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Le procès
Kafka Franz ; Götting Jean-Claude ; Vialatte Alexa
FUTURO GALLI
20,50 €
Épuisé
EAN :9782737627439
Le jour de son arrestation, K. ouvre la porte de sa chambre pour s'informer de son petit-déjeuner et amorce ainsi une dynamique du questionnement qui s'appuie, tout au long du roman, sur cette métaphore de la porte. Accusé d'une faute qu'il ignore par des juges qu'il ne voit jamais et conformément à des lois que personne ne peut lui enseigner, il va pousser un nombre ahurissant de portes pour tenter de démêler la situation. À mesure que le procès prend de l'ampleur dans sa vie, chaque porte ouverte constitue une fermeture plus aliénante sur le monde de la procédure judiciaire, véritable source d'enfermement et de claustrophobie. L'instruction suit son cours sur environ un an durant lequel l'absence d'événements est vue uniquement à travers les yeux de K. Sa lucidité, dérisoire et inutile jusqu'à la fin, contrairement à celle du héros de La Métamorphose, n'apporte aucun soulagement. Le Procès, pièce charnière dans l'oeuvre de ce génie de l'absurde, renonce au ressort du surnaturel pour évoquer l'angoisse de l'obsession. --Sana Tang-Léopold Wauters
On raconte que c'est grâce aux éditions clandestines du samizdad - et donc, sans nom d'auteur - que fut introduite en Union soviétique la traduction du Procès. Les lecteurs pensèrent, dit-on, qu'il s'agissait de l'oeuvre de quelque dissident, car ils découvraient, dès le premier chapitre, une scène familière : l'arrestation au petit matin, sans que l'inculpé se sût coupable d'aucun crime, les policiers sanglés dans leur uniforme, l'acceptation immédiate d'un destin apparemment absurde, etc. Kafka ne pouvait espérer une plus belle consécration posthume. Et pourtant, les lecteurs russes se trompaient. Le projet de Kafka n'était pas de dénoncer un pouvoir tyrannique ni de condamner une justice mal faite. Le procès intenté à Joseph K., qui ne connaîtra pas ses juges, ne relève d'aucun code et ne pouvait s'achever ni sur un acquittement ni sur une damnation, puisque Joseph K. n'était coupable que d'exister. Crime capital et à la fin du livre, deux "messieurs" l'emmèneront dans une carrière abandonnée et le tueront "comme un chien".
Résumé : Outre La colonie pénitentiaire, ce recueil contient les quatre récits groupés par Kafka sous le titre Un champion de jeûne et deux textes incomplets, La taupe géante et Le terrier. La colonie pénitentiaire, écrit en 1917, fut publié en 1919. Par son thème, le récit s'apparente au Verdict et au Procès. Mais ici tout tribunal fait défaut, la loi du châtiment règne seule. Les quatre récits d'Un champion de jeûne ("Premier chagrin", "Une petite femme", "Un champion de jeûne", "Joséphine la cantatrice") sont les derniers textes écrits par Kafka (1923). Il en corrigeait encore les épreuves la veille de sa mort, le 2 juin 1924.
Résumé : C'est ici le dernier tome des Ouvres complètes de Kafka dans la Pléiade. Il procure - si l'on peut dire - deux femmes (Felice et Milena) et un homme (le Père). Certes, d'autres femmes passent dans la vie de Kafka. Mais il ne leur écrit pas, et le temps les a dévorées. Il n'est d'être sauvé que par les mots. L'aventure avec Felice est singulière : Felice ou la femme métaphorique. Au principe, Kafka ne l'aime pas, mais il se prend à l'aimer et, en cette métaphore, il enregistre tous les registres de la passion. Pour retrouver le goût d'écrire. On n'oserait sans doute pas dire que Felice fut son divan. De psychanalyste. Elle le mit à nu, et sans doute cherchait-il obscurément cette nudité-là. Un jour, il quittera Felice parce qu'elle ne lui sera plus "nécessaire" et il mettra à mort - sous les espèces de Gregor Samsa, dans La métamorphose - cet homme qui s'était pris à aimer cette femme. Quand la femme disparaît revient le Père. Le père - tout Père - est à tuer. On ne quitte pas le divan. C'est ici un autre procès, le vrai peut-être, après cet Autre procès déjà - comme l'a si bien montré Elias Canetti - qu'avait été sa relation avec Felice. Le Père interdit la femme. Kafka l'écrit dans cette insoutenable lettre au père, qui n'est que supplication. Le père est - hélas et aussi - aimable et aimé. Comment subvertir le maître du Château ? C'est, dirait Hamlet, toute la question. Bref, la femme est-elle accessible ? La véritable arrive toujours trop tard et annonce la mort ; C'est Milena la rebelle. C'est aussi l'étrangère - elle n'est pas juive. C'est donc l'autre femme. Mais Milena prend peur et fuit. Kafka pouvait-il être sauvé ? "La sagesse est ici de se taire", note Claude David dans son avant-propos. Le reste du volume, c'est la vie ordinaire. Les riens. Des miettes, eût écrit Kierkegaard. Il faut de quelque façon se leurrer et prendre des masques. Kafka était aussi rédacteur dans une entreprise, et c'est dérisoire. Il n'est pas certain que cela soit tout à fait consolant.
L'intérêt que l'on porte aux jeûneurs professionnels a beaucoup baissé au cours des dernières décennies. Alors qu'il était avantageux autrefois d'organiser pour son propre compte des spectacles de cette nature, cela est devenu aujourd'hui tout à fait impossible. C'étaient d'autres temps. A cette époque, toute la ville s'occupait du jeûneur ; l'intérêt croissait de jour de jeûne en jour de jeûne ; chacun voulait voir le jeûneur au moins une fois par jour ; vers la fin, il y avait des abonnés qui restaient toute la journée assis devant la petite cage grillagée...
C'est un animal pas banal. Dans une cage du Jardin des plantes, normalement occupée par des tigres ou des gorilles, apparaît un jour un drôle de pensionnaire : un humain. Plus précisément, un Homo sapiens labore carens. Ou encore, pour faire court, un chômeur. Stupeur et attroupements. La télévision s'empare du phénomène. Un chômeur en cage, c'est bon pour l'audimat. Surtout le jour où le pauvre bougre disparaît, avant de réapparaître suspendu au bout d'une corde... La Débauche traite d'un thème tristement quotidien : les licenciements et leur cortège de drames humains. L'album réunit pour la première fois en bande dessinée deux ténors de l'édition. Au scénario, l'écrivain de polars Daniel Pennac. Aux crayons, Jacques Tardi. Le père d'Adèle Blanc-Sec délaisse ses habituelles reconstitutions en noir et blanc d'un Paris disparu. Cette fois, il met en images la capitale d'aujourd'hui, à l'aide d'une palette de couleurs vives et séduisantes. Une farce contemporaine grinçante mâtinée de polar et d'humour noir. --Gilbert Jacques
Lèvres pincées, air sévère et grosses lunettes : monsieur Dubois-Chauffier est un homme sérieux. D'ailleurs, la multinationale Parindus vient de le nommer à la tête de l'une de ses mines, installée en pleine forêt de Cassaniouze, dans le Rouergue. Une région bien sympathique sentant bon le terroir. Mais de drôles de bruits courent à propos de cette forêt. Il paraît que les gens du coin n'osent guère s'y aventurer... Rumeurs sur le Rouergue est le premier volume des Légendes d'aujourd'hui écrites par Christin, le scénariste de Valérian. Une série de récits ancrés dans les réalités contemporaines et qui rendront célèbre Enki Bilal, notamment avec Les Phalanges de l'Ordre noir. Là, le dessinateur est un petit jeune qui cherche ses marques : un certain Tardi, qui n'a pas encore imaginé Adèle Blanc-Sec. Publié dans Pilote en 1972, le livre se redécouvre avec plaisir. Il laisse deviner l'évolution du style de Tardi. Et le contexte économique de 1972 n'est pas si éloigné de celui de l'an 2000... --Gilbert Jacques
Initialement publié en feuilleton dans Métal hurlant en 1976, Polonius est une histoire de science-fiction «à l'antique» où les héros évoluent dans un décor de péplum. D'une inspiration unique dans l'?uvre de Tardi, Polonius, devenu une rareté, est maintenant à nouveau disponible.