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La folie de Marguerite. Marguerite Duras et sa mère
Jouvenot Christian
L'HARMATTAN
19,50 €
Épuisé
EAN :9782296058804
... dans mon enfance le malheur de ma mère a occupé le lieu du rêve". A partir de Moderato cantabile Duras recycle Duras. Une écriture accidentée, SDF, en quête d'identité témoigne dans une répétition infernale d'un douloureux "remâchement de la mort" et d'une souffrance qui touche à l'universelle souffrance de la nature humaine. Le ravissement, Le Vice-consul, L'amour, L'amant... Sublime, forcément sublime... L'écriture creuse à la recherche de ce qui au plus profond de la relation à la folie de la mère reste à jamais impensé et repousse en même temps" cette actualité absorbante qu'elle est toujours". Dans la concession indochinoise du barrage contre le Pacifique la mère c'est Madame Dieu. "Je n'ai eu ni maison familiale, ni jardins connus, ni greniers, ni grands-parents, ni livres, ni ces camarades qu'on voit grandir. Rien de tout cela. Vous vous demandez ce qu'il reste ? Il reste ma mère."
Il se peut (qu'elle) ait vécu une existence tout à fait artificielle dont elle n'avait que faire. ll se pourrait qu'elle soit une vagabonde en vérité, une rocky de banlieue en vérité, sans foi ni loi, sans mariage contracté, à dormir avec n'importe qui, n'importe où, à manger n'importe quoi ". Marguerite Duras écrit sa douleur, son errance, sa prostitution, Comme une vague idée ce soir-là. Se faire entretenir, d'argent, d'autos, d'amour ". Dans la chaîne de l'Éléphant, elle chasse avec son frère, pieds nus, dans une forêt qui pullule de serpents. Dans la plaine de boue et de riz du sud de la Cochinchine, elle se nourrit de poissons crus, de petits caïmans, d'oiseaux de mer. Elle transporte avec elle des pratiques de pirate : instinct du ravissement, de la capture, droit de la prise et droit de partir. " On est eau de la mer ". La petite avec son chapeau d'homme a pris modèle sur son frère aîné, opiomane, voyou notoire, petit maquereau, vivant de combines et de petits trafics... Toute sa vie est dans son écriture, " plus on est quelqu'un dans les livres, moins on l'est dans la vie vécue ".
Dans Une saison en enfer, Rimbaud a laissé pour nous le témoignage à vif de son dérèglement. Le vice reconnu par le poète qui se dit lui-même damné, et la détermination criminelle de l'assassin fanatique qui ne se connaît pas comme monstre, sont deux illustrations des risques encourus à l'adolescence. Arthur Rimbaud et Amédy Coulibaly ont poussé à leur paroxysme les errements de l'adolescence. Les juxtaposer en choquera plus d'un. Dans leur rencontre, le formatage verrouillé de la vie du jeune fanatique d'une part, l'exploration forcenée de l'être au monde par le poète d'autre part, dans un contraste saisissant produisent un enseignement inattendu. Les massacres de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher de la Porte-de-Vincennes, en janvier 2015, sont le point de départ de cette étude qui s'achève avec le procès de ces attentats en décembre 2020. Comment les enfants de djihadistes, à leur retour en France ou ailleurs dans le monde,vont-ils se remémorer ces événements tragiques ? Comment vont-ils recoller les débris dispersés de leur histoire ? Sous quels silences seront ensevelis les dégâts traumatiques ? Sous quelles formes feront-ils résurgence, à l'adolescence ou plus tard ?
Ces Dixièmes Rencontres Socio-anthropologiques de Besançon ont une résonance particulière pour les membres du laboratoire de sociologie puisque c'est " autour de " Pierre Tripier que nous nous sommes réunis en décembre 2001. Pierre Tripier, comme nos invités précédents, est lui aussi sociologue, mais en plus, nous lui devons la création du LASA-UFC en 1987, et le développement de la sociologie du travail et des professions au sein de celui-ci. Le laboratoire de recherche reste une chose bien abstraite pour les apprentis sociologues et pourtant on sait l'importance de celui-ci dans la vie scientifique. Les membres du LASA savent donc la dette qu'ils ont à l'égard de son fondateur. Après la traditionnelle conférence de notre invité " comment peut-on être socio-anthropologue ? ", deux tables rondes réunissaient des sociologues, autour des problématiques professionnelles d'une part, de l'histoire de la sociologie, d'autre part.
Jacques-Jouvenot Dominique ; Vieille Marchiset Gil
Cet ouvrage tente de répondre à la question générale des modalités de l'acte de transmettre. Il résulte d'une démarche socio-anthropologique volontairement inductive qui a fait les preuves de sa valeur heuristique. Les articles proposés dans cet ouvrage sont tous le produit de recherches doctorales soutenues par les chercheurs du Laboratoire de sociologie et anthropologie de l'université de Franche-Comté (LASA-UFC). Une partie de ces recherches porte sur des savoirs professionnels alors que d'autres analysent des savoirs culturels qui empruntent des voies "nouvelles" de transmission. Ces recherches ont en commun d'analyser le processus de transmission comme une économie du don. Cet ouvrage montre comment transmettre articule toujours les générations les unes aux autres, créant ainsi du don et de la dette. Les relations intergénérationnelles génèrent, par le biais de cet échange, des solidarités et des conflits qu'il revient au socio-anthropologue d'étudier. Les auteurs accordent ici une importance particulière aux acteurs de la transmission. En analysant les modalités de transmission des savoirs, les auteurs concluent à la transmission d'une place sociale, place à prendre ou à garder, place au sein de laquelle les savoirs circulent, et qui fait toujours l'objet d'un enjeu anthropologique.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.