Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La mélodie de l'illusion
Kane Sara
L'HARMATTAN
26,00 €
Épuisé
EAN :9782343186108
Elle se leva, courut vers la porte de sortie et quand elle fut devant le restaurant, elle chercha des yeux le prétendu messager, mais tous les jeunes enfants étaient accompagnés de leurs parents. Après sa recherche infructueuse, elle rejoignit sa famille. Dépitée, elle s'assit et ouvrit l'enveloppe. Elle déplia alors la feuille de papier, et lut : "Jamal Thiam sera votre perte. Eloignez-vous de lui ou vous le regretterez. Ces quelques mots lui donnaient froid dans le dos. S'agissait-il d'une menace ou alors d'une recommandation ? Elle ne pouvait le dire avec certitude. Cependant malgré la peur qui l'assaillait, elle n'en était pas à sa première lettre d'intimidation. Pour Alia, jeune avocate déterminée à faire régner la justice, cette lettre de menaces était l'oeuvre d'un criminel en coton, et il n'était pas encore né ce lâche qui la ferait capituler par de simples petits mots arrachés à un journal, surtout s'il s'agissait de défendre l'homme qu'elle était condamnée à aimer dans le secret.
Manque est un texte duquel la violence physique, si caractéristique d Anéantis ou de Purifiés, est absente. Quatre voix dont l identité n est pas clairement définie parlent respectivement entre elles et à ceux qui les écoutent. La lecture de Preparadise sorry now de R.W. Fassbinder est à l origine du projet. Les ressemblances avec La Terre vaine de T.S. Eliot sont patentes, du moins sur le plan poétique, car le texte est truffé d allusions et de citations, sans que Kane ait voulu les identifier. Quant au sujet, les voix qui déversent leurs sensations dans un torrent d impressions, de souvenirs et de désirs sont à l image de l idée que Sarah Kane se faisait de l amour: dès que deux personnes forment une relation, une sorte de colonisation prend place et l une d elles risque d être abusée par le pouvoir que l autre exerce sur elle.
C'est - après Anéantis, parue fin 1998 et Phaedra's Love, en cours de traduction - la troisième pièce de la figure de proue du nouveau théâtre anglais dont on a vanté un peu partout dans le monde les qualités. Sarah Kane dont Edward Bond dit qu'elle est l'auteur le plus important de ce new british theatre s'est donné la mort, il y a quelques semaines. Il est difficile de parler au passé de quelqu'un qui nous est encore si proche, dont l'oeuvre est si récente. Sarah Kane est une exception. Car, bien qu'elle fasse partie de cette nouvelle génération d'auteurs, son style d'écriture n'a pas grand-chose à voir avec le réalisme psychologique qui caractérise l'efficacité du théâtre anglais.Le théâtre de Sarah Kane est un théâtre de cruauté. Chez Artaud, ce terme vise un projet de représentation «faisant subir au spectateur un traitement de choc, de façon à le libérer de l'emprise de la pensée discursive et logique pour retrouver un vécu immédiat». Avec pour objectif : une nouvelle catharsis, une esthétique et éthique originales. Cette définition que nous donne Patrice Pavis dans son Dictionnaire du théâtre correspond exactement à ce que Sarah Kane envisage. Avec, pourtant, une très nette différence. Car dans le théâtre d'Artaud aucune violence physique n'était directement imposée à l'acteur ou au spectateur. Chez Sarah Kane, c'est indéniablement le cas. Après quelques lignes, on entre dans un univers écoeurant, révoltant, dont on accepte ou non l'existence. S'il est facile d'énumérer les cruautés qui s'y exercent, il est plus difficile d'admettre qu'elles font partie de notre vie quotidienne et que leur présence dans l'art de Sarah Kane est le signe manifeste de la quête d'un monde où, justement, cette cruauté disparaîtrait.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.