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Socialisme et sociologie
Karsenti Bruno ; Lemieux Cyril
EHESS
12,00 €
Épuisé
EAN :9782713227110
Comment faire barrage au retour des nationalismes réactionnaires en Europe ? Inédite depuis la Seconde Guerre mondiale, leur poussée laisse les partis libéraux dans un état d'hébétude. Quant au socialisme, il connaît l'un des ébranlements les plus profonds de son histoire, lui qui, jusqu'à une date récente, fournissait son assise au camp des progressistes. Foyer de la critique, il est passé du côté de sa cible. Mais c'est alors la critique elle-même qui échoue à s'articuler. Les trois études réunies dans ce livre cherchent à reprendre à la racine le double problème de l'hégémonie nationaliste et de la crise du socialisme. Cette tâche impose d'abord de redéfinir le socialisme dans son irréductibilité aux autres doctrines politiques et courants idéologiques. Elle oblige ensuite à reprendre le dossier de la contribution des sciences sociales à la politique. Elle conduit enfin à envisager l'avenir de l'Europe à la lumière de deux questions majeures : l'éducation et l'écologie.
L'homme total, tel est l'horizon d'une « science de l'homme » à la fois théorique et empirique, à laquelle Marcel Mauss a voulu donner ses assises par une conception renouvelée du symbolique et de son efficacité propre. Rectifiant la conception durkheimienne du social comme structure de coercition du sujet, Marcel Mauss a refondé la sociologie comme anthropologie générale. De l'existence d'un lien très particulier entre sociologie, philosophie et anthropologie, l"oeuvre de Mauss constitue l'un des meilleurs témoins. Son oeuvre est ainsi devenue la source de tous les développements contemporains qui, en France, alimentent la réflexion à propos de l'objet des sciences humaines.Pour expliquer la productivité exceptionnelle de cette oeuvre, Bruno Karsenti remonte les fils d'une généalogie intellectuelle qui traverse toute la philosophie, la sociologie et la psychologie françaises des XIXe et XXe siècles, en évaluant l'effet des révolutions de pensée du langage, de la culture et de l'inconscient. Il montre comment s'est cristallisé le projet d'une critique des abstractions disciplinaires, qui font éclater l'unité du « phénomène social total », et d'un dépassement des dualismes de l'individuel et du collectif, du logique et de l'affectif, du normal et du pathologique."
Résumé : L'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, par sa violence inouïe, a fait vaciller nombre de nos représentations, dans le monde occidental comme en Israël. C'est l'abri des juifs dans leur Etat qui a été remis en question, et aussi ce que cet Etat représente pour tous les juifs de la diaspora. Plus largement, un point d'équilibre de la conscience commune post-Shoah a été touché. L'antisémitisme, dans sa passion exterminatrice, a refait irruption et il a été accompagné d'un écho favorable ailleurs dans le monde, notamment dans cette partie de l'opinion occidentale unifiée par l'antisionisme. La riposte israélienne qui s'ensuivit eut toute la légitimité d'une guerre défensive. Mais à mesure qu'elle se déployait et que la destruction de Gaza et les morts civils palestiniens augmentait, une autre interrogation a pris forme : que doit être Israël à la lumière de cette épreuve, en tant qu'Etat de droit démocratique qui se confronte réellement à la question palestinienne ? La conduite de la guerre sous son autorité n'a pas permis qu'elle se pose, et a mis à mal dans l'opinion mondiale la légitimité de la riposte. Pourtant, il est indispensable de la reformuler précisément aujourd'hui, pour qu'un avenir soit possible, à la fois pour ce pays, pour les juifs dispersés dans le monde qui comptent sur son existence, pour les Palestiniens en quête d'Etat, et pour les pays occidentaux pour lesquels Israël représente un point d'appui indispensable de la conscience qu'ils ont acquis d'eux-mêmes après la Seconde Guerre mondiale. Les textes réunis dans ce recueil parcourent l'ensemble de l'arc de la séquence qui s'est ouverte avec le 7 octobre et poursuivi par une guerre privée de vision d'avenir. Le livre s'efforce de prendre tous les angles possibles et de varier les points de vue de vue afin de prendre la pleine mesure de ce qui nous est arrivé à tous.
Né en 1966, Bruno Karsenti enseigne la philosophie à l'EHESS. Il a publié des ouvrages de philosophie politique et de théorie sociale, parmi lesquels Politique de l'esprit (Hermann, 2006) et La Société en personnes (Economica, 2006).
Résumé : La pensée sociologique de Mauss est plus actuelle encore que celle de son oncle et maître Durkheim. L'Essai sur le don, son texte le plus célèbre, a connu un écho qui dépasse les cadres de la sociologie pour s'étendre à l'ethnologie, l'histoire, la psychanalyse, la linguistique, l'économie et, bien entendu, la philosophie. Proposant dès 1925 une approche radicalement nouvelle de la réalité sociale, le texte ouvre en effet les principales questions autour desquelles la pensée de l'aprèsguerre s'organise : celle du statut des sciences humaines et de leur possible unité ; celle de la nature spécifique du savoir psychanalytique et de sa place dans cette configuration générale; celle de la solidarité problématique entre le sens et la structure des phénomènes sociaux... Si une lecture philosophique de l'Essai sur le don s'impose, c'est parce que la révolution théorique que ce texte accomplit repose entièrement sur la création, à partir d'une tradition sociologique que Mauss reprend et transforme, d'un concept original: celui de " fait social total ".
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.