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Correspondance 1921-1968
Jouhandeau Marcel ; Paulhan Jean ; Roussillat Jacq
GALLIMARD
45,00 €
Épuisé
EAN :9782070136476
L?abondante et surprenante correspondance qu?ont échangé Marcel Jouhandeau et Jean Paulhan entre 1921 et 1968, année de la mort de Paulhan, présente un document passionnant pour ceux qui s?intéressent à l?histoire littéraire; de plus, elle nous révèle deux personnalités aussi différentes qu?attachantes: Jouhandeau, l?écrivain intimiste, l?auteur prolifique d?une incessante autobiographie éclatée dans plus de cent titres, et Paulhan, l?éditeur, l?auteur, l?ami des peintres et des poètes, le directeur officieux puis officiel de La Nouvelle Revue française, lui, beaucoup plus secret. Sur quelques 4 000 lettres recensées, ce volume en retient 904, que l?on peut considérer comme les plus significatives. L?ensemble se lit comme un roman de l?époque, du petit monde des lettres, de la NRF et des Editions Gallimard. On y voit Paulhan, magnanime et amusé, considérer avec le plus grand sérieux les plaintes incessantes de Jouhandeau, qui s?épanche sur sa mère, sur les injures que lui adressent les surréalistes alors qu?il a tout fait pour les introduire à la NRF, sur les scènes incessantes que lui fait Elise alors même qu?ils ne sont pas encore mariés et devraient être en pleine lune de miel? Mais c?est à l?occasion de l?Occupation et de ses séquelles que leur relation prend une tournure dramatique: Paulhan est un résistant de la première heure bientôt contraint de vivre dans la clandestinité; Jouhandeau, auteur du pamphlet antisémite Le péril juif, participe avec empressement au voyage des écrivains collaborationniste à Weimar, "pour les beaux yeux bleus du lieutenant Heller", affirmera-t-il plus tard pour se dédouaner. Plus grave: Paulhan apprend avec certitude que c?est Elise Jouhandeau en personne qui l?a dénoncé à la Gestapo, ce que Marcel refusera toujours de reconnaître. Pourtant, le lien n?est pas rompu, la correspondance se poursuit pendant encore plus de quarante ans comme si de rien n?était, sans être altérée par une quelconque froideur ou distance. Alors que tout devrait les opposer, les pousser à s?affronter, les deux hommes nous laissent ainsi entrevoir ce qui préside au mystère de l?amitié.
Résumé : Une méditation de Marcel Jouhandeau sur son oeuvre et sur son art, du professeur sur ses élèves, et de M. Godeau sur ce qui le sépare et le rapproche de Dieu. Livre inépuisable et qui, à chaque lecture, révèle des richesses nouvelles.
Elise regarde M. Godeau si sérieusement qu'il entre dans une sorte d'angoisse : - Qu'éprouves-tu donc, lui demande-t-il, pour me regarder ainsi ? Est-ce de l'amour, de la haine, de l'indifférence, de l'admiration, du mépris, de l'effroi ? Elise répond : - Tout. Elise s'approche de M. Godeau et semble humer, les yeux fermés, un parfum qu'elle trouve à son visage. - Que respires-tu ainsi ? lui demande M. Godeau. Elise répond : - L'Eternité".
Dans ce quatrième volume de son Mémorial, Marcel Jouhandeau évoque particulièrement les garçons bouchers et les apprentis qui travaillaient dans la boutique et sous les ordres de son père. C'est un défilé plein de cocasserie et de tendresse que celui que composent les portraits de ces garçons pleins de sang, de dévouement et, parfois, de passion. Charles, le Grand Pompée, Athanase, Gaston, Titi, Antoine, autant de noms - autant d'êtres humains - qui sont entrés dans la littérature.
L'amour n'empêche pas la clairvoyance ; la tendresse n'exclut pas l'ironie, ni la rancune l'équité. Qu'il s'agisse de sa mère, de son père, de sa soeur Jeanne, de l'aïeul maçon, de l'oncle Jean, de tante Catie ou dcousin Paul, Marcel Jouhandeau ne fait aucune concession ; il dit ce qu'il sait, il peint ce qu'il a vu sans aucun complaisance. Sans aucune sécheresse non plus, car ces "portraits de famille" vivent par mille traits dont on dit : "0n ne voit ça que dans la vie ; dans un livre on n'y croirai pas". Aucun des personnages de ce livre n'a été indifférent au photographe. Il les a tous aimés, plus ou moins, d'une façon ou d'une autre. Les uns l'ont fait souffrir, il a fait souffrir les autres. Toutes ces pages sont écrites simplement, avec sensibilité : la sensibilité et l'objectivité de la plaque "sensible" , en l'occurrence la rétine de l'oeil de Jouhandeau.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Ces "essais sur le roman" constituent la première manifestation théorique de l'école du "nouveau roman". Nathalie Sarraute y expose ses propres conceptions qui ont exercé une influence profonde sur les jeunes auteurs. De Dostoïevski à Kafka, de Joyce à Proust et Virginia Woolf, Nathalie Sarraute scrute l'oeuvre des grands précurseurs du roman moderne et examine leur contribution à la révolution romanesque de nos jours.
Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut ainsi dire. C'est à sa conquête que je vais, certain de n'y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supputer un peu les joies d'une telle possession." Des projets et des promesses du premier Manifeste du surréalisme (1924) aux prises de position, politiques et polémiques, affirmées dans le Second Manifeste du surréalisme (1930), se dessine ici une théorie de l'expérience esthétique qui a bouleversé tous les domaines de la création au XXème siècle.
Résumé : "Cette littérature a commencé avec la négritude. Des idéologues de chez eux (les Occidentaux), pour justifier l'esclavage et la colonisation, avaient décrété que le nègre n'avait pas d'histoire parce que son histoire n'était pas écrite. Il s'est trouvé des Africains de chez nous pour le désir d'Afrique, qui se sont armés de la plume. Ils ont démontré que l'Afrique, le premier continent de l'humanité, avait ? écrites ou non écrites ? de multiples traces de son passé multimillénaire. Ils (les idéologues de chez eux) avaient arrêté que nous étions sans culture. On leur a répondu que les Africains de la plus longue histoire de l'humanité avaient la culture la plus riche de l'univers [Mongo-Mboussa] rappelle qu'au début nous savions à peine écrire le français, nous étions un tirailleur sénégalais. Puis ce furent des étudiants, la faim au ventre, qui reprirent le flambeau. Et quand ils quittèrent les universités, devinrent des intellectuels, prirent la relève des étudiants, ce fut pour aller à l'exil. C'est l'exil qu'ils ont continué à écrire. [...] M. Mongo-Mboussa a écrit un livre important sur la littérature africaine, un livre important pour l'Afrique." Ahmadou Kourouma On attend de la littérature africaine qu'elle soit à la fois exotique, porteuse d'une certaine oralité et conforme aux canons classiques du marché européen. Cet essai permet de comprendre un des paradoxes qui pèsent sur les auteurs africains.
Entre le monde cristallin de la féerie et les dérèglements de la science-fiction s'étend un territoire brumeux, crépusculaire, aux reliefs dangereux et aux frontières incertaines, où le voyageur risque fort de se perdre... Fondé sur l'irruption du surnaturel dans la réalité, le fantastique manipule, choque, voire terrifie le lecteur à travers un récit tendu, comme une corde raide, vers une issue aux allures de précipice. Contrairement au merveilleux, où le surnaturel va de soi, et à l'étrange, qui s'explique, le texte fantastique reste une énigme. Pour quelles raisons le lecteur cherche-t-il à tout prix à ressentir le frisson de l'effroi ? Doit-on perdre nos repères pour mieux comprendre la réalité qui nous entoure ? Ou s'agit-il d'explorer les zones les plus secrètes de notre inconscient ? Démon, vampire, spectre... Derrière la peur de l'Autre, n'est-ce pas moi, en fin de compte, que je reconnais ?