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SOIXANTE-DIX S'EFFACE. Tome 1
Jünger Ernst
GALLIMARD
28,40 €
Épuisé
EAN :9782070701124
Ernst Jünger s'étonnait d'avoir atteint, puis vu s'effacer sa soixante-dixième année, lui qui avait cru mourir à vingt ans sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Et pourtant, expérience rare, c'est un écrivain de plus de cent ans qui a tracé les dernières lignes de ce journal. Que peut apporter de nouveau le grand âge à une ?uvre confrontée aux épreuves majeures de ce temps, totalitarismes et guerres mondiales? Certes, Jünger se réfère encore à un siècle troublé, revenant à l'affaire Céline ou à la mystérieuse "lettre Freisler", d'authenticité douteuse, où l'on voyait un haut magistrat nazi faire peser sur lui, jusque dans les derniers temps du régime, de graves menaces. Mais l'histoire et la politique reculent à l'arrière-plan, laissant place aux grands cycles cosmiques de la nature et des saisons. Dieux et titans, bêtes et plantes sont les vivants protagonistes d'une action dont les enjeux mettent en cause le bonheur et l'avenir de l'homme. Aux limites incertaines du sommeil et de la veille, le rêve envahit le champ de conscience, brouille les clivages temporels, fait entrevoir obscurément la perspective d'une autre façon d'être au monde. L'écriture gagne en légèreté, se fait plus spontanément ludique.Beau décret du hasard: ce journal de vieillesse s'interrompt sur une évocation du printemps. J.H.
L'oeuvre d'Ernst Jünger, qu'elle se présente sous la forme de romans, de Mémoires ou de développements philosophiques, constitue une seule et grande méditation sur le destin de l'homme dans le monde moderne. Témoin des prodigieux changements survenus dans le monde matériel et moral selon un processus toujours accéléré que nous appelons encore l'Histoire, Jünger, dans Le mur du Temps, formule la question capitale à laquelle l'homme moderne doit répondre, s'il est appelé à survivre : cette notion de l'Histoire sur laquelle nous vivons depuis Hérodote est-elle encore valable ? Les manifestations d'énergie créatrice ou destructrice qui se font jour par et à travers l'humanité ne sont plus à l'échelle de valeurs anciennes telles qu'héroïsme, sainteté, mesure, salut personnel... Le génie de la Terre utilise-t-il l'homme comme son meilleur outil, ou bien est-ce l'homme, nouveau Titan, ouvrier planétaire dont Jünger voit depuis longtemps se préfigurer le type, qui courbe à son service l'énergie terrestre, faisant de matière esprit, et d'esprit, matière ? L'avènement de l'homme, ou sa disparition au profit de "l'Insecte Futur", tel est l'enjeu.
Résumé : S'il existait une " école du regard ", Ernst Jünger en serait le maître. Mais c'est déjà trop dire, car rien n'est plus étranger à sa nature que de légiférer ou de se poser en modèle littéraire. La seule société d'initiés dont il se réclame est celle, limitée et subtile, des entomologistes. Pour le reste, ce qui domine chez lui en cette ?uvre tardive, c'est l'ouverture du monde, aux cultures, aux êtres et aux livres. La richesse de sa méditation n'est pas moins grande que lorsqu'elle était portée par l'expérience de la guerre et des grandes catastrophes historiques. L'explosion de la nature printanière, une promenade à Venise, la lettre d'un ami suffisent à la nourrir. Eros et Thanatos sont toujours présents ; mais à travers l'écriture transparente du grand âge, la mort s'est comme apprivoisée. Défiant le temps qui s'écoule de plus en plus vite, le journal affirme jour après jour la permanence créatrice du geste de l'écrivain.
La dévotion vivante à la culture, l?approche apaisée du grand passage, l?immédiate présence du monde visible dans sa transparence énigmatique constituent la trame chatoyante de ce journal du grand âge. Mais on n?oubliera pas les longs voyages: à l?île Maurice ou en Malaisie pour revoir la comète de Halley, à Bilbao ou dans le Tessin. Et l?écho de la chute du mur de Berlin, ou la réflexion sur son ?uvre: de la pensée de la technique dans "Le Travailleur" à celle de la mort dans "Les Ciseaux". "Soixante-dix s?efface" ou comment transformer la littérature en théodicée?
Toute la question est de savoir par quels moyens l'homme peut ouvrir les portes qui lui donneront accès au royaume de l'esprit. Baudelaire avait suggéré, en son temps, la prière. Baudelaire avait suggéré, en son temps, la prière, le travail et l'inspiration poétique. Mais la première est devenue de plus en plus superficielle et la voix des Muses se fait de plus en plus rarement entendre. Seul demeure le travail. Aussi est-il normal que l'homme contemporain se tourne vers d'autres possibilités et qu'il cherche, dans le recours aux "paradis artificiels", le chemin d'une antique sagesse depuis longtemps oubliée. Avec cet essai, Ernst Jünger ne fait que poursuivre une longue tradition européenne qui va de De Quincey jusqu'à Aldous Huxley en passant par Hoffmann et Baudelaire et qui débouche sur l'une des interrogations fondamentales de l'époque moderne.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.