et donc à la promesse européenne.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".