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Marseille au temps des troubles 1559-1596. Morphologie sociale et luttes de factions
Kaiser Wolfgang
EHESS
37,00 €
Épuisé
EAN :9782713209895
Au temps des guerres de Religion, les luttes de factions aboutissent à Marseille à l'instauration d'une " dictature populaire " : sous Charles de Casaulx, la ville devient pour cinq ans une " république " quasi indépendante au sein de la Ligue catholique. Comment expliquer cette aventure extraordinaire qui, une fois de plus, paraît confirmer l'exceptionnalité de la ville ? L'étude de Wolfgang Kaiser refuse les explications unilinéaires. Elle tente de reconstituer plutôt les configurations complexes et changeantes dans lesquelles ces transformations prennent sens. La morphologie sociale, les mécanismes de la vie politique, les formes de la sensibilité religieuse sont ainsi pris en compte et confrontés. La reconstruction du réseau des relations économiques, familiales et religieuses permet de mieux repérer les contours des factions et de comprendre leurs objectifs. Ainsi surgit une ville aux multiples visages : une aristocratie marchande, qui se définit autant par rapport aux grandes villes italiennes que dans le cadre du royaume, qui associe l'épée et la plume ; un bastion du catholicisme qui voit les persécutions sanglantes des " hérétiques " et l'extraordinaire essor des compagnies de pénitents, mais une ville qui connaît aussi une éphémère période de " tolérance tacite " envers les protestants à l'intérieur de ses murs. A Marseille, une faction bien définie sur le plan social et religieux réussit, au temps de la Ligue, à réaliser pendant un court moment le rêve d'une cité catholique. Rêve sans avenir sans doute, mais qui montre la force conservée de la notion médiévale de bonne ville. Il ne survivra pas à la fin des guerres de Religion.
Résumé : A l'aube des temps modernes, l'Europe est secouée par une série d'affrontements religieux. Par routine ou par paresse, on pense en premier lieu à l'irruption de Martin Luther et des autres protagonistes de la Réforme protestante et à 1a scission de la chrétienté latine. Mais toute l'Europe n'est pas chrétienne : les temps modernes s'ouvrent avec l'expulsion, les conversions forcées et la persécution des juifs et des musulmans dans la péninsule Ibérique de la Reconquista. Et il y a une Europe ottomane, elle aussi plurireligieuse. L'expérience européenne des conflits religieux se fait en outre dans un horizon global de la rencontre avec d'autres religions et civilisations où les Européens découvrent leur propre barbarie. Celle-ci s'exprime dans les atrocités des guerres civiles, des guerres de religion en France à l'action des troupes de Cromwell en Irlande. Partant de la pluralité religieuse de l'espace européen, les affrontements de la première modernité se lisent comme un douloureux processus d'apprentissage d'accepter et de gérer celte pluralité irréductible. Ainsi naît une notion et forme historique, politique et culturelle de l'Europe qui intègre dans sa constitution la conflictualité religieuse. Les contributions ici réunies analysent ce processus couvrant tout l'espace européen. Cet ouvrage est né de la collaboration d'un groupe d'historien(ne)s européen(ne)s spécialistes de ces questions et montre la richesse du paysage historiographique européen.
19 mars 2018 : l'action de Facebook chute de 7 %. Le réseau subit de plein fouet la réplique après le séisme du scandale Cambridge Analytica, ce cabinet spécialisé dans les études de consommation et d'opinion qui a influencé le comportement de dizaines de millions d'internautes en siphonnant leurs données à leur insu. Brittany Kaiser, ancienne cadre de Cambridge Analytica devenue lanceuse d'alerte, livre dans ce récit glaçant son expérience au coeur du trafic de données personnelles. Elle y révèle comment des entreprises s'enrichissent grâce à l'utilisation d'informations relevant de la vie privée ; comment Cambridge Analytica a profité du laxisme de Facebook et de la législation américaine pour manipuler les électeurs ; et comment ce scénario risque de se répéter en 2020. A l'heure où la loi tente d'encadrer les pratiques des géants de la tech comme Facebook et Google, L'Affaire Cambridge Analytica démontre qu'il est crucial d'agir pour réguler l'économie opaque des données personnelles et préserver la démocratie et la liberté de chacun.
Comme le premier, ce second tome se réfère directement à des débats civiques actuels, et plus particulièrement au projet de l? « Euroméditerranée », avec ce qu?il implique comme questionnements àl?Union européenne. Là encore, il s?agit de rompre avec la vision classique de deux mondes, Europe et Islam, qui se regardent en chiens de faïence, en concluant parfois des alliances diplomatiques et en s?empruntant de temps en temps sur le plan culturel. Les auteurs infèrent de la longue présence musulmane en Europe, une toute autre perspective pour comprendre les relations et l?entre-deux de la Méditerranée.Leur argument est qu?une forte conflictualité entre l?Europe et les sociétés islamiques n?empêchait pas de véritables relations de continuum, à la fois culturel et humain, un peu comme aujourd?hui où ces relations sont tendues et crispées alors même que l?imbrication des populations est constante. Ils discutent alors l?idée reçue que ce continuum serait le fait de diasporas ou de médiateurs culturels privilégiés pour montrer que des dynamiques intégratrices animent, de part et d?autre et au coeur même de leurs structures, les sociétés en contact.Ce livre plus théorique invite à sortir d?une problématique toujours sous-jacente du « choc des civilisations », en montrant que les frontières politiques et religieuses ne recoupent pas nécessairement des ensembles culturels cohérents et que, si l?adversité politique ou religieuse est bien réelle, il ne fautpas en déduire des situations de vide ou d?interstices sur d?autres plans. Il permet d?affirmer que, sur un autre mode, plus culturel et social, les musulmans s?avèrent solubles dans l?Europe. Les antagonismes religieux ou politiques, aussi rédhibitoires soient-ils, ne doivent pas empêcher de voir les lieux d?une proximité ou d?une identité d?être, au sens de l?être social ou culturel et non pas au sens de l?humanisme.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.