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L'usage des ruines / Portraits obsidionaux
Jouannais Jean-Yves
GALLIMARD
14,90 €
Épuisé
EAN :9782070138586
L?usage des ruines raconte l?histoire des guerres, une histoire du monde sous la forme d?un seul et même d?un panorama de villes effondrées, entre la Mésopotamie d?avant l?écriture et le Ground Zero d?après le 11 septembre 2001. Sur les décombres des faits réels et des savoirs encyclopédiques, tout en s?autorisant le recours à la fiction et à la digression poétique, Jean-Yves Jouannais reconstruit des micro récits de villes assiégées puis mises à sac, pour trouver, dans le chaos guerrier, des traits de ressemblance et d?infinies variations. En un geste borgésien, il retisse patiemment les liens entre des événements historiques, des ?uvres disparates, des théories esthétiques, pour retrouver au coeur de ce tas de gravats un ordre et un sens: l?universalité des formes de la guerre et de l?assaut, plutôt que leur actualité, la fatalité des processus de destruction au coeur de l?homme et de la nature, et leur conjuration, sur le mode mineur, par l?art, la littérature et la mémoire des oeuvres.Dans cette vingtaine de portraits, les « héros » réels ou fictifs du livre de Jean-Yves Jouannais, qui en constituent les entrées obliques, sont de glorieux généraux ou des soldats inconnus, faisant le siège de Candie ? qui s?éternisa trente ans ? de Tombouctou ? ville mirage ? ou de Luoyping ? ville auto démontée par ses habitants. Ils sont mobilisés lors de l?assaut de Carthage ou des bombardements de Hambourg, détournent un fleuve, observent la chute de leur empire? Mais ils sont aussi écrivains, architectes ou spectateurs, tentant avec espoir, de penser l?anéantissement et la violence, de les représenter, de leur donner forme. Jean-Yves Jouannais réinvestit le chaos épique à la lumière de l?analogie, de l?image poétique, de l?anecdote mineure. La guerre ici est palais, crocodile, jeu de quilles. Mais elle vire bientôt au ridicule le plus tragique. Par une forme hybride située entre l?essai et la rêverie, le discours du spécialiste et la narration du conteur, il compose, sur les décombres de notre mémoire de guerre, un inventaire à la fois fantaisiste et raisonné des pires douleurs et traumatismes. Ultime rebondissement de l?épilogue, Jean-Yves Jouannais révèle par ce traité de « destructologie » sa propre obsession pour les guerres qui font littéralement le siège de son esprit et explique la fièvre obsidionale qui envahit l?écriture de ce livre inclassable.
Résumé : "Cher Marcel Proust, Je me vois obligé de vous faire savoir que vous vous êtes trompé sur mon compte. Vous ne m'avez pas compris. Et votre erreur est double. Je veux dire que vous vous êtes trompé d'erreur. Et je tiens à vous éclairer, parce qu'il commence à se faire dramatiquement tard dans nos vies, sur l'espèce de votre fourvoiement. Qu'appelez-vous ma modestie ? Où en avez-vous déniché les traces ? Je ne suis pas, contrairement à ce que vous avancez, l'auteur d'A la recherche du temps perdu, non pas parce que cette assertion serait erronée dans les faits, mais tout simplement parce que je n'ai pas désiré que cela fût. On peut montrer tout autant d'ambition à ne pas faire qu'à faire. (...)Je vous dis adieu, triste, sans rien retrancher de mon amitié, Félicien Marboeuf"
Résumé : Armand Silvestre (1837-1901), éminente figure de littérateur fin de siècle, est à lui seul un double mystère. Le premier tient à ce qui a fait de lui le poète le plus populaire de son époque. Mais nous sommes assez accoutumés désormais aux excès de la comédie littéraire pour trouver une vague raison à une telle aberration. Le second mystère, le véritable " cas Silvestre ", est plus opaque. " Il y a un contraste complet, explique en 1933 le Larousse du XXe siècle, entre ses poésies, d'une forme savamment parnassienne, d'une inspiration élégante, et ses historiettes grasses, gauloises et souvent scatologiques. " Après Les Renaissances (1869), La Gloire des souvenirs (1872), La Chanson des heures (1878), Les Ailes d'or (1880), surgissent comme de nulle part Les Farces de mon ami Jacques (1881), Les Malheurs du commandant Laripète (1881), Contes grassouillets (1883), Les Merveilleux Récits de l'amiral Le Kelpudubec (1885), etc. C'est un Armand Silvestre encore jeune qui s'applique à la pose poétique la plus académique, c'est un Armand Silvestre vieillissant, respectable sous-chef de bureau au ministère des Finances, qui s'adonne au moins écrémé des humours. Né à Paris, il finit sa vie à Toulouse, inversant le cours des choses. Poète parisien, il connaît la consécration en province, et c'est dans un square de la ville rose, non dans la capitale, que s'élève sa statue. Armand Silvestre n'est pas un monstre, ni une exception, parmi la multitude de ceux qu'occupe l'écriture. Il est, tout au contraire, le moins atypique des écrivains, l'écrivain par excellence, celui dont le modèle fut façonné voici deux siècles, le vulgo scriptor moderne. Qu'il rêve de Nerval, de Proust, de Baudelaire, ce dernier aura toutes les chances de s'incarner plutôt en Silvestre. Les livres ne sont pas l'art. Ce qui semble bien la vérité la plus difficile à entendre.
Artistes sans oeuvres, essai-météorite qui fit date lors de sa parution en 1997, a notamment marqué l'écrivain Enrique Vila-Matas qui revient sur cette "heureuse rencontre" dans la préface de cette réédition. Catalogue raisonné et déraisonnable des artistes chez qui les oeuvres sont "présentes partout et visibles nulle part", ce large inventaire fait l'éloge a priori paradoxal d'un art qui n'existe qu'en creux, de créateurs qui n'en sont qu'à peine, comme autant d'avatars plus ou moins volontaires du fameux Bartleby. Jean-Yves Jouannais révèle ces trajectoires méconnues, virtuelles, inabouties ou abandonnées, et leur ombre portée dans les marges de la littérature. Et s'autorise même quelque détour par la fiction à propos d'un certain Félicien Marboeuf. Tant et si bien que cet assemblage de non-oeuvres finit par dessiner un panorama érudit et désinvolte qui remet insidieusement en cause toutes nos certitudes esthétiques. Biographie de l'auteur Critique d'art et commissaire d'exposition, Jean-Yves Jouannais a été rédacteur en chef de art press pendant dix ans et co-fondateur de la Revue Perpendiculaire. Il est l'auteur de plusieurs essais dont le très remarqué L'Idiotie (Beaux-Arts Magazine livres, 2003) ainsi que d'un roman, Jésus Hermès Congrès (Verticales, 2001).
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.