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L'ANNEE DES FANTOMES. Journal 1997
Julliard Jacques
GRASSET
27,95 €
Épuisé
EAN :9782246556916
Pourquoi la France a-t-elle été, en 1997, à ce point obsédée par son passé ? Pourquoi a-t-elle convoqué, avec tant de méticuleuse obstination, les fantômes de Vichy et ceux du communisme ? Et qu'avait-elle à gagner, en cette fin de siècle, à remâcher si voluptueusement sa mémoire la plus douloureuse ? C'est ce que j'ai tenté de comprendre, en tenant ce " Journal " où, parmi les plaisirs et les jours, toutes sortes d'événements sont venus se réfléchir... Car il ne suffit pas, me semble-t-il, d'identifier les fantômes français pour en faire bon usage. Et il ne suffit pas davantage de connaître son passé pour ne plus être condamné à le revivre. Disons, alors, qu'avec ce registre quotidien d'une année plutôt mélancolique, je me suis efforcé de rester, malgré tout, optimiste. De croire, avec Hegel, que la principale catégorie historique, ce n'est pas le souvenir, mais l'espoir, l'attente, la promesse...
Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la gauche. C'est pour moi l'alliance du progrès scientifique et de la justice sociale, ou si l'on préfère, des élites intellectuelles et du peuple. Or un double divorce est en train de s'opérer sous nos yeux : entre le peuple et les élites d'une part ; entre le peuple et le progrès de l'autre. Nous voilà en proie à deux chancres rivaux qui se nourrissent l'un de l'autre : l'élitisme, c'est-à-dire la démocratie sans le peuple, et le populisme, c'est-à-dire le peuple sans la démocratie. Je constate qu'une alliance historique, née avec la Révolution française, est en train de se défaire. Je me demande si elle peut renaître, et à quel prix. Tel est l'objet de ce livre". Jacques Julliard.
Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la gauche. C'est pour moi l'alliance du progrès scientifique et de la justice sociale, ou si l'on préfère, des élites intellectuelles et du peuple. Or un double divorce est en train de s'opérer sous nos yeux : entre le peuple et les élites d'une part ; entre le peuple et le progrès de l'autre. Nous voilà en proie à deux chancres rivaux qui se nourrissent l'un de l'autre : l'élitisme, c'est-à-dire la démocratie sans le peuple, et le populisme, c'est-à-dire le peuple sans la démocratie. Je constate qu'une alliance historique, née avec la Révolution française, est en train de se défaire. Je me demande si elle peut renaître, et à quel prix. Tel est l'objet de ce livre". Jacques Julliard.
La France pourrait pour la première fois quitter la place qui fut toujours la sienne à l'avant-garde de l'Histoire. Pis que cela, si l'on en croit certains : il ne lui resterait plus qu'à méditer sur l'irréductible diversité de ses origines et sur les crimes qu'elle n'aurait cessé de commettre. Eh bien ! Cette vision lacrymale et pénitentielle de l'Histoire de mon pays ne sera jamais la mienne ; je ne l'accepterai jamais. Ce que nous vivons aujourd'hui n'est rien de moins qu'un changement d'époque. Au moment où s'affirment les grandes puissances régionales du monde de demain, l'Europe fait preuve d'une incroyable impuissance. Et la France se trouve bien seule et bien démunie, en proie à des déchirements intérieurs. Or elle n'a d'unité que dans son passé, d'avenir qu'en Europe, de raison d'être que dans l'universalité de ses valeurs."
Ce livre est la première synthèse sur les gauches françaises, du XVIIIe siècle à nos jours, des philosophes des Lumières à François Hollande. Il montre ce que la gauche a retenu de chaque période historique: l'idée de progrès du XVIIIe siècle finissant, les droits de l'Homme de la Révolution, le parlementarisme de la monarchie censitaire, le suffrage universel de 1848, la laïcité de la IIIe République, la civilisation du travail du Front populaire, la patience du pouvoir de François Mitterrand. Pour finir, il distingue quatre gauches: libérale, jacobine, collectiviste, libertaire. Cette édition au format de poche de l'oeuvre magistrale de Jacques Julliard reproduit intégralement l'édition originale, à l'exception des portraits croisés des hommes politiques, qui scandaient le récit, et qui feront l'objet d'une édition ultérieure. Les gauches françaises fera date pour ses analyses brillantes et novatrices de notre histoire politique et intellectuelle, et a déjà été couronné de nombreux prix, dont le prix Jean Zay, le prix de l'OEuvre politique de l'année 20122 et le grand prix Gobert 2013 de l'Académie française.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.