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Neige, blanc, papier. Poésie et arts visuels à l'âge contemporain
Kaenel Philippe ; Kunz Westerhoff Dominique
METISPRESSES
30,00 €
Épuisé
EAN :9782940406357
La neige, dans ses dimensions optiques, chromatiques et plastiques, dans ses états instables et variables, constitue l?un des enjeux centraux de l?esthétique contemporaine. À partir d?elle s?est pensée une limite entre un imaginaire de l?évanescence et la matérialité du support, la transitivité de la représentation et la consistance de l?oeuvre, le signe et le non-signe. Élément intermédiaire par excellence, elle emblématise dès le tournant du 20e siècle un nouvel ut pictura poesis où le discours poétique déploie des aspects intermédiaux de sa réalité: la surface lumineuse de la page, l?épaisseur de l?empreinte typographique, le filigrane du papier, le relief feuilleté du livre scandé et sculpté par son dépliement. Ce volume fait l?historiographie des esthétiques de la neige, de la quête d?un art pur, affranchi de toute contrainte illustrative, littéraire, voire représentative, à la construction de formes expressives où se réinvente un langage-espace. Y sont explorés des stratégies de production et d?exposition des livres et des images, des tractations éditoriales autour de l?illustration des oeuvres poétiques, des conflits entre chromophobie et chromatisme dans l?impression de l?estampe, des techniques de fabrication du livre d?artiste. Au coeur du volume, le calepin d?artiste réalisé par la plasticienne Catherine Bolle, Inhumaine neige lunel, concrétise à son tour l?imaginaire poétique de la neige dans la matérialité esthétique du livre.
Gustave Doré (1832-1883) fut le dernier des romantiques, parl'esprit et l'abondance de sa production. S'il fut célèbre en sontemps à travers ses dessins d'illustration, qui connurent unediffusion et une influence considérables, sa peinture ne trouvaen revanche de reconnaissance qu'en Angleterre et aux Etats-Unis. Il était donc temps de réévaluer sa peinture en France.En effet, Gustave Doré confessait lui-même en 1873:"J'illustre aujourd'hui pour payer mes couleurs et mespinceaux. Mon coeur a toujours été à la peinture. J'ai lesentiment d'être né peintre."
Les relations entre écrivains, journalistes, dessinateurs, illustrateurs ou photographes sont parfois complices, souvent conflictuelles. Elles se présentent de manière exemplaire à l'âge d'or des périodiques illustrés et des magazines (1890-1940). Les auteurs de ce volume sont des spécialistes issus des études littéraires (Évanghélia Stead, HélèneVédrine), de l'histoire de l'art (Luce Abélès, Laurence Danguy, Philippe Kaenel), de l'histoire (Laurent Bihl, Joélle Beurier) ou de la sociologie (Gianni Haver). Autour des textes et surtout des images, ils jettent un éclairage neuf sur les dessinateurs de Montmartre, les journaux satiriques allemands, le monde des revues symbolistes et décadentes ", le rôle des photographes durant la Grande Guerre et leurs postures face à l'événement, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale."
Kaenel Philippe ; Kunz Westerhoff Dominique ; Weng
Le Fonds Edwin et Pia Engelberts, conservé à la Fondation Martin Bodmer de Cologny (Genève) comprend une grande partie des archives du galeriste-éditeur-libraire d'origines hollandaises. Edwin Engelberts édita plusieurs livres d'artistes qui font l'histoire de ce genre de publications au vigntième siècle. Le plus important étant le somptueux volume "Lettera Amorosa", avec textes de René Char accompagnés des lithographies originales de Georges Braque, qui connut une longue gestation très bien documentée. D'autres poètes et artistes de la Galerie Engelberts : Joan Miro, Max Ernst, Roberto Matta, André Masson, Henri Michaux, Michel Leiris, Albert Camus. . . Volume d'études très richement illlustré, conçu sous la direction de Philippe Kaenel et Dominique Kunz Westerhoff (les deux, de l'Université de Lausanne).
Entre l'art et le témoignage, au moins quatre générations d'écrivains de langue arménienne ont pratiqué une écriture contrastée pendant tout le cours du XXe siècle. Partagés entre le Pays et la Dispersion, entre le reniement et la fidélité, entre le communisme et l'idée nationale, ces écrivains se sont débattus avec leur temps aussi bien qu'avec le singulier destin de leur langue déchirée. Dans le même temps, ils ont su inventer une modernité pour leur propre compte, où intervenaient la Catastrophe, le deuil philologique, le débat continuel avec le témoignage, la critique acerbe de la révolution nationale et, bien sûr, la question récurrente : comment la littérature est-elle encore possible dans ces conditions extrêmes, au bord (ou au-delà) de l'effondrement ? Le présent volume inaugure une série d'études monographiques sur ces écrivains du bout du monde. Il traite de quatre auteurs (Yeghishé Tcharents, Gourgen Mahari, Zabel Essayan, Vahan Totovents) qui ont produit l'essentiel de leur œuvre en Arménie ou qui ont émigré sur le tard pour se voir emportés par la tourmente stalinienne en 1937.
De nombreux auteurs ont mis au jour les conditions qui ont conduit à penser autrement la ville au tournant des années 1900: un savoir qui se forme au carrefour de plusieurs disciplines, l?adoption de nouvelles méthodes de gestion par les personnels administratifs, la création de nouveaux cadreslégislatifs, les actions d?un milieu réformateur qui conduisent au renouvellement des pratiques et du métier. Mais, très peu d?entre eux se sont intéressés aux dispositifs matériels par lesquels s?est élaborée une pensée, se sont formés des concepts et se sont légitimées des démarches. Enrico Chapel s?attache à l?un d?entre eux: la statistique graphique. En suivant une approche sociohistorique, il montre que l?urbanisme naît de deux fascinations: celle du désordre urbain, étroitement lié à l?essor de la ville industrielle et des échanges capitalistes, et celle du nombre. L?auteur montre que la statistique graphique devient un outil incontournable pour nombre d?architectes au nom d?une analyse exacte, voire scientifique du phénomène urbain, ainsi que la condition de possibilité d?un projet spatial qui se veut objectif et prédictif à la fois.
La vie païenne me séduit chaque jour un peu plus. Si aujourd'hui c'était possible, je changerais de religion et j'embrasserais avec joie le paganisme poétique." C'est ce qu'écrivait Daniel Varoujan (1884-1915) en 1908. Dans cette veine, le poète allait écrire une grande partie de son oeuvre au cours des sept années qui lui restaient à vivre. S'agit-il d'un projet religieux qui appelle à une conversion, ou d'un projet purement littéraire ? Quel est le contexte dans lequel il a pu prendre naissance ? S'il s'agit d'un projet artistique, pourquoi l'art devrait-il se définir en référence à la religion ? Et quelle religion exactement ? Le présent ouvrage est une monographie sur Varoujan précédée d'une histoire de l'imagination nationale qui est aussi celle de la philologie nationale. Celle-ci fait écho à la double invention philologique du XIX siècle : celle du natif et celle de la religion mythologique. Il fallait prendre en compte les étapes de la philologie orientaliste dans lesquelles s'est inscrite l'auto-invention de la nation ethnographique la "néo-archéologie", l'"auto-ethnographie", le "principe esthétique". Le dernier épisode de cette histoire se passe en 1914 avec la revue Mehyan, à Constantinople, qui a regroupé avec Varoujan les grands noms à venir de la littérature arménienne en diaspora. Nous sommes à la veille de la Catastrophe. Cette génération s'en voulait la gardienne.