Que s'est-il réellement passé les 11 et 12 mai 1990 au campus de l'Université de Lubumbashi, au Katanga (alors appelé Shaba) ? Un " massacre " d'étudiants, imputé à des éléments de la très redoutable Division spéciale présidentielle (D.S.P., la garde prétorienne du maréchal Mobutu Sese Seko), comme l'ont souvent affirmé les gens ? Dans une analyse pénétrante et sans passion aucune, Esdras Kambale Bahekwa, alors cadre de la Sécurité intérieure dans la province cuprifère pendant cette période, montre que l'on ne peut parler honnêtement d'un massacre, puisqu'un seul étudiant aurait été victime de l'opération punitive " Lititi Mboka " ! C'est l'UFERI, le " parti des Katangais ", qui aurait monté cette histoire de " charnier " pour discréditer le pouvoir de Mobutu qu'il détestait éminemment. Avec le même esprit d'un enquêteur " froid " qui fait défaut à beaucoup de Congolais, Kambale range cet événement tragique dans le cadre général d'une situation " pré-insurrectionnelle " qui prévalait à l'époque (1990-1993) au Katanga. L'auteur rassemble minutieusement toutes les pièces du puzzle pour reconstituer la trame de l'histoire mouvementée de cette province congolaise cherchant à entrer dans une ère nouvelle de démocratie. Globalement, le récit de Kambale Bahekwa, assez simple et vivant dans sa rédaction, donne un éclairage d'un intérêt historique certain sur le Katanga des années 1990 et permet de comprendre quelque peu le Katanga d'aujourd'hui.
C'est l'écart entre le discours social de l'Eglise catholique - particulièrement de l'Eglise au Congo-Kinshasa - et le vécu auquel s'attache l'ouvrage d'Aurélien Kambale Rukwata. Et l'auteur de se demander: " Sur quoi et comment fonder théologiquement le discours social de l'Eglise pour qu'il rejoigne efficacement les problèmes émanant de la vie en société ? ". C'est la première fois qu'un travail sur l'articulation du fondement théologique avec la visée pratique du discours social de l'Eglise est mené en Afrique. L'auteur inscrit sa démarche au cœur de la foi chrétienne, à savoir la Révélation de Dieu. Il cherche comment la plénitude de sens révélé en Jésus-Christ, l'Homme parfait, peut s'inscrire au cœur de la quête de sens de chaque culture pour réduire théologiquement et pastoralement l'écart constaté. Commentant cet ouvrage qui s'inscrit dans la tradition de l'inculturation de la foi, le professeur Athanase Waswandi dira " Comment la Révélation chrétienne peut-elle être " Bonne Nouvelle " dans un continent plutôt saturé de " mauvaises nouvelles " : conflits armés, épidémie du sida, insolvabilité étouffante de la dette extérieure, misère innommable ? "
Dans le souci de mettre à la portée de la communauté scientifique en général, et des chercheurs - étudiants et apprenants - en droits de l'homme et droit international humanitaire en particulier, un outil de recherche, ce précis assemble et choisit les instruments nécessaires, tant méthodologiques qu'épistémologiques, susceptibles d'accompagner à bon port celui et celle qui s'engagent dans la vaste forêt de cette discipline à la fois enviée et tourmentée, respectée et bafouée qu'est la science des droits de l'homme. Dans un style clair et rigoureux, les auteurs tentent de placer les balises sur le chemin escarpé et rocailleux qui mène le chercheur à la démonstration et à l'analyse en droit de la dignité humaine. De ce fait, l'objectif de ce précis n'est pas d'apporter une potion magique aux chercheurs mais de les aider à envisager leur entreprise intellectuelle sous les projecteurs de la raison, mieux du "scientifiquement vérifiable et acceptable". La Bible en droit des droits de l'homme : la Charte internationale des droits de l'homme est en annexe aux fins de la maîtrise de l'abécédaire en droits humains.
La filiation est une manifestation incontournable de l'humanité. Nul besoin de le démontrer : chaque humain est un fils ou une fille. Le lien de filiation est si riche qu'il rend possible une diversité de manières d'être et de vivre en fils ou en fille. Le présent essai propose de redécouvrir la filiation à partir des parcours de vie filiale de quelques figures bibliques. Attentif à ce qu'elles ont en commun et à ce qui les distingue, l'auteur ébauche une compréhension de la filiation. Par là même, il incite aussi chaque humain à interpréter sa propre condition filiale et à imaginer des façons de la vivre en lien avec ses semblables qui partagent la même condition. Dans la conclusion de son étude, l'auteur évoque l'évolution des figures de la filiation dans la société actuelle, codifiée dans les législations. Il mentionne également la difficulté de vivre la filiation lorsque la violence brise les liens familiaux
Dans une approche jus-anthropocentrique, cet ouvrage expose les fondamentaux du droit international humanitaire, cet ensemble des dispositions juridiques internationales, écrites ou coutumières, assurant le respect de la personne humaine en cas de conflit armé. S'inspirant du sentiment d'humanité, le droit international humanitaire, aussi appelé droit de la guerre ou droit des conflits armés, procède du principe que les belligérants ne doivent pas causer à leur adversaire des maux hors de proportion avec le but de la guerre, qui est non de détruire l'humanité, mais bien d'affaiblir le potentiel militaire de l'ennemi. Car même la guerre a des limites. En deux parties, théorique et pratique, les auteurs abordent foncièrement les deux facettes de cette discipline : le "droit de Genève", qui tend à sauvegarder les militaires mis hors de combat, ainsi que les personnes qui ne participent pas aux hostilités, et le "droit de La Haye", qui fixe les droits et devoirs des belligérants dans la conduite des opérations et limite le choix des moyens et méthodes de nuire. Des questions pratiques et des cas fictifs enrichissent davantage ce chef-d'oeuvre.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.