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Aimer David
Jouffroy Alain ; Ego Renaud
ATELIER CONT
8,50 €
Épuisé
EAN :9782850350412
Aimer David, ce titre n'est pas pour Alain Jouffroy l'aveu d'une tocade mais l'énoncé d'un programme. Cet essai paru en 1989, pour les 200 ans de la Révolution et parallèlement à la grande rétrospective consacrée à David au Louvre, s'inscrit dans un plus vaste engagement de l'auteur pour, à l'encontre de la proclamation de la mort du sens sous la "? tyrannie esthético-morale du nihilisme ? ", renouer le fil d'une "? nouvelle peinture d'histoire ? " signifiante dont il voit les continuateurs en certains peintres de la figuration narrative et, en David, le grand initiateur. Il s'agit donc de revenir à ce que fut ce dernier avant de devenir dans notre esprit le peintre des images glacées de nos livres d'histoire ? : l'homme d'une révolution politique et esthétique. Cette défense et illustration de David est le fruit d'une subjectivité bien informée qui tour à tour célèbre des aspects méconnus du peintre et affronte sans ciller les reproches historiques qui lui sont adressés, en particulier son engagement passionné aux côtés de Robespierre en tant que député de la Convention et ses concessions à Bonaparte. Chapitre après chapitre, elle se présente sous la forme d'une lutte de points de vue (documents à l'appui en annexes) entre d'une part les adversaires de David, dans les tourments de son temps et par la suite, et d'autre part ses défenseurs ? : Baudelaire, Delacroix, Apollinaire pour les plus éminents - ainsi, bien sûr, que Jouffroy lui-même. De tout cela se dégage l'image d'un peintre impulsif et bouillant, "? double ? " de Sade, présent à son époque comme peu d'autres, peignant sur le champ de bataille de l'histoire à ses risques et périls, et à mille lieues de l'image courante d'un néo-classicisme froid. Alain Jouffroy admet sans ambages le caractère partisan de son entreprise. Mais ce faisant, il agit justement en puissant révélateur de ce que la réputation du peintre dissimule d'idéologie sous couvert de jugement esthétique, toute lecture de la Révolution française ayant par force des implications politiques, même deux siècles après. "? Aragon, oui ? ! Char, oui ? ! Breton, oui ? ! Claudel, non ? ! ? "? : telle est, à l'extrême, la façon dont l'approche de David et de son temps donne matière à l'auteur pour affirmer une vision autre de notre histoire dans ses aspects politiques et artistiques et, du même coup, le recoupement impératif de ces deux champs.
Résumé : "Un manifeste écrit au temps de la pseudo-"fin des manifestes" pour transgresser l'esprit du temps, coïncider avec l'espace réel, celui où la poésie, avant de s'écrire, est un défi du corps à toutes les formes de manipulation de la pensée. Le contact direct avec l'extérieur absolu - le satori comme praxis du regard -, la poésie vécue comme être-au-monde". Alain Jouffroy.
Je ne me souviens pas d'être né, pas même en rêve. J'existe pourtant, je suis là, et j'attends toujoursCe qui peut arriver pour que je naisse, et renaisse. Tout ça prend du temps, des jours, des nuits, plus queMille un et une, plus que cent mille un et une, Mais c'est par un temps de France, toujours trouéD'absences et de très grandes méconnaissances. Ce n'est plus le temps de Hugo, ni des Egaux, Mais le temps de l'ego, que j'ai dû contourner". (Extrait de Ma vie.)
A l'appel d'une voix chère, une femme se réveille dans une chambre d'hôpital. Elle se met en chemin. Dehors, le monde sort d'un cataclysme ; la vie reprend ses droits, parcimonieuse, précaire. Guidée par son intuition et le désir de retrouver une présence qu'elle n'a peut-être que rêvée, cette femme amnésique gagne la campagne, fait de brèves rencontres, s'endort dans une forêt. Son voyage, de station en station, prend une allure initiatique. Le mystère qui traverse le premier roman de Livane Pinet n'est pas de ceux qui se résolvent au bout d'un récit à suspense ou qui s'éclairent d'une lecture par clefs. Ce mystère, poétique, est celui d'un face-à-face avec une présence qu'on ne sait déchiffrer et dans laquelle on devine cependant comme une traduction de l'essence même des choses. L'innocence de son héroïne ouverte à tous les signes, livrée à toutes les atteintes d'un monde au bord de la catastrophe, et s'avançant pourtant sans crainte à sa rencontre, ressemble à une page blanche sur laquelle s'inscrit la difficile leçon d'un univers dont se révèle surtout l'opacité.
Et pour moi-même, quand donc m'est venu ce désir de plonger dans le visible ? Tard, il me semble. Comme si des écailles m'avaient longuement pesé sur les yeux. Enfant, ce sont d'abord les mots qui m'occupent, un écran de mots. Trop d'imaginaire, pas assez de vision, l'un toujours superposé à l'autre, l'oblitérant dans la contemplation des images. Inévitable, nécessaire même, mais pour revenir en arrière, c'est un long chemin... Essai d'un homme de la lettre converti à l'image, Le désir de voir retrace une initiation au regard pictural. Intitulées "Voir dans le noir", "L'instant de voir", "Voir en rêve" et "Manières de voir", les étapes de cet essai discrètement autobiographique donnent lieu à l'exploration de plusieurs modes de vision, découverts au croisement d'expériences personnelles, d'expérimentations artistiques, de lectures et de contemplations. Entamé sous les auspices de Michaux et de ses peintures-idéogrammes, poursuivi dans le compagnonnage des dessins signes ou schèmes d'Alexandre Hollan, élargi au contact — entre autres — des encres de Joan Barbarà, des monotypes de Degas, de l'"outre-noir" de Pierre Soulages et des "protographies" d'Oscar Munoz, ce parcours est désirant et raisonné. Confessant son statut initial d'étranger dans le royaume des images, et soupçonnant ses affinités picturales d'être entachées du signe de l'écrit, Laurent Jenny convertit cette nécessité en haute vertu, dans des analyses dont sont seuls capables un regard consciencieux et une parole consciente des limites de son pouvoir : "Ecoute-voir", dit le langage familier "Regarde-dire" me semble aussi un bon chemin. Essayons... Et son parcours fructueux de devenir ainsi celui de son lecteur.
Résumé : De 1908 à 1943, Käthe Kollwitz commente dans son journal la vie de son entourage, le progrès de ses travaux et les vicissitudes, lointaines ou infiniment proches, d'une Europe qui s'enfonce rapidement dans le cataclysme. Autant de lignes croisées, chez cette artiste à qui la guerre enleva un fils, et qui ne cessa jamais de croire aux vertus politiques de l'art. Ce Journal est non seulement le portrait d'une artiste, un recueil de réflexions sur sa création, un témoignage formidable de ce que peut être en art l'engagement, mais aussi un tableau terrible et dramatique de l'histoire de l'Allemagne du début de la première à la fin de la seconde guerre mondiale.